Un vaccin pour relancer les voyages au temps du covid

L'annonce par le laboratoire américain Pfizer et le laboratoire allemand BionTech d'un vaccin efficace à 90% contre le covid-19 devrait permettre à l'industrie des voyages de percevoir la reprise d'une activité plus normale d'ici quelques mois.

(Photo: LC)

La nouvelle aura été comme un coin de ciel bleu dans la tempête. Hier matin, les laboratoires Pfizer et BionTech ont dévoilé que le vaccin anti-covid sur lesquels ils travaillent depuis mars a abouti à des résultats plus qu’encourageants.

L’étude clinique a débuté à la fin juillet sur 43 580 participants de tous âges, genres et ethnies. Selon un communiqué du laboratoire américain, la répartition des cas entre les personnes vaccinées et celles qui ont reçu un placebo indique un taux d’efficacité du vaccin supérieur à 90 %. Un résultat qui apparaît sept jours après l’injection d’une deuxième dose.

Pfizer et BioNTech se sont mis en capacité de produire le vaccin avant la fin des essais cliniques et avant l’obtention des autorisations réglementaires. L’objectif annoncé est de fournir jusqu’à 100 millions de doses dans le monde d’ici fin 2020, et environ 1,3 milliard de doses d’ici fin 2021.

Les deux laboratoires ont déjà démarré des démarches pour l’approbation de ce vaccin en Europe et aux Etats-Unis.

Dès lundi, toutes les valeurs boursières liées de près ou de loin à l’industrie du voyage et des transports ont bondi. Aussi bien les compagnies aériennes que les cartes de crédit, les parcs d’attractions ou les chaînes hôtelières.

Fin du cauchemar covid au printemps 2021 ?

Il est vrai que si les résultats positifs de ce vaccin sont confirmés, sa diffusion pourrait débuter avant la fin du premier trimestre. Ce qui offrirait pour la première fois en huit mois de crise sanitaire une vraie perspective de sortie.

IATA parlait récemment de la nécessité de rebâtir la confiance des passagers et d’abolir des mesures contraignantes aux voyages. En premier plan les obligations de quarantaine et bien entendu les fermetures de frontières. Le vaccin pourrait permettre une sortie progressive de ce régime.

Le secteur du MICE est particulièrement concerné par l’application d’un vaccin. Le site EventMB, qui traque les informations et organise des séminaires pour les opérateurs événementiels a mené l’enquête. Selon ses recherches, 40 % des planificateurs classent un vaccin comme le facteur numéro un (sur un total de huit) ayant un impact positif sur la reprise du secteur.

Il existe pourtant des inconnus. En premier lieu, le rythme de production. On sait que la capacité globale annuelle de production d’un vaccin est de 4 à 5 milliards de doses pour une population de 7,8 milliards… Si tous les laboratoires dans le monde commencent à travailler sur la production de ce vaccin, apparaîtront également des problèmes de transport. Les capacités de fret aérien ont en effet été mises à mal par la pandémie avec la suspension de milliers de vols.

De plus le vaccin demande des conditions de conservation extrêmes à des températures entre -20° et -60°. Seuls quelques opérateurs aériens à l’instar de Fedex ou Lufthansa possèdent de telles ressources.

Rebâtir la confiance

Enfin, et c’est un élément essentiel, il faudra restaurer la confiance des politiques et des voyageurs. Les milieux politiques afin qu’ils lèvent les mesures drastiques de fermeture de leurs frontières; le grand public pour les inciter à voyager de nouveau.

Les comportements psychologiques risquent en effet de varier selon le milieu social, la tranche d’âge ou encore la nationalité. On sait par exemple les populations asiatiques très frileuses dans leur décision de voyage dès qu’un élément troublant apparaît.

Une étude d’Inmarsat constate par exemple que les femmes ou les passagers plus âgés font preuve d’une prudence plus grande que chez d’autres. Le vaccin devrait cependant les rassurer.