Trenitalia à l’assaut de la SNCF sur Paris-Marseille

La compagnie ferroviaire italienne Trenitalia a débuté dimanche sa liaison entre les deux villes à raison de 4 allers-retours par jour.
Après Lyon depuis 2021, Trenitalia poursuit son expansion en France avec une liaison à grande vitesse entre Paris et Marseille.
Après Lyon depuis 2021, Trenitalia poursuit son expansion en France avec une liaison à grande vitesse entre Paris et Marseille.

C’est une nouvelle étape dans la bataille qui oppose désormais Trenitalia à la SNCF sur ses axes les plus rentables. Après le Paris-Lyon initié fin 2021, la compagnie italienne a débuté dimanche ses dessertes à grande vitesse en 3h30 entre les gares de Paris-Lyon et Marseille-Saint-Charles. L’inauguration en a été faite en grande pompe avec la présence d’élus locaux et d’Edoardo Rixi, le vice-ministre italien des infrastructures et des transports. Trenitalia attaque ce marché avec des prix attractifs pour remplir ses Frecciarossa (« Flèche rouge »), à partir de 27€ le trajet simple, mais aussi quatre allers-retours quotidiens et des arrêts dans les gares de Lyon Saint-Exupéry, Avignon TGV et Aix-en-Provence TGV.

Ainsi, Trenitalia dessert largement la capitale des Gaules avec Lyon Part-Dieu, Lyon Perrache et désormais son aéroport international. Un atout pour la clientèle affaires. Trenitalia opérera sur Paris-Marseille des rames doubles sur certains départs, si le remplissage est au rendez-vous, mais aussi pour booster ce dernier par une politique de volume reposant sur des tarifs inférieurs à ceux de la SNCF. Trenitalia promet en outre des billets échangeables à volonté avec seulement un réajustement tarifaire possible. Enfin, l’annulation est possible jusqu’au départ du train avec une retenue de 20% du prix du billet.

Trenitalia quasi seul en scène face à la SNCF

« Nous espérons remplir nos trains à hauteur de 60% la première année sur Paris-Marseille, ce qui représente un million de passagers supplémentaires », précise Fabrice Toledano, le directeur commercial et marketing France de Trenitalia qui a déjà augmenté de 40% son trafic sur Paris-Lyon en 2024. Cinq ans après l’ouverture de la concurrence ferroviaire, Trenitalia demeure le principal challenger de la SNCF en France, la Renfe peinant toujours à programmer des départs de Paris vers l’Espagne.

Bénéficiant de reins solides et des rames nécessaires à son expansion internationales, Trenitalia et la SNCF s’affrontent également sur la ligne Paris-Milan, rouverte ce printemps. En attendant un possible Marseille-Milan, voire un Paris-Londres en 2029-2030, axe sur lequel Trenitalia viendrait tailler des croupières à Eurostar dont la SNCF possède 55% du capital. L’opérateur national italien, qui est déjà présent en Grande-Bretagne, prévoit de consacrer un milliard d’euros à ce projet transmanche dans lequel le groupe Evolyn pourrait être associé. Très offensive à l’international, la maison mère italienne Ferrovie dello Stato Italiane (FS) qui est déjà présente en Espagne ambitionne aussi d’ouvrir une liaison Milan-Munich en 2026 via l’Autriche.

Marseille au cœur de la nouveauté ferroviaire

Il est à noter la place particulière de Marseille dans cette ouverture à la concurrence à l’approche de l’été 2025. En effet, en marge de cette nouvelle ligne, Transdev débutera le 29 juin prochain son service TER sur la desserte Marseille-Toulon-Nice dont l’exploitation a été ravie à la SNCF avec la promesse d’améliorer l’offre quotidienne et la qualité du service. Enfin, Trenitalia à nouveau opèrera un train de nuit entre la cité phocéenne et Rome du 4 juillet au 31 août via l’une de ses filiale, FS Treni Turistica Italiani Trenitalia. Opérée les week-ends sur un positionnement touristique, cette liaison desservira les villes de la côte méditerranéenne comme Gènes, Savone, San Remo, Vintimille, Nice, Cannes, Saint-Raphaël, Toulon