Transport aérien en France : premier ralentissement avec les taxes ?

Le transport aérien français a augmenté au 1er trimestre. Mais une décélération se profile, peut-être sous l'effet de la hausse de la taxe de solidarité...
DGAC trafic aérien France
Passagers dans le hall France de l'aéroport de Bâle-Mulhouse (Photo: Luc Citrinot)

En mars, le trafic aérien français affiche une croissance de 2% par rapport à 2024. Une hausse appréciable mais qui, dans les faits, indique un ralentissement. Selon les statistiques de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), la hausse au mois de février s’établissait en effet encore à 5,5% pour l’ensemble du trafic.

Dans le détail, on s’aperçoit que la fréquentation sur les lignes domestiques chute de nouveau. Ces lignes, qui avaient progressé de 0,9% en cumul en janvier et février, enregistrent à la fin mars une baisse de 0,6%. Certes, ce chiffre peut aussi s’expliquer par des vacances de Pâques plus tardives cette année. Mais il traduit probablement aussi la forte augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) en vigueur depuis le 1er mars 2025. Celle-ci pénalise d’autant plus le transport domestique puisqu’elle affecte les aller comme les retours.

Néanmoins, selon les chiffres de la DGAC, tous les segments de marché – à l’exception du Japon et de l’Allemagne – font état d’un ralentissement des flux de passagers. Les marchés les plus touchés par ce ralentissement sont le Royaume-Uni, où la croissance du trafic en cumul au premier trimestre a été de 2% contre +5,9% en janvier/février. La croissance a également chuté de 3,4 points entre la France et le Brésil entre février et mars, de 3 points avec les Etats-Unis et de 2,1 points avec les Emirats Arabes Unis.

En revanche, le nombre total de passagers au premier trimestre vers l’Allemagne a atteint +0,8%, une hausse de 0,1 point par rapport au cumul janvier/février. Le trafic passagers avec le Japon est toujours en baisse à la fin du premier trimestre, à -6,5%. C’est néanmoins une augmentation par rapport à janvier-février qui affichait un recul de 8,9%.

Lyon et Toulouse à contre-courant de l’évolution du trafic aéroportuaire

Côté aéroports français, les taux de progression pour le trafic passagers s’affichent à la baisse en mars comparés à février. Orly par exemple est passé d’une hausse de 4,9% en février à une baisse de 2,3% en mars. CDG, qui affichait une croissance de 4,7% en février, est descendu à une croissance de 2% en mars.

Une évolution que reproduit également l’aéroport de Nice, passé d’une hausse de 5,2% en février à une baisse de 2,2% en mars. Cette baisse touche également les aéroports ayant la croissance la plus dynamique en France. Ainsi, d’un mois sur l’autre, la hausse du trafic à Beauvais est passée de 14% à 3,9% et à Nantes de 16,8% à 4,9%. En revanche, Lyon a fait mieux en mars qu’en février avec une croissance respective du nombre de passagers de 6,9% contre 1,2%. Tandis que Toulouse a connu une timide hausse de son trafic en mars à +0,7%. Contre une baisse de 1,4% en février…

Il faudra cependant attendre les chiffres d’avril et mai pour voir se dessiner des tendances lourdes dans l’évolution du trafic aérien français. Et fournir des arguments économiques de poids au secteur de l’aviation face à un gouvernement qui lui est plutôt hostile.

trafic passagers
Evolution au premier trimestre du trafic passagers en cumul (Source : TendanCiel-DGAC)