Transport aérien : un optimisme prudent

Secteur le plus touché par la pandémie, le transport aérien relève doucement la tête. Reste encore de nombreuses incertitudes quant à la vigueur de la reprise.
Terminal 2 de l'aéroport Paris CDG.
Terminal 2 de l'aéroport Paris CDG.

On est certes encore loin de retrouver le niveau de trafic de l’avant-pandémie, les experts s’accordant à ce qu’il faille attendre 2024 pour retrouver des performances similaires à 2019. Mais, depuis l’été 2021, on sent un frémissement du trafic, qui semble pour l’instant se confirmer de mois en mois. Cet été, l’Europe comme la France ont retrouvé un niveau de trafic passagers de 50% inférieur à celui de 2019, alors qu’en mars, le trafic ne représentait qu’à peine plus de 10% de son niveau d’avant-pandémie. On pourrait même atteindre 60% du niveau de 2019 sur les derniers mois de l’année.

Un optimisme – prudent – est de mise. Un optimisme désormais étayé par la réouverture programmée des frontières hors d’Europe. Novembre verra en effet l’ouverture aux voyageurs étrangers des Etats-Unis, de l’Inde, de la Thaïlande, de l’ile Maurice ou encore du Chili. Ils rejoignent ainsi le Canada, le Pérou, le Brésil, le Mexique, l’Ukraine, l’Egypte, l’Afrique du Sud ou encore l’Ethiopie. Les compagnies aériennes font ainsi état de bons taux de réservation sur le long-courrier.

Pourtant, malgré ces ouvertures, les experts évoquent bien l’horizon 2023 – au minimum – pour un retour aux chiffres de 2019. C’est qu’il subsiste toujours de nombreuses inconnues, comme par exemple la résurgence de la pandémie. Ou encore l’absence d’importants marchés aériens comme la Chine, le Japon, le Vietnam ou l’Australie, dont l’entrée sur leur territoire respectif reste sinon restreint, parfois impossible. « L’Asie reste durablement fermée et en Afrique subsistent d’importantes restrictions« , décrit Anne Rigail, directrice générale d’Air France. S’y ajoute l’inconnue d’une reprise des voyages d’affaires internationaux, plus lente que prévue.

Tous ces facteurs indiquent que, si la reprise est là, elle a encore besoin de se renforcer. Une croissance du transport aérien reste encore un objectif à long terme. « Car on n’est pas à l’abri d’un retour de la pandémie comme on le voit dans certains pays comme le Royaume-Uni, la Bulgarie ou la Roumanie. Nous avons donc une très faible visibilité après Noël. Or l’exercice de prévisions reste indispensable à nos modèles économiques« , analyse Alain Battisti, président de la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM).