
Si le SNCF propose à bord de ses TGV Inoui une offre wifi accompagnée d’un portail donnant accès à des services et des contenus (presse, films, jeux, podcasts…), la qualité de celle-ci est souvent critiquée en raison d’un débit insuffisant, de coupures, de zones blanches… « Le wifi, ça ne marche pas !» est ainsi une phrase qui revient fréquemment à bord des rames. Même si la situation s’est nettement améliorée depuis son déploiement il y a une dizaine d’années, le transporteur ayant investi des dizaines millions d’euros sur ce poste technologique.
Le wifi à bord, un exploit technologique
La compagnie ferroviaire a ainsi décidé de remédier à ces dysfonctionnements. Les rames TGV sont actuellement équipées d’antennes sur les toits et de fibre optique captant les réseaux 4G/5G des opérateurs télécom depuis des bornes disposées à proximité des différentes lignes ferroviaires et espacées d’environ 3km. La complexité pour les modems et cartes Sim de la rame réside dans le fait que cette dernière file à 100 mètres/seconde, changeant ainsi de pylônes toutes les 30 secondes. Outre la vitesse, la SNCF est contrainte par la couverture du territoire par les opérateurs et par le nombre de fréquences qu’ils mettent à sa disposition. La mauvaise qualité du débit est enfin corrélée au nombre d’utilisateurs à bord, une rame pouvant embarquer jusqu’à un millier de passager dont 400 environ seront connectés.

Un recours aux satellites pour renforcer l’accès à Internet
Pour s’en affranchir, la SNCF nous a précisé « s’engager dans une démarche innovante avec des solutions satellitaires à orbite basse pour renforcer la connectivité et la résilience de ses infrastructures numériques, en combinant les réseaux terrestres de fibre optique ». Grâce à l’utilisation de satellites, l’amélioration de la qualité de l’accès à Internet ne concernerait pas que les TGV, mais également les trains Intercités et TER. Avec l’avantage de supprimer les zones blanches existantes dans certains territoires et d’apporter une utilisation du Wifi stable et rapide pour les utilisateurs. La SNCF estime que cette combinaison satellite + réseau 4G/5G à terre sera apte à répondre aux attentes de la clientèle et aux nouveaux usages comme la visioconférence pour les voyageurs d’affaires ou le streaming de films et séries pour les passagers souhaitant se détendre durant leur trajet.
Une technique satellitaire qui profitera aussi au groupe SNCF
La SNCF précise que ce recours à un opérateur de satellites permettra en outre de réaliser « d’importantes économies en évitant des investissements lourds en génie civil là où la fibre n’est pas accessible ». Le système viendra également en aide aux équipes opérationnelles de la SNCF en activité sur l’ensemble de son réseau, et plus particulièrement sur les sites isolés et les chantiers mobiles « grâce à une redondance complète des réseaux ». Un appel d’offre sera « prochainement » lancé, précise la compagnie, afin de mener des tests grandeur nature. La compétition devrait se jouer entre le français Eutelsat-OneWeb et l’américain Starlink de Space X, appartenant au bouillonnant Elon Musk. La compagnie aérienne Air France a, elle, déjà choisi en optant pour Starlink pour sa nouvelle offre de wifi gratuit à bord de ses appareils, décision qui soulève déjà de nombreuses critiques en matière de sécurité et de souveraineté technologique.




















