Aigle Azur : des repreneurs avec des offres partielles

En quête de repreneur, Aigle Azur a suscité l’intérêt de 14 postulants, dont Air France, le groupe Dubreuil, l'actionnaire Gérard Houa et le tandem Lionel Guérin et Philippe Micouleau, deux anciens d’Air France. Autant de solutions françaises, qui ne prévoient pas de reprise totale des activités de la compagnie…

Aigle Azur
Air France compte parmi les repreneurs potentiels de la compagnie Aigle Azur

Selon les informations communiquées par l’administrateur judiciaire, ce sont quatorze offres de reprise qui ont été présentées lundi 9 septembre à midi dans le dossier Aigle Azur. Et comme évoqué le matin-même par le nouveau secrétaire d’Etat aux Transports dans une interview accordée au Parisien, Air France, Easyjet, Vueling mais aussi Lionel Guérin ou le groupe Dubreuil auraient bien manifesté leur intérêt.

Plus précisément, les propositions les plus importantes comprennent :

Air France-KLM

Le groupe a confirmé lundi son intérêt. Il semblerait qu’Air France-KLM pourrait injecter 15 millions d’euros et reprendre jusqu’à 70% des salariés français d’Aigle Azur, soit environ 800 emplois. Air France souhaite récupérer en particulier les 12 à 14 créneaux horaires quotidiens d’Aigle Azur à Orly ; le réseau Algérie et les vols sur Beyrouth, qui pourraient d’ailleurs être en partie confiés à Transavia ; enfin, l’intégration des pilotes d’Aigle Azur, Air France devant faire face à une pénurie de personnel navigant. En revanche, l’activité long-courrier d’Aigle Azur n’intéresserait pas Air France, qui pourrait donc céder les droits de trafic à une entreprise concurrente.

Le Groupe Dubreuil

Justement, l’une des offres de reprise concernant uniquement des lignes long courrier est venu du groupe Dubreuil. Propriétaire d’Air Caraïbes, le groupe souhaiterait reprendre « certaines routes du réseau long-courrier et deux A330-200 PW », selon un courrier interne. Dubreuil s’intéresserait selon des spécialistes aux liaisons vers le Mali et le Brésil. Le groupe investirait également 15 millions d’euros et ne garderait que 106 salariés d’Aigle Azur.

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Gérard Houa

Selon l’Express, l’actionnaire d’Aigle Azur, Gérard Houa se serait également mis sur les rangs. Actuel actionnaire minoritaire (20%) d’Aigle Azur et proclamé PDG de la compagnie durant le coup de force des actionnaires il y a deux semaines, l’homme d’affaires a indiqué vouloir investir 23 millions d’euros et préserver 87% des 1 150 emplois actuels. Le groupe se séparerait des deux A330 du réseau long-courrier.

Lionel Guérin et Philippe Micouleau

Les anciens patrons de HOP!, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, ont garanti vouloir préserver tous les emplois mais se sépareraient du réseau long-courrier. Le tandem bénéficierait d’un soutien du syndicat de pilotes SNPL d’Aigle Azur. Sur France Info, le président du SNPL Martin Surzur, expliquait que les deux vétérans d’Air France sont « les seuls repreneurs qui ont pour ambition de maintenir Aigle Azur dans son intégrité dans un premier temps, puis de la développer dans un deuxième temps ». Toujours selon lui, Air France pourrait devenir actionnaire minoritaire.

Azul, Vueling, easyJet

Selon France Info, la compagnie brésilienne Azul a également déposé une offre de reprise partielle, lundi. Elle était partenaire d’Aigle Azur, notamment dans l’exploitation de la ligne Paris-Sao Paulo. Les compagnies low-cost Vueling et Easyjet ont bien manifesté leur intérêt, mais il ne s’agit que de déclarations d’intention. La compagnie low-cost espagnole Vueling avait déjà conclu à la mi-août un accord de reprise des créneaux horaires et du réseau sur le Portugal. Easyjet s’est également positionné à cette reprise.

Air France a cependant toutes les chances d’être le favori dans cette course à la reprise d’Aigle Azur. Se confiant aussi à France Info, Raphaël Caccia, secrétaire général de la CFDT du transport aérien, estimait qu’une offre de reprise partielle par Air France des court- et moyen-courrier, surtout à destination de l’Algérie, est une « quasi-certitude ». Ce qui confirmerait alors la probable attribution des créneaux long-courrier à Air Caraïbes.