Air France mise sur le voyageur premium et poursuit son expansion

Rendez-vous traditionnel en septembre, la direction générale d'Air France a présenté son programme d'hiver au salon du tourisme IFTM Top Resa. L'occasion de faire un bilan de la montée en gamme du transporteur et de son effet sur l'offre produits comme destinations par la nouvelle directrice générale Nadia Azalé.
Nadia Azale durant la présentation d'Air France à IFTM (Photo: LC)

À l’approche de la saison hiver, Air France poursuit une stratégie fondée sur le développement de son réseau long-courrier, la montée en gamme de son offre et le renforcement de ses positions sur les grands marchés internationaux. Après l’ouverture de Las Vegas au printemps 2026 et le renforcement de New York, la compagnie continue de miser sur les Etats-Unis ainsi que les destinations long-courriers loisirs.

Air France a cette année ajouté une ligne CDG-Las Vegas, tandis que New York continue de se développer, avec un deuxième service quotidien ajouté à Newark. Air France opère de fait 11 vols quotidiens entre Paris et New York, JFK et Newark. Ce pont aérien va bénéficier en 2027 d’un nouveau salon dans le New Terminal One à JFK d’une capacité pour 400 personnes. Dernière amélioration sur les Etats-Unis, la ligne sur Orlando devient quotidienne. 

Sur le segment loisirs long-courrier, la compagnie indique que les vols sur Punta Cana continueront l’an prochain jusqu’au 1er mai, au lieu de la fin mars. Toujours sur ce segment, Air France opérera également deux vols hebdomadaires vers Malé, Maldives, du 18 décembre au 8 mars, tandis que Phuket sera desservi par trois vols directs hebdomadaires. Enfin, le 1er février 2027, un Airbus A350 desservira CDG-Saint-Martin, équipé des nouvelles cabines premium.

Sur le réseau européen, la compagnie annonce poursuivre sa desserte Paris CDG-Londres Gatwick. 

Aux Antilles, Air France lancera à partir du 11 décembre un service Pointe-à-Pitre–Panama City, avec correspondances facilitées depuis Fort-de-France et Cayenne. 

La montée en gamme du service se poursuit parallèlement avec le déploiement de la nouvelle suite La Première. Après New York, Los Angeles, Singapour et Tokyo-Haneda, la cabine a été étendue à plusieurs autres destinations, notamment Atlanta, Boston, Houston, San Francisco et Abidjan. Air France prévoit que l’ensemble de son réseau La Première soit équipé de la nouvelle cabine d’ici la fin 2026.

Interview de Nadia Azalé, directrice générale France 

Nadia Azalé, directrice générale France d’Air France, est revenue sur l’évolution du marché français, la demande affaires, les performances des cabines premium pour Voyages d’Affaires. 

Le marché français reste relativement solide. Comment évolue plus précisément le voyage d’affaires ?

Nadia Azalé- Le comportement du voyage d’affaires est assez différent de celui du voyage de loisirs. Nous constatons une très bonne performance sur plusieurs segments du business travel. Dans un contexte géopolitique complexe, les cabines Premium se tiennent bien. Le redéploiement de notre offre vers certaines destinations asiatiques a également largement contribué à cette performance. Ce qui génère une recette unitaire qui reste bien valorisée.

Il existe néanmoins des différences importantes entre les entreprises. Certaines grandes entreprises continuent à très bien se développer, tandis que les plus petites font davantage preuve d’attentisme compte tenu du contexte international.

Quelles sont les destinations où la demande affaires reste la plus forte ?

Nadia Azalé- Nous retrouvons principalement les très grandes destinations. New York et Shanghai fonctionnent particulièrement bien, ainsi que Tokyo. En Europe, l’activité reste stable, avec une bonne tenue des prix.

Par pays, la Tanzanie connaît une belle progression et devient une destination intéressante sur le marché loisirs français. Le Portugal fonctionne également très bien, tout comme l’Europe du Nord.

Nous constatons notamment une forte progression sur la Scandinavie, au Danemark et en Suède. Air France dessert, outre les grandes métropoles du nord, plusieurs villes secondaires du Nord, avec une activité qui peut s’avérer très saisonnière, comme la Laponie.

Les États-Unis restent-ils un marché solide malgré le contexte actuel ?

Nadia Azalé- Oui. Même si le marché américain est globalement plus compliqué, nous avons réussi à maintenir nos volumes de passagers. Nous sommes désormais présents dans 19 destinations aux États-Unis, avec à la fois de grandes métropoles et des destinations secondaires comme Phoenix. Las Vegas, par exemple, est devenue notre 19e destination aux États-Unis avec l’ouverture de la liaison directe depuis Paris-Charles de Gaulle en avril 2026.

Les voyageurs d’affaires continuent-ils à privilégier les cabines premium ?

Nadia Azalé- Lorsque nous regardons les résultats, les cabines premium se portent très bien. Même la Première affiche de bonnes performances. Cela est notamment porté par des flux très forts entre l’Europe et l’Asie, ainsi qu’entre l’Europe et la côte ouest des États-Unis.

Pour Air France, c’est encourageant car elle prouve que notre stratégie de montée en gamme est payante. Nous investissons plus d’un milliard d’euros par an dans le renouvellement de la flotte et des cabines. Et nous voyons le retour sur investissements dans la satisfaction et la fidélité des clients.

La Premium Economy connaît ainsi la même dynamique que les cabines Business et La Première ?

Nadia Azalé- La cabine Premium est en forte progression, aussi bien en nombre de passagers qu’en revenus. Elle suit une tendance comparable à celle de la Business et répond à une vraie demande.

Elle n’a pas pour autant cannibalisé la Business. C’est un produit intermédiaire qui répond à un autre besoin, avec davantage de confort que le siège Economy et une expérience spécifique.

Les premiers retours clients sont très positifs. La satisfaction progresse de 24 points par rapport au siège à coque fixe de première génération. 

Le CDG Express doit faciliter l’accès à Paris-Charles de Gaulle. Air France envisage-t-elle un produit spécifique associant ce train et le vol ?

Nadia Azalé- À ce stade, nous n’avons pas de plan spécifique à annoncer avec le CDG Express. Pour autant, l’arrivée du CDG Express sera importante pour l’attractivité de Charles de Gaulle. Il permettra de relier l’aéroport et Paris en environ 20 minutes à partir de mars 2027. et donc d’effacer la différence de temps de trajet qui existe pour CDG, lorsqu’on le compare à Orly. Ce qui redonne de la valeur au hub de Roissy-Charles de Gaulle.

Air France travaille déjà avec la SNCF. L’intermodalité est-elle appelée à se développer davantage ?

Nadia Azalé- Nous travaillons avec la SNCF et nous avons aujourd’hui un produit qui permet de combiner le train et l’avion sur plusieurs dizaines de destinations. Le réseau s’étend progressivement et nous sommes déjà autour de 27 destinations.

C’est un véritable enjeu pour nous, notamment parce que cela permet de proposer une alternative au court-courrier et cela s’inscrit aussi dans notre objectif de décarbonation.

La question des bagages reste toutefois un point sensible dans ces parcours intermodaux.

Nadia Azalé- C’est effectivement un sujet sur lequel nous travaillons. L’objectif est de rendre le parcours aussi simple que possible. Aujourd’hui, certaines ruptures subsistent et le client peut être amené à récupérer son bagage avant de poursuivre son voyage. Nous cherchons à améliorer cette logistique.

En revanche, ce que nous garantissons déjà, c’est la possibilité de reporter le client sur le train ou le vol suivant en cas de correspondance manquée. Cette protection est importante pour encourager les clients à combiner train et avion.

Quelques mots sur le nouveau salon de New York JFK ?

Nadia Azalé- À partir de l’année prochaine, nous transférerons tous nos vols vers le nouveau Terminal One à New York JFK. Nous allons y inaugurer un salon de plus de 2 700 m². Ce sera le plus grand salon Air France à l’international, avec plus de 400 places. Il sera réparti sur deux niveaux et proposera notamment des espaces de restauration, un bar avec une sélection de vins et champagnes français, ainsi que des espaces dédiés aux soins, à la relaxation et au travail.

Nous avons également ouvert récemment de nouveaux salons, notamment à Londres-Heathrow et à Francfort. 

Quelles améliorations sont prévues pour l’Economy ?

Nadia Azalé- Certains investissements et services concernent l’ensemble des cabines, notamment le Wi-Fi, les contenus à bord et les possibilités de divertissement.

Nous continuons également à faire évoluer régulièrement le service en cabines. Nous observons les tendances, les attentes des clients et nous adaptons progressivement notre offre. L’objectif est d’avoir une gamme suffisamment large pour répondre aux différents segments de clientèle, tout en continuant à améliorer l’expérience de bord.