Les trains de nuit en France et en Europe ne sont pas les seuls à susciter un regain d’intérêt. Deux projets de trains de luxe viennent en effet d’être dévoilés coup sur coup. Le premier, en France, émane du Puy du Fou, qui lancera à l’été 2023 le Grand Tour, un voyage ferroviaire de 4000 km à la découverte de l’histoire, de l’art de vivre et des savoir-faire hexagonaux. Pour cela, l’opérateur de la Cinéscénie et du Grand Parc vendéen de loisirs crée sa propre compagnie ferroviaire, qui exploitera un train au décor Belle époque composé de deux voitures-restaurants gastronomiques, d’une voiture bar et de plusieurs wagons abritant un total de 15 cabines doubles de luxe d’une superficie de 10 à 30 m2 (avec salle de bain et WC). Quinze membres d’équipage en costume assureront le service des 30 passagers qui embarqueront chaque semaine depuis Paris pour accomplir ce Grand Tour. Ce périple de 6 jours/5 nuits sera commercialisé à partir de 4 900 euros par voyageur, sachant que celui-ci pourra personnaliser son programme de découverte à chaque escale : Epernay, Reims, Annecy, Avignon, Aix-en-Provence, Arcachon, Chenonceau… Sans oublier le site du Puy du Fou aux Epesses, en Vendée. Le groupe de loisirs espère transporter quelque 600 personnes dès la première année d’exploitation.
Le précédent malheureux de French Rail Cruises en 2002-2004
Un projet de croisières ferroviaire de luxe a déjà vu le jour en France en 2002 avec French Rail Cruises. Cette agence réceptive bordelaise avait réaménagé à grand frais un automoteur pour accueillir 22 passagers devant découvrir les charmes du Bordelais, des châteaux de la Loire, de la Bourgogne ou de la Provence. Le concept était à l’époque quelque peu différent, puisque l’hébergement était assuré dans des Relais & Châteaux et les repas par des adresses gastronomiques. Las, la société fut liquidée dès 2004, la fréquentation n’ayant jamais été au rendez-vous. La faute au 11 septembre 2001 selon ses fondateurs, les attentats de New York ayant à l’époque détourné la riche clientèle américaine et japonaise de notre « douce France ».
L’Orient Express ressuscité en Italie pour vivre La Dolce Vita
International, le second projet porté par Accor et l’italien Arsenale est d’une autre ampleur, fondé sur la renaissance d’Orient Express, marque opportunément sortie de la naphtaline, propriété à 51% du groupe hôtelier (le reste étant détenu par la SNCF). Car ce n’est pas un mais six trains Orient Express La Dolce Vita qui seront exploités par Accor, également à partir de 2023. Avec comme base la gare de Rome Termini où sera créé un lounge Orient Express, ils feront apprécier via 12 itinéraires différents la beauté des régions et villes italiennes : Rome, Florence, Sienne, Venise, Milan, Naples… Entièrement réaménagés, ces trains anciens constitueront, eux, une ode aux années 1960 et 1970 grâce à l’imagination du cabinet d’architecture et de design milanais Dimorestudio. Offrant un service 5 étoiles à bord, ces rames se composeront de 11 voitures pouvant accueillir 62 passagers fort de 12 cabines Deluxe, 18 suites et 1 suite Prestige. Trois parcours internationaux spéciaux seront en outre proposés comme à la grande époque de l’Orient Expresse avec Paris-Rome, Rome-Venise-Split et Rome-Venise-Istanbul. Les tarifs ne sont pas connus à ce jour.
Le groupe immobilier Arsenale, propriétaire des 6 trains, sera également celui des murs du futur hôtel Orient Express qui ouvrira ses portes en 2024 au cœur de Rome dans un somptueux édifices XVIIème. Sa gestion sera évidemment aussi assurée par Accor qui espère disposer de 10 établissements arborant sa nouvelle enseigne de luxe en 2030. Des combinés Orient Express train + hôtel seront commercialisés dès son inauguration sur la Piazza de la Minerva, dans le quartier du Panthéon.
A noter que ce nouvel Orient Express version Accor entrera en concurrence sur une partie de ses trajets entre Paris et Rome avec le Venice Simplon-Orient-Express du groupe Belmond, dont les hôtels de luxe (comme le Cipriani à Venise) et les trains de légende (le VSOE mais aussi le Royal Scotsman en Ecosse) ont été rachetés en 2019 pour 3,2 milliards d’euros par le français LVMH.