Air France coupe dans son réseau domestique

Air France va réduire son offre court-courrier à hauteur de 15% d’ici la fin de l’année 2021, et initier un plan de départs volontaires estimé à 465 postes sur le réseau domestique. En cause : la concurrence du train et des compagnies low-cost.
Air France Marseille
Air France va réduire son offre sur le réseau domestique, à hauteur de 15%

Air France va réduire la voilure sur son réseau domestique. La compagnie a officialisé la nouvelle le 13 mai, à l’issue du Comité Social et Economique Central (CSEC). Au total, 465 postes sont concernés par un plan de départs volontaires entrepris sur moins de deux ans, et ciblant le réseau domestique de la compagnie. Pour les passagers, cela se traduira par une baisse de 15% en sièges kilomètres offerts (SKO) d’ici la fin 2021. Parmi les bases Air France les plus exposées figureraient la Corse, Orly, Marseille et Nice.

Cette coupe domestique doit répondre à une problématique de sureffectif sur l’activité sol du Court Courrier, elle-même induite par la concurrence. « Dans un contexte hautement concurrentiel, nous sommes tous pleinement mobilisés pour défendre un marché domestique essentiel pour Air France mais aussi plus globalement pour le groupe Air France-KLM », explique d’ailleurs Benjamin Smith, Directeur Général d’Air France-KLM, qui souligne par ailleurs : « Le réseau domestique français est indissociable de l’histoire d’Air France, il est garant de son ancrage territorial, et permet de relier les régions françaises au reste du monde en offrant plusieurs milliers d’opportunités de correspondance chaque jour ».

Pour autant, la réalité comptable n’épargne pas l’activité court-courrier : les pertes enregistrées en 2017, soit 96 millions d’euros, se sont encore – et fortement – creusées l’an passé, atteignant 189 millions d’euros. Les pertes cumulées s’élèvent même à 717 millions depuis 2013

là où les lignes à grande vitesse se sont installées reliant Paris à moins de deux heures des provinces, les lignes d’Air France ont perdu 90% de part de marché

Les « coupables » de cette concurrence féroce sont tout désignés : le TGV et les compagnies low-cost. « Au cours des cinq dernières années, le réseau domestique d’Air France a été fortement impacté par la concurrence des lignes de train à grande vitesse, qui ont augmenté leurs capacités sur l’ensemble du territoire, diminué les temps de parcours et développé une offre low-cost très compétitive », explique la direction de la compagnie. Et de préciser : « là où les lignes à grande vitesse se sont installées reliant Paris à moins de deux heures des provinces, les lignes d’Air France ont perdu 90% de part de marché ».

Quant aux compagnies à bas coûts, la direction d’Air France ne manque pas de pointer du doigt le rôle ambigu de certaines collectivités territoriales : « les compagnies low-cost ont installé des bases au départ des principales escales et gagné rapidement du terrain au moyen de politiques tarifaires agressives et parfois avec l’aide de collectivités publiques. A l’inverse d’Air France dont les équipes sont basées à 90 % sur le territoire national, ces compagnies n’ont la plupart du temps pas contribué à développer l’emploi dans les régions où elles opèrent ».

Reste maintenant à savoir quel sera l’accueil de cette cure d’austérité domestique en interne. « Nous mènerons le processus de consultation des partenaires sociaux dans un esprit d’ouverture et de dialogue, et nous nous engageons à accompagner chaque salarié qui souhaitera évoluer vers un nouveau poste ou dans un nouvel environnement professionnel », indique la Directrice Générale d’Air France, Anne Rigail, qui assure parallèlement que « de nombreux talents vont nous rejoindre en 2019, pilotes, hôtesses et stewards, mécaniciens ou ingénieurs, pour accompagner la croissance d’Air France ».