Événementiel d’entreprise : ce que révèle le Baromètre Kactus

L’édition 2026 du Baromètre Meetings & Events de Kactus a été dévoilée mercredi à l'occasion de l'IFTM. Tour d’horizon des principaux enseignements à retenir.
La présentation du baromètre MICE de Kactus a eu lieu le 16 septembre, à l'occasion du salon IFTM
La présentation du baromètre MICE de Kactus a eu lieu le 16 septembre, à l'occasion du salon IFTM

Incontournable dans l’écosystème du voyage d’affaires et bien au-delà, l’IA a logiquement focalisé l’attention des participants et des conférenciers durant les deux premiers jours de l’IFTM Top Résa. Le baromètre Meetings & Events dévoilé aujourd’hui par Kactus n’échappe pas à la règle. Témoin des grandes tendances du marché, en s’appuyant sur les données issues de plus de 3 500 événements organisés chaque mois, le rapport annuel accorde ainsi une place prépondérante à la révolution en cours. Et ce sans pour autant acter la substitution de l’artificiel au présentiel, bien au contraire.

En atteste l’analyse d’Arnaud Katz, CEO de Kactus : « Les entreprises ne renoncent pas à leurs événements, elles deviennent plus exigeantes sur ceux dans lesquels elles investissent. L’IA transforme déjà notre manière de travailler et notre industrie : elle automatise certaines tâches et nous permet de gagner du temps. Mais elle fait aussi ressortir tout ce qu’on ne peut pas automatiser : la relation, l’émotion partagée, le moment qui marque. Plus l’IA progresse dans notre quotidien professionnel, plus ces moments collectifs vont devenir stratégiques ». Ou comme le résument les auteurs du baromètre, « Plus l’IA avance, plus l’humain compte ».

Pour autant, la révolution IA n’a bien sûr pas épargné le secteur du MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Events). Les professionnels ne se privent pas d’y recourir pour automatiser le traitement des devis, améliorer la qualification des briefs, faciliter la recherche de lieux ou encore proposer des recommandations plus pertinentes. D’ailleurs, Kactus a profité de l’été pour devenir le premier acteur MICE européen intégré à l’écosystème OpenAI.

Les séminaires résidentiels plébiscités

Autre enseignement de l’étude : les séminaires résidentiels montent en puissance. Leur part est passée de 30% des événements organisés en 2023 à 35% en 2025. D’après le nouveau baromètre Kactus, 56 % des dépenses événementielles des entreprises sont désormais consacrées aux séminaires résidentiels. Le budget par participant atteint 397 euros, contre 384 € en 2024. La durée moyenne passe quant à elle de 2,41 à 2,52 jours en un an.

On notera au passage que le panier moyen consacré aux activités et aux animations a sensiblement baissé entre 2024 et 2025, passant de 74 € à 65 € par participant. A contrario, les dépenses liées à l’hébergement, à la restauration et aux lieux ont davantage résisté d’après le baromètre Kactus. Ce dernier assure en outre que « la pression budgétaire ne conduit pas les entreprises à renoncer à leurs événements, mais à resserrer leurs arbitrages ».

En outre, cette pression budgétaire ne pousse apparemment pas les entreprises à annuler leur événement. Pas plus que le contexte géopolitique pourtant… tendu. « Ni les tensions géopolitiques ni la pression budgétaire ne semblent, à ce stade, freiner la tenue des événements d’entreprise : 1,8 % des réservations confirmées ont été annulées entre février et mai 2026, contre 2,6 % sur la même période en 2025 » indique le baromètre. Ses auteurs précisent par ailleurs que « les délais de réservation restent eux aussi stables, à 84 jours en moyenne en mars 2026, exactement comme un an auparavant ».

Autre enseignement, plus discret mais révélateur : la RSE poursuit sa progression dans les pratiques d’achat. En 2025, 34 % des événements sont organisés dans un lieu labellisé RSE, contre 31 % un an plus tôt, tandis que le surcoût associé à ces lieux certifiés recule de 20 % à 16 %. Une convergence qui n’est sans doute pas un hasard : plus l’engagement environnemental devient abordable, plus il s’impose naturellement dans les arbitrages, aux côtés du prix et de la qualité de l’expérience.

Au fond, ce baromètre 2026 raconte moins une résistance du MICE face à l’IA qu’une redistribution des rôles. À l’IA les tâches répétitives, les devis, la logistique ; aux entreprises la responsabilité de soigner ce qui reste, par définition, non automatisable : le moment vécu ensemble.

Reste une question en suspens, que le prochain baromètre permettra peut-être de trancher : cette sélectivité accrue profitera-t-elle durablement aux séminaires résidentiels, ou redistribuera-t-elle les cartes vers d’autres formats à mesure que l’IA gagne en maturité ?