
Les vols entre Paris et Kinshasa ont été interrompus par Air France du 28 au 30 janvier. La compagnie a repris ses opérations ce vendredi*. La décision de la compagnie faisait suite à la brutale dégradation de la situation en République Démocratique du Congo. Et tout particulièrement à l’attaque du 28 janvier contre plusieurs ambassades de pays occidentaux, dont la France mais aussi la Belgique et les Etats-Unis. En cause : l’inaction des pays occidentaux face à la situation dans l’Est du pays, avec la prise de Goma – et de l’aéroport du chef-lieu de la province du Nord-Kivu – par les rebelles du M23. Les ambassades du Rwanda et du Kenya ont également été attaquées lors de cette manifestation.
Un porte-parole d’Air France indique : « En raison de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo, Air France confirme qu’elle n’assurera pas la desserte de Kinshasa le mercredi 29 janvier et le jeudi 30 janvier 2025. Le programme de vols des jours suivants sera adapté en fonction de l’évolution de la situation. La compagnie suit en permanence l’évolution de la situation géopolitique des territoires desservis et survolés par ses appareils afin d’assurer le plus haut niveau de sureté et de sécurité des vols. Air France rappelle que la sécurité de ses clients et de ses équipages est son impératif absolu. »

Le Ministère des Affaires Etrangères (MAE) avait déclaré mardi : « La France condamne avec la plus grande fermeté l’attaque de son ambassade, comme d’autres emprises diplomatiques, ce jour, à Kinshasa, par des manifestants. Elle appelle instamment les autorités congolaises à assurer l’intégrité et la sécurité de toutes les emprises diplomatiques présentes sur son territoire, comme il est de leur responsabilité conformément à leurs obligations en droit international. La France met tout en place pour assurer la sécurité de ses personnels et de ses ressortissants en République démocratique du Congo ». Le site du Ministère recommande aux ressortissants français « de se tenir à l’écart de tout rassemblement et de faire preuve de la plus grande prudence dans ses déplacements ».
Brussels Airlines de retour à Kinshasa vendredi
En Belgique, Brussels Airlines – qui a annulé ses vols des 28 et 29 janvier, prévoit déjà son retour. Un porte-parole de la compagnie indique : « Après une analyse approfondie, nous avons décidé de reprendre les vols à destination et en provenance de Kinshasa à partir du 31 janvier, avec quelques mesures de sécurité supplémentaires. Nos équipages ne passeront pas la nuit à Kinshasa en ce moment. Le vol retour de Kinshasa à Bruxelles fera donc une escale technique à Yaoundé (Cameroun). Nous nous excusons auprès des passagers pour ce désagrément. Le vol du 30 janvier sera retardé de 24 heures. (…) Nous continuerons à suivre la situation de près et à agir rapidement si nécessaire. Les passagers qui ne souhaitent pas voyager dans les prochains jours peuvent se faire rembourser leurs billets ».
Brussels Airlines rappelle être « un partenaire fiable pour ses passagers à destination et en provenance de Kinshasa, et pour la population de la République démocratique du Congo. Nous sommes connus pour et nous sommes fiers de continuer à opérer, même dans des conditions difficiles. Car c’est justement dans ces circonstances que la connectivité est importante. Toutefois, la sécurité est toujours la priorité absolue ».
Le site du Ministère des Affaires Etrangères de Belgique note pour sa part : « En raison de la situation volatile et dangereuse, les voyages vers la République démocratique du Congo sont déconseillés ». Les autorités belges précisent : « Ce 28 janvier, une violente manifestation a eu lieu à Kinshasa contre, entre autres, l’ambassade de Belgique. D’autres manifestations ont été annoncées pour les prochains jours. Des manifestations et des protestations sont possibles dans l’ensemble du pays. Celles-ci peuvent rapidement dégénérer en violence et il est conseillé de s’en tenir à distance. Bien qu’elle ne soit généralement pas visée lors de troubles politiques, la communauté expatriée est susceptible d’être touchée par ses répercussions. Elle peut aussi faire l’objet de menaces et de vols avec violence en raison de son statut économique. Les enlèvements sont récurrents dans certaines zones du pays ».
* Article réactualisé le 31 janvier

















