
Moins d’événements, en tout cas hors les murs. Observant chaque année, et pour la 33e fois, l’évolution du marché du MICE en France, Coach Omnium décrit une tendance de fond de l’événementiel d’entreprise. Cette étude, réalisée auprès de réalisée auprès de 310 entreprises par en partenariat avec le Groupe 1001 Salles et IDEAL Meetings & Events, prend le pouls d’un marché globalement en recul depuis la pandémie.
Ainsi, dans un contexte marqué par des tensions autant économiques que politiques, 66 % des entreprises parlent d’une baisse de leurs budgets événementiels en 2025. Tout en anticipant une activité MICE globalement stable en 2026 (à 47%), contre 21% en baisse, mais aussi 17% en hausse.
Car, si les entreprises allouent un budget plus restreint à leurs événements, elles n’en continuent pas moins d’en organiser. Mais de façon différente, sous des formats plus courts et plus ciblés, mais aussi plus festifs. Dans ce cadre, les cocktails, soirées d’entreprise et afterworks intéressent plus de 7 entreprises sur 10, tandis que les opérations incentive et team building connaissent depuis le covid un fort engouement, organisés par 59 % des entreprises l’an dernier, contre 17% seulement en 2019. Avec, parmi les gros organisateurs d’incentive, les secteurs de la banque/assurance et des médias/communication.
Créer des évènements dont « on se souvient », pour marquer les esprits et renforcer la cohésion des équipes : ces formats plus évènementiels semblent désormais ancrés, en réponse à des équipes aux relations distendues par le télétravail. Pour autant, les séminaires et journées d’études restent le format le plus répandu, de tous temps, mais plus encore depuis la pandémie. Alors que les séminaires et journées d’études comptaient pour 74% des manifestations en 2019, ce chiffre a été porté à 85 % l’an dernier.
Dans ce cadre, la durée des événements a d’ailleurs tendance à augmenter. Si les manifestations de plus de 3 jours restent rares, hormis pour des séjours à l’étranger, les réunions de 2 à 3 jours ont tendance à prendre le pas sur les journées d’études. Alors que les manifestions sur un seul jour sont citées par 51% des entreprises, les réunions de deux jours recueillent 57 % des réponses, contre 25% en 2019. Même évolution pour les rencontres sur trois jours, passées de 10% avant la pandémie à 21% l’an dernier.
L’étude de Coach Ominum note deux tendances paradoxales. D’un côté, les entreprises, qui depuis quelque temps se sont dotées d’espaces de réunions, voire de centres d’affaires dans leurs murs, organisent de plus en plus d’événements en interne. Une formule plus économique citée par huit entreprises sur dix. De l’autre, elles ont aussi la volonté de permettre à leurs collaborateurs de « changer de cadre ».
Dès lors, si les hôtels, quatre étoiles en particulier, restent privilégiés par 66 % des entreprises, cette solution des plus classiques continue de baisser d’année en année, étant citée à 71% l’an dernier et 80% en 2011. En parallèle, les châteaux et demeures de caractère, qui n’intéressaient que 20 % des entreprises il y a encore une décennie, ont la cote aujourd’hui (58%), devant les restaurants et bars (43%), les équipements de loisirs ou sportifs (24%), les anciens hangars ou ateliers (19%) et enfin les bateaux et yachts (18%).
En écho, l’originalité du lieu devient un vrai critère de choix, concernant 56% des réponses, contre 34% en 2015, mais qui ne dépasse sans doute jamais le point numéro un, la localisation (89%), devant l’aspect budgétaire (83%) et la capacité du lieu (77%). Rien d’étonnant, donc, à ce que l’Ile-de-France soit plébiscitée dans ce cadre (79%), devant la région PACA (27%). Quant aux manifestations MICE à l’étranger, seules 22% des entreprises disent en avoir organisées l’an dernier, en Europe pour la quasi-totalité.
Faut-il y voir un aspect RSE ? Une chose est sûre, les destinations accessibles en train recueillent de plus en plus de suffrages, 86% en 2025 contre 67% l’année précédente pour des déplacements en France et 46% contre 10% en 2024 pour les destinations en Europe. Plus largement, l’intégration de critères RSE dans le cahier des charges des organisateurs est de plus en plus commun, en parallèle de la préférence aux prestataires qui arborent un label ou une certification, notamment la norme Iso 20121 pour les lieux événementiels et l’Ecolabel Européen ou la Clef verte dans l’hôtellerie.
En parallèle, près de 4 entreprises sur 10 disent avoir réduit leur nombre de manifestations dans un souci écologique, contre 24 % en 2024. Pour autant, l’aspect financier ne se cache-t-il pas derrière la vertu environnementale ? « On peut penser que l’objectif environnemental n’est probablement pas le seul leitmotiv, dans un contexte de restriction des budgets », estime Coach Omnium. Par exemple, seules 8 % des entreprises systématiquement un bilan carbone de leurs événements, Ie plus souvent à partir d’un outil interne de mesure, mais aussi des solutions Climeet, Greenly et Cleo. Mais, comme le souligne Nathalie Leduc, du Groupe 1001 Salles, « l’écoresponsabilité n’est plus un sujet périphérique dans le MICE : elle est désormais intégrée au discours. Le véritable enjeu pour 2026 ne sera plus l’intention, mais la capacité à mesurer, structurer et démontrer l’impact réel des actions engagées ».

















