Air France-KLM dévoile des résultats « solides »

Air France-KLM a présenté vendredi ses résultats annuels pour 2017, marqués par des performances solides. Les responsables du groupe ont également fixé le cap de leur stratégie pour les mois à venir, qui s’appuiera notamment sur les partenariats renforcés au sein de la joint-venture et la montée en puissance de Transavia. En revanche, le lancement d’une compagnie low-cost long-courrier et le rachat d’Alitalia ne figurent pas sur la feuille de route d’Air France-KLM.
Air France-KLM
La direction d'Air France-KLM a présenté les résultats du groupe le 16 février à Paris

Les journalistes qui s’étaient rendus vendredi à la conférence annuelle d’Air France-KLM en quête de grands effets d’annonces ou de petites révolutions auront fait chou blanc. Low-cost long-courrier, Alitalia, appel à la grève : les dossiers « chauds » du moment n’ont pas donné lieu à des décisions actées au sein de la direction du groupe, focalisée sur l’ordre du jour : les résultats opérationnels et financiers d’Air France-KLM. Il est vrai que ce bilan 2017 offrait une base de discussion positive, à l’image du résultat d’exploitation de 1488 millions d’euros, en hausse de 41,8% par rapport au précédent exercice. « Air France-KLM clôture l’année 2017 avec de solides résultats, dans un environnement économique porteur », résume Jean-Marc Janaillac, Pdg du groupe Air France-KLM. « Le groupe confirme sa position de leader en Europe en terme de trafic, tout en enregistrant un résultat opérationnel en hausse de 42% et en améliorant significativement son profil financier. Ces réalisations vont de pair avec des avancées stratégiques majeures, notamment le renforcement et l’élargissement de notre réseau d’alliances et le lancement réussi de Joon. En ce début d’année 2018, dans un contexte de hausse des prix du pétrole et de concurrence toujours plus intense, nous poursuivrons l’offensive, travaillerons sur notre compétitivité et la réduction de nos coûts unitaires et capitaliserons sur les réalisations de 2017 pour maintenir une dynamique de croissance rentable » poursuit Jean-Marc Janaillac.

Pour affronter cette « concurrence toujours plus intense », les responsables d’Air France-KLM aimeraient pouvoir compter sur un petit coup de pouce des autorités françaises. Et attendent donc avec impatience les Assises du transport aérien qui se tiendront en 2018. Objectif : combler le déficit de compétitivité par rapport aux compagnies allemandes, par exemple… Bien sûr, la comparaison ne doit rien au hasard : la soif de grandeur de Lufthansa semble intarissable, le groupe allemand lorgnant même sur Alitalia. Air France doit alors résoudre une équation complexe : maintenir la compagnie italienne dans le giron Skyteam, sans pour autant s’en porter acquéreur… Pour l’heure, Air France-KLM ne mise donc pas sur la croissance externe pour faire face à une cette féroce concurrence. Quant au lancement d’une low-cost long-courrier – une option choisie notamment par le groupe IAG avec Level – le projet ne figure pas non plus au programme. « On ne veut pas commettre la même erreur » que lors de l’arrivée des low-costs européennes, assure Jean-Marc Janaillac, qui rappelle néanmoins que « Le business model des compagnies low-cost long-courrier n’est pas encore complètement établi : les résultats récents de ces transporteurs posent encore un certain nombre de questions ». Le Pdg du groupe Air France-KLM ne ferme pas définitivement la porte à un tel projet, mais aimerait visiblement pouvoir s’épargner une telle aventure… « Si le renforcement de nos alliances et nos mesures tarifaires s’avèrent insuffisantes, nous devrons imaginer une réponse plus structurée. Mais ce moment n’est pas venu », assure-t-il. Pour l’heure, il semble donc urgent d’attendre pour un groupe qui, conforté par les bons résultats de l’année 2017, entend bien poursuivre sur sa stratégie.