“ Deux millions et demi de cartouches de cigarettes, 4,47 millions de bouteilles de spiritueux et 3,5 tonnes d’or”… À côté des omniprésentes incitations à acheter en ligne les billets de la dernière loterie pour gagner une Porsche 911 Carrera Coupe, le site Internet du Dubai Duty Free s’amuse à détailler les résultats de son exercice 2006. Jusqu’au haut-le-cœur, pour peu que l’internaute cristallise dans son esprit les 42161 kilos de Smarties ou les 631 kilos de caviar ingurgités par les passagers au cours de l’année.
Dans les allées marchandes de l’aéroport de Dubaï, 2006 fut certes un cru exceptionnel. Avec 712 millions de dollars de ventes – soit 20 % de plus qu’en 2005 –, le Dubai Duty Free a désormais la barre du milliard en vue, dans la foulée de travaux aéroportuaires qui devraient lui permettre de passer de 7000 à 20000 mètres carrés de surface d’ici au 1er janvier 2010. En attendant ce nouveau jour de gloire, Dubai Duty Free rénove ses infrastructures existantes, réaménageant ici la boutique de pierres précieuses, ouvrant là un magasin dédié à l’art ménager, développant également ses activités externes avec, en perspective, l’ouverture d’un hôtel cinq étoiles.
Promotion des ventes
Sur ce plan comme sur tant d’autres dans la région, Dubaï est un symbole ; mais certainement plus un cas unique : selon la Middle East Duty Free Association (Medfa), le Moyen- Orient mobilise désormais entre 6 et 7 % des ventes mondiales de duty-free. Le résultat d’une croissance extraordinaire, bien dynamisée par les tombolas spectaculaires et bien rythmée par les soldes monstres des “jours anniversaires” ou autres festivals.
Pour autant, la belle affaire ne devrait pas en rester là, les ventes de duty free suivant très logiquement la courbe ascendante des aéroports régionaux. Avec les gigantesques travaux d’aménagement en cours à Doha, Dubaï et Abou Dhabi, la capacité de passagers devrait passer, toujours selon la Medfa, de 33 millions à 120 millions dès 2008, ce chiffre devant même doubler au terme des travaux du Dubai World Central International Airport.
La croissance à deux chiffres ne se cantonne donc pas à Dubaï. Elle atteint aussi Doha, où les ventes s’installent désormais autour des 100 millions de dollars annuels. Elle touche aussi Abou Dhabi, où le développement de la compagnie Etihad Airways a changé le profil type du client. Mieux : elle irrigue désormais les aéroports “secondaires”. Ainsi, celui de Sharjah, qui a enregistré une hausse de 36 % du trafic en 2006 et dont le plan d’expansion de 60 millions de dollars vise une capacité de 8 millions de passagers annuels qui permet d’ores et déjà à la zone duty free de doubler sa surface. Comme à Abou Dhabi, le développement du duty free de Sharjah se fait dans le sillage d’une compagnie motrice, en l’occurrence Air Arabia, la première low cost régionale, dont le catalogue de destinations s’est fortement développé en 2006, notamment vers l’Inde. Les Français, quant à eux, regarderont avec une attention toute particulière le développement du duty free dans les aéroports du sultanat d’Oman. Pour une raison simple : c’est Aéroports de Paris qui a remporté, en décembre, le contrat de gestion du Seeb International Airport de Muscat et de l’aéroport de Salalah, situé au sud du pays. Même si, pour ces aéroports, les chiffres astronomiques du Dubai Duty Free s’apparentent encore à un très lointain mirage.
Dossier - Pays du Golfe : duty free sans taxe, sans problème
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Commerce dans les aéroports




















