Ferroviaire : une ligne Madrid-Lisbonne en 2030

L’Espagne, le Portugal et la Commission européenne se sont enfin mis d’accord pour la création d’une liaison ferroviaire directe en 5 heures entre les deux capitales de la péninsule ibérique.
Le train Madrid-Lisbonne est attendu pour 2030
Le train Madrid-Lisbonne est attendu pour 2030

Longtemps attendu, le projet d’une liaison ferroviaire directe entre Lisbonne et Madrid a fait un grand pas le 30 octobre avec la signature d’un accord associant les gouvernements portugais et espagnol ainsi que la Commission européenne. Cette desserte sera d’abord assurée à l’horizon 2030 en train classique en 5 heures, une durée qui sera ramenée à 3 heures d’ici 2034 grâce à l’utilisation de trains à grande vitesse. Les études réalisées montrent que ce temps de parcours réduit génèrera d’importants trafics tant affaires que loisir. La Commission européenne précise que « le Fonds européen de développement régional investira 265M€ pour améliorer plus de 178 km de liaison ferroviaire sur les 715 km de la [future] ligne à grande vitesse Madrid-Lisbonne, notamment dans la région d’Estrémadure ».

Un projet lancé depuis les années 1990

Le projet d’une ligne à grande vitesse (LGV) entre les deux capitales ibériques est un vieux serpent de mer remontant aux années 1990 avec une mise en service prévue à l’origine en 2016. Les Espagnols ont commencé dès 2007 à construire une partie de la ligne ferroviaire dans le cadre de leur vaste programme de construction d’un réseau national à grande vitesse. A son achèvement, le temps de trajet entre Madrid et Badajoz, la ville espagnole située à la frontière devrait prendre 2h30.

Côté portugais, le gouvernement avait enterré ce projet en 2012 pour des raisons budgétaires alors que le pays traversait une grave crise financière. L’essentiel des travaux à réaliser de cette LGV transfrontalière concerne donc aujourd’hui ce pays avec notamment un pont à construire pour franchir le Tage. Ces travaux de LGV seront l’occasion d’adopter sur cet axe l’écartement européen standard – plus petit de 23,3 cm que l’écartement ibérique – afin de connecter Lisbonne au reste du réseau TGV européen. 

Ce projet est largement financé par l’Europe en raison notamment des gains environnementaux qu’il représente. En effet, les émissions carbone du transport ferroviaire sont bien moindres comparé à l’aérien, le moyen de transport le plus utilisé actuellement entre Madrid et Lisbonne avec une quarantaine de vols quotidiens pour un trajet d’une heure environ. « Ce projet est davantage qu’une simple connexion ferroviaire, il représente une avancée vers l’avenir de la mobilité durable et de la cohésion européenne », a ainsi précisé le ministre portugais des Infrastructures Miguel Pinto Luz lors de cet accord.

10 projets de la Commission pour connecter l’Europe en train

Cette ligne Lisbonne-Madrid fait partie des 10 projets ferroviaires soutenus par la Commission européenne, qui souhaite développer les trafics transfrontaliers via des créations ou des rénovations de voies. Ce programme prévoit ainsi également un soutien financier aux liaisons Londres-Amsterdam (opérées par Eurostar), Budapest-Vienne-Bucarest, Prague-Berlin-Copenhague, Munich-Zurich, Munich-Vienne-Budapest, Munich-Milan-Rome, Hambourg-Göteborg…

Plusieurs liaisons de nuits sont également concernées avec les Paris-Milan-Venise, Stockholm-Copenhague-Berlin et Amsterdam-Barcelone (sans arrêt en France). A noter que la SNCF a décidé à ce jour d’arrêter en décembre son train de nuit Paris-Berlin en raison de la suppression de la subvention de 8M€ provenant de l’Etat que n’a pas voulu compenser la compagnie nationale malgré ses 1,5 milliard d’euros de bénéfice en 2024. Mais son nouveau président, Jean Castex, grand fan des trains nuit en général et du Paris-Aurillac en particulier, pourrait revenir sur cette décision prise par son prédécesseur Jean-Pierre Farandou, désormais ministre du Travail et des Solidarités.