Afrique : l’hôtellerie veut sa place au soleil

Après avoir longtemps fait figure de terra incognita sur la carte mondiale de l’hôtellerie, l’Afrique sub-saharienne voit aujourd’hui les grandes enseignes internationales s’intéresser à son potentiel. De nouveaux acteurs locaux suivent le mouvement, déclinant une offre alternative aux établissements haut de gamme.
Hôtel Onomo à LIbreville (DR)

Lagos, Kigali, Accra, Cotonou, Addis-Abeba, Freetown : jusqu’ici relativement délaissées, les destinations africaines trouvent une place de choix parmi les priorités des grands noms de l’hôtellerie internationale. Attirées par des perspectives de croissance économique de 5 à 6%jusqu’à 2015, tout comme par l’émergence d’une classe moyenne naissante –la Banque Africaine de Développement prévoit qu’elle atteindra un milliard de personnes en 2050, contre 300 millions aujourd’hui – et l’afflux de voyageurs d’affaires et de capitaux étrangers, les groupes hôteliers renforcent leur présence en Afrique sub-saharienne à un rythme inédit. Leur credo : compléter une offre souvent limitée à de grands établissements haut de gamme, dont les tarifs étaient en outre dopés par des situations de quasi-monopole. 208 nouveaux hôtels étaient prévus en2012, contre 159 en2011, selon les données du W Hospitality Group, une tendance qui devrait s’accélérer dans les années à venir.

Radisson et Park Inn, fers de lance de Rezidor

Carlson Rezidor a fait ses premiers pas en Afrique en 1999 et compte désormais 49 hôtels et 11 000 chambres disponibles ou en cours de développement. Le groupe hôtelier est ainsi l’un des principaux acteurs internationaux sur le continent, après Accor, mais devant Starwood et ses 38 hôtels implantés dans quinze pays. Si Hilton s’est déjà implanté sur plusieurs marchés – Lagos, Yaoundé, Nairobi entre autres – , Marriott est un jeune converti : le Kigali Marriott, dont l’inauguration est prévue mi 2013, sera le premier représentant du groupe sur ce marché. Dix autres hôtels sont déjà prévus d’ici 2015, à Addis-Abeba, Libreville et Cotonou notamment.

Accor : plusieurs Ibis et Novotel en attente

Accor compte 54 établissements en Afrique subsaharienne, répartis dans 14 pays. Le groupe prévoit d’y ouvrir 5 000 nouvelles chambres d’ici 2016, dont 35 nouveaux hôtels pour le marché subsaharien. Une croissance symbolisée par l’intégration du célèbre Hôtel Ivoire d’Abidjan au sein du réseau Sofitel au 1er janvier dernier.

Marriott et l’Afrique : une histoire en marche

Si Hilton s’est déjà implanté sur plusieurs marchés – Lagos, Yaoundé, Nairobi entre autres – , Marriott est un jeune converti : le Kigali Marriott, dont l’inauguration est prévue mi 2013, sera le premier représentant du groupe sur ce marché. Dix autres hôtels sont déjà prévus d’ici 2015, à Addis-Abeba, Libreville et Cotonou notamment.

L’hôtellerie africaine monte en puissance

Les groupes étrangers ne sont pas les seuls à s’intéresser au continent, comme en témoigne le lancement d’Onomo en 2008 par deux anciens de Accor. L’enseigne compte trois hôtels, à Dakar, Abidjan et Libreville, et a pour ambition d’atteindre un parc de 25 établissements d’ici 2015, sur un marché trois étoiles encore très ouvert. Un positionnement également exploité par Azalaï. Cette enseigne malienne, qui compte trois hôtels sur son marché domestique, s’est développée au Bénin, au Burkina Faso ainsi qu’en Guinée Bissau. Ces alternatives locales complètent le portefeuille déjà fourni de deux poids lourds africains : le groupe tuniso-libyen Laico, fort de 14 établissements, et surtout le sud-africain Protea qui totalise 117 hôtels.