Les aéroports européens confirment la reprise du trafic aérien

Selon l'ACI (Airports Council International), les aéroports européens affichent un record pour le trafic passagers. En mars, ces derniers ont atteint leur plus haut niveau d'activité depuis les débuts de la pandémie.
L'aéroport de Hambourg, avril 2022 (Photo: LC)

Le besoin de voyager se fait ressentir malgré les incertitudes de la conjoncture politique et économique en Europe. C’est la conclusion de l’ACI Europe qui regroupe plus de 500 aéroports dans une cinquantaine de pays du continent.

Comparé aux chiffres de 2020 (le mois de mars et le 1er trimestre 2020 ayant eu un trafic aérien quasi-normal) les aéroports européens ont affiché un trafic en retrait de 34,1% en mars. Et de 39,6% si l’on compare le 1er trimestre 2022 par rapport à 2020. En janvier 2022, le trafic passagers des aéroports européens était encore inférieur de 45,7% par rapport au même mois de 2020.

Une reprise qui s’accélère en mars

L’ACI Europe indique que la reprise du mois de mars est le résultat de l’assouplissement des restrictions imposées par la plupart des États de l’Union Européenne, ainsi qu’au Royaume-Uni et en Suisse. Une amélioration qui touche aussi bien les voyages intra-européens que les voyages extérieurs. Le trafic passagers s’affichait en recul de 34,3% en mars, contre -51,1% en janvier. Le premier trimestre dans son ensemble s’est établi à -42,1% par rapport à 2020.

Les marchés les plus performants de la zone UE+ en mars ont été le Portugal (-16,3%), la Roumanie (-21,8%) et l’Espagne (-21,9%). Les marchés les moins performants sont la Slovénie (-61,9%), la Slovaquie (-58%) et l’Allemagne (-51,7%). Les aéroports du Royaume-Uni (-38,2%) sont désormais dans la moyenne de l’UE. La France a fait mieux que la moyenne de l’UE en mars avec une baisse de 29,5% comparé à 2020.

L’ACI note que le trafic passagers des grands hubs européens se redresse très rapidement. Les majors (5 premiers aéroports européens) ont vu leur trafic passagers en recul de seulement 34,5% en mars, contre -48,5% en janvier. Selon l’ACI, Istanbul est l’aéroport le plus fréquenté d’Europe. Son trafic recule de seulement 20% en mars 2022 par rapport à 2020. Madrid affiche -27,5%, Amsterdam -33,8%, Paris-CDG -35,2% et Londres-Heathrow -35,7%.

Effets relativement limités de la guerre russe en Ukraine

Dans le reste de l’Europe, la guerre russe contre l’Ukraine a entraîné une détérioration significative du trafic passagers en mars, à -32,9 %, contre -23,8 % en janvier. Soit un trafic en recul de 26,5 % entre le 1er trimestre 2022 et 2020.

Cet effondrement en mars est dû à l’arrêt du trafic dans les aéroports ukrainiens ainsi que dans les aéroports moldaves. La baisse d’activité affecte également les aéroports russes. Suite à la fermeture de l’espace aérien entre la Russie, l’UE et le Royaume-Uni, le trafic russe s’affiche en baisse de 24% en mars. Alors qu’il avait retrouvé son niveau de 2020 en début d’année. Si la Géorgie est affectée par la guerre, on ne constate en revanche aucun effet en Serbie ou Turquie.

Pour Olivier Jankovec, directeur général de l’ACI Europe, « l’impact de la guerre menée par la Russie en Ukraine sur le trafic passagers a été limité à ces pays et à quelques autres dans leur voisinage immédiat. Pour les aéroports du reste de l’Europe, l’assouplissement des restrictions de voyage Covid-19 est de très bon augure pour la saison d’été« .

Les aéroports européens prédisent une dégradation des conditions d’accueil due au manque de personnel. (Photo: aéroport de Bologne 03/2022- LC)

Dégradation des temps d’attente dans les aéroports

Dans cette reprise, subsiste cependant un énorme point noir qui a peu de chance d’être résolu: l’encombrement dans les aéroports. Selon Olivier Jankovec, l’augmentation soudaine du trafic génère les queues dans les aéroports. Alors qu’aéroports et entreprises basées sur les plates-formes ont réduit leurs effectifs en raison de la pandémie. Le recrutement de nouveaux personnels va malheureusement prendre du temps.

La plupart des aéroports, et en particulier les grands hubs où les opérations sont plus complexes, s’attendent à ce que la qualité de l’expérience passagers soit inévitablement affectée par cette pénurie de personnel cet été.

Une récente enquête de l’ACI Europe le confirme. Parmi les aéroports européens, 66 % s’attendent à une augmentation des retards de vols, 16% s’attendent à une augmentation des vols annulés, 15 % s’attendent à une modulation des horaires des vols.

Mais surtout, 35% des aéroports estiment que la pénurie de personnel d’aéroport et d’assistance en escale affecte l’activité de leur plate-forme au-delà de la saison estivale. Une réalité que les hommes d’affaires devront prendre en compte.