Le trafic aérien bat de l’aile en Allemagne

Les chiffres concernant l’évolution du trafic passagers sur les aéroports allemands montrent un fort ralentissement de l’activité, avec un recul marqué de la demande au dernier trimestre. La réduction de l’offre sur l’Europe y est pour beaucoup selon Markus Engemann, en charge de la politique de transports pour l’association ADV.

Aéroport de Munich
Le trafic sur les aéroports allemands est relativement décevant pour 2019, d'après les chiffres publiés le 13 février par l'ADV

Un trafic passagers en stagnation voire même en forte baisse pour les aéroports allemands au quatrième trimestre de l’année dernière : l’exercice 2019 se termine bien plus mal qu’il n’avait commencé pour l’aviation allemande selon les chiffres publiés jeudi par l’ADV, l’association des aéroports commerciaux allemands. De janvier à décembre 2019, les 22 aéroports allemands que compte l’ADV ont accueilli 248,1 millions de passagers, un chiffre en hausse de seulement 1,5%.

Si l’on détaille les données, le trafic européen a progressé l’an dernier de 2,3%, le trafic intercontinental de 2,7% tandis que le trafic intérieur a baissé de 1,9%. Selon Markus Engemann, en charge de la politique des transports de l’ADV, si le trafic avait fortement progressé au premier semestre avec une hausse du nombre de passagers de 4,2% – une performance due en partie à l’effet amorti de la disparition d’Airberlin à l’hiver 2017 -, en revanche, le trafic passagers a baissé à partir de l’été, perdant 0,7% au second semestre. Mais sur les trois derniers mois de 2019, le déclin du trafic passagers a été en moyenne de 2,33%. En décembre, le trafic intérieur s’est effondré, perdant près de 9% de ses passagers. Entre 2018 et 2019, le trafic intérieur a ainsi perdu 340 000 passagers, pour se solder à 16,87 millions de voyageurs l’an dernier.

Les raisons de ces mauvais résultats tiennent à plusieurs facteurs négatifs selon l’ADV, notamment l’affaiblissement de la conjoncture économique avec la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Europe, le relèvement des taxes sur les vols, l’augmentation des prix du pétrole et la disparition de plusieurs compagnies ou l’interdiction des vols en Boeing 737MAX. Autant d’éléments qui ont conduit à une offre réduite en vols et à une hausse du prix des billets.

Le mouvement de « flight shaming » aurait-il joué un rôle l’an passé ? « C’est possible, indique Markus Engemann, mais nous n’avons pas d’indicateurs permettant de voir s’il y a eu des conséquences quantifiables. Je resterai plutôt prudent sur l’effet ‘flight shaming’ sur nos plates-formes ».

ADV
Part de marché du trafic hors Europe et intercontinental sur les principaux aéroports allemands en 2019 (%)

Si l’on regarde le classement des aéroports allemands, rien ne change dans le peloton de tête. Francfort reste le plus important aéroport du pays, en atteignant 70,55 millions de passagers, soit une hausse de 1,5% par rapport 2018. Munich, second hub du groupe Lufthansa, a continué d’affirmer sa popularité avec un trafic de 47,94 millions de passagers, en progression de 3,6%. Le trafic intercontinental continue d’y progresser fortement, avec 9,6 millions de voyageurs, un chiffre en hausse de près de 8% et qui devrait dépasser la barre des dix millions de passagers annuels en 2020.

Les deux aéroports berlinois de Tegel et Schönefeld arrivent ensemble en troisième position avec 35,64 millions de passagers, en hausse de 2,6%, suivis par Düsseldorf et Hambourg avec respectivement 25,51 et 17,31 millions de passagers, en hausse de 5% et 0,4%. La plus forte progression parmi les grands aéroports a cependant été enregistrée à Stuttgart, en hausse de 7,6%, soit 12,75 millions de passagers. Pour 2020, les aéroports allemands s’attendent de nouveau à une hausse modérée de leur trafic, autour de 2%.