SNCF : les tarifs affaires augmentent de 5% au minimum

C'est aujourd'hui qu'entre en application le "bouclier tarifaire" de la SNCF qui laisse inchangé les tarifs minimum des TGV Inoui et Ouigo mais augmentent ceux des passagers affaires. Les conditions d'échange et d'annulation deviendront plus restrictives à partir du 7 février.
Annoncée en novembre, l'augmentation des tarifs affaires de 5% minimum devient effective.
Annoncée en novembre, l'augmentation des tarifs affaires de 5% minimum devient effective.

En ouvrant leur boîte mail ce matin, les voyageurs ont pu trouver un message de la SNCF les invitant à « foncer » pour profiter des Connect Days et de ses 150 000 billets TGV Inoui vendus sur SNCF Connect à partir de 29 euros l’aller pour Dunkerque notamment, 35€ vers Rennes et Nancy, et 49€ jusqu’à Marseille. Dans le même temps, Ouigo les informait du gel de ses prix à 10€, 16€ et 19€ pendant deux jours sur toutes ses destinations en janvier. Ces opérations commerciales d’envergure ne doivent pas faire oublier que la SNCF augmente de 5% en moyenne ses tarifs à partir d’aujourd’hui. Une hausse nécessaire selon l’entreprise ferroviaire afin « de faire face à l’envolée de 180% des coûts de l’énergie entre 2022 et 20223, et de 6% de celle de l’inflation« , selon Christophe Fanichet, le Pdg de SNCF Voyageurs, à la manœuvre lors de cette annonce intervenue en novembre dernier.

A la demande du gouvernement, la compagnie ferroviaire annonçait alors la mise en place d’un « bouclier tarifaire » afin d’éviter une hausse qui aurait dû être plus proche de 13% s’il avait fallu tenir pleinement compte de ces deux éléments. « Cet effort représente un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros« , avait-il précisé. Et de souligner également, pour sa défense, que cette hausse des prix des billets de train grandes lignes est la première depuis huit ans. Mais la SNCF a les moyens d’accomplir ce sacrifice, fort d’un bénéfice de 2,2 milliards d’euros en 2022 pour le groupe grâce à la reprise post-Covid dans ses différentes branches d’activités.

Une augmentation des grilles de prix maximum

Ne touchant ni aux prix minimum des TGV Inoui et Ouigo, ni à celui de la carte Avantage (et pour l’instant à ses taux de réduction), c’est donc sur les prix grand public loisirs en 1ère et 2nde classe et, surtout, sur ceux appliqués à la clientèle affaires que la SNCF a choisi de faire supporter cette hausse de 5% « en moyenne« . De fait, l’ensemble des tarifs Business Première, billets Pro 2nde, et de ceux liés aux offres professionnelles (tarif Liberté, Max Actif…) augmentent à partir de ce jour de 5% au minimum.

Car, faisant jouer à plein sa politique de yield management, la hausse pourra en effet être bien supérieure en fonction de la demande sur les différentes dessertes comme sur le très lucratif axe Paris-Lyon, mais aussi de l’heure de voyage dans la journée et de l’anticipation de la réservation. Les tarifs des trains Intercités ne sont pas oubliés et présentent une augmentation comparable à celle des trains à grande vitesse. A noter que le prix de la carte Liberté (qui fait à chaque rentrée l’objet d’une promotion) et les tarifs BtoB négociés avec certaines entreprises restent pour l’instant inchangés.

Conditions d’échange et d’annulation plus rigoureuses le 7 février

Ne laissant passer aucune petite économie, la SNCF a aussi prévu de modifier à partir du 7 février ses conditions d’échange et d’annulation des billets mises en place pendant la crise du Covid. Ainsi, la gratuité de l’échange passera de J-3 à J-6 et le montant de ces frais augmentera de 15€ à 19 €. « Cette mesure permettra de libérer des places que les voyageurs ne veulent plus« , estimait Christophe Fanichet. Elle permet surtout de générer pour le transporteur des gains substantiels, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année.

Faisant là aussi face à des critiques des associations de consommateurs, la SNCF assure toutefois encore appliquer des conditions « souples », avec une gratuité d’échange ou de remboursement jusqu’à une semaine du départ. « Des conditions bien plus avantageuses que chez d’autres transporteurs comme les compagnies aériennes« , avait insisté le Pdg de SNCF Voyageurs pour justifier cette mesure.