
En ouvrant leur boîte mail ce matin, les voyageurs ont pu trouver un message de la SNCF les invitant à « foncer » pour profiter des Connect Days et de ses 150 000 billets TGV Inoui vendus sur SNCF Connect à partir de 29 euros l’aller pour Dunkerque notamment, 35€ vers Rennes et Nancy, et 49€ jusqu’à Marseille. Dans le même temps, Ouigo les informait du gel de ses prix à 10€, 16€ et 19€ pendant deux jours sur toutes ses destinations en janvier. Ces opérations commerciales d’envergure ne doivent pas faire oublier que la SNCF augmente de 5% en moyenne ses tarifs à partir d’aujourd’hui. Une hausse nécessaire selon l’entreprise ferroviaire afin « de faire face à l’envolée de 180% des coûts de l’énergie entre 2022 et 20223, et de 6% de celle de l’inflation« , selon Christophe Fanichet, le Pdg de SNCF Voyageurs, à la manœuvre lors de cette annonce intervenue en novembre dernier.
A la demande du gouvernement, la compagnie ferroviaire annonçait alors la mise en place d’un « bouclier tarifaire » afin d’éviter une hausse qui aurait dû être plus proche de 13% s’il avait fallu tenir pleinement compte de ces deux éléments. « Cet effort représente un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros« , avait-il précisé. Et de souligner également, pour sa défense, que cette hausse des prix des billets de train grandes lignes est la première depuis huit ans. Mais la SNCF a les moyens d’accomplir ce sacrifice, fort d’un bénéfice de 2,2 milliards d’euros en 2022 pour le groupe grâce à la reprise post-Covid dans ses différentes branches d’activités.
Une augmentation des grilles de prix maximum
Ne touchant ni aux prix minimum des TGV Inoui et Ouigo, ni à celui de la carte Avantage (et pour l’instant à ses taux de réduction), c’est donc sur les prix grand public loisirs en 1ère et 2nde classe et, surtout, sur ceux appliqués à la clientèle affaires que la SNCF a choisi de faire supporter cette hausse de 5% « en moyenne« . De fait, l’ensemble des tarifs Business Première, billets Pro 2nde, et de ceux liés aux offres professionnelles (tarif Liberté, Max Actif…) augmentent à partir de ce jour de 5% au minimum.
Car, faisant jouer à plein sa politique de yield management, la hausse pourra en effet être bien supérieure en fonction de la demande sur les différentes dessertes comme sur le très lucratif axe Paris-Lyon, mais aussi de l’heure de voyage dans la journée et de l’anticipation de la réservation. Les tarifs des trains Intercités ne sont pas oubliés et présentent une augmentation comparable à celle des trains à grande vitesse. A noter que le prix de la carte Liberté (qui fait à chaque rentrée l’objet d’une promotion) et les tarifs BtoB négociés avec certaines entreprises restent pour l’instant inchangés.
Conditions d’échange et d’annulation plus rigoureuses le 7 février
Ne laissant passer aucune petite économie, la SNCF a aussi prévu de modifier à partir du 7 février ses conditions d’échange et d’annulation des billets mises en place pendant la crise du Covid. Ainsi, la gratuité de l’échange passera de J-3 à J-6 et le montant de ces frais augmentera de 15€ à 19 €. « Cette mesure permettra de libérer des places que les voyageurs ne veulent plus« , estimait Christophe Fanichet. Elle permet surtout de générer pour le transporteur des gains substantiels, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année.
Faisant là aussi face à des critiques des associations de consommateurs, la SNCF assure toutefois encore appliquer des conditions « souples », avec une gratuité d’échange ou de remboursement jusqu’à une semaine du départ. « Des conditions bien plus avantageuses que chez d’autres transporteurs comme les compagnies aériennes« , avait insisté le Pdg de SNCF Voyageurs pour justifier cette mesure.




















