Worldwide by easyJet, une menace pour Air France à Orly ?

Le lancement de Worldwide by easyJet à Paris-Orly a été officialisé vendredi par la compagnie. Ce service serait-il en mesure de sérieusement concurrencer le hub d’Air France ? A court terme, c’est peu probable…

Orly
easyJet a confirmé le lancement du service Self Connect à Paris Olry dans le cadre de son programme Worldwide by easyJet

Le service de correspondance Worldwide by easyJet existe depuis 2018 sur une demi-douzaine de bases de la compagnie, notamment Amsterdam, Berlin Tegel, Edimbourg, Londres-Gatwick, ou Milan-Malpensa. Comme l’annonçait La Tribune quelques jours plus tôt, la compagnie va bien lancer à Orly un service de « self connect », dont la principale nouveauté repose sur l’acheminement du bagage que proposeront easyJet et ses partenaires à Orly, grâce à un accord avec la société d’assistance en escale G3S Alyzia. Cette dernière procédera au transfert direct du bagage immédiatement après que le passager l’ait récupéré sur les carrousels de livraison. Les passagers s’enregistreront en suite sur leur second vol auprès d’un comptoir spécial « Easyjet Priority Plus ». Si le passager devra continuer à assurer en partie son transfert, le nouveau service lui permet de réduire son parcours en aérogare et les diverses manipulations de son bagage. Le service est facturé une vingtaine d’euros supplémentaires.

Jusqu’à présent, Worldwide by easyJet permet simplement d’acheter des trajets en correspondance avec un temps minimum de connexion de deux heures à Orly, afin de couvrir les éventuels retards. Grâce à un accord avec le consolidateur Dohop, easyJet offre une couverture de protection contre des retards ou des annulations de vol. Dohop se charge de trouver un nouvel acheminement et prend éventuellement en charge les frais annexes, repas ou hébergement.

Le partenariat avec G3S Alyzia va donc rendre la formule Worldwide by easyJet encore plus attractive. A Orly, la compagnie travaille déjà en partenariat avec Corsair et La Compagnie, mettant en correspondance les réseaux long-courrier des deux transporteurs sur les Etats-Unis et les Caraïbes. Mais pour le reste ? Le réseau d’easyJet à Orly est aujourd’hui relativement limité, avec une vingtaine de destinations référencées en vol direct sur son site de réservation, et la moitié sur les mois d’hiver, avec des vols quotidiens vers Berlin Tegel, Genève, Milan-Linate, Naples, Nice, Pise, Rome Fiumicino, Toulouse et Venise. L’aéroport de Faro est également desservi par deux fréquences hebdomadaires.

Le potentiel de passagers en correspondance reste donc relativement faible, hormis pour d’éventuels flux de voyageurs de Berlin, Genève, Milan, Nice, Rome, Toulouse et Venise souhaitant se rendre aux Etats-Unis ou aux Antilles. Même si d’autres compagnies rejoignent le service Worldwide by easyJet à Orly, l’attractivité de la plate-forme de correspondance reste faible, faute de proposer un programme assez dense sur le second aéroport parisien.

Côté Orly, Air France n’a donc pas grand-chose à craindre d’autant qu’elle peut aussi monter en puissance en offrant un système de correspondances entre les vols de Transavia et ceux sur les DOM à Orly. En revanche, si easyJet s’attaquait au hub de Paris CDG – une idée à l’étude, d’après La Tribune – le transporteur national français pourrait se sentir menacé directement. Le réseau hiver du transporteur low-cost comporte près d’une trentaine de destinations, et les accords conclus avec Cathay Pacific, Etihad, Norwegian ou Singapore Airlines pourraient effectivement déstabiliser Air France-KLM…