
2024 pourrait voir la création d’une méga-compagnie aérienne sur le continent asiatique, un acteur qui serait l’équivalent de quelques mastodontes américains ou chinois. Voici ce qu’a révélé en début de semaine le PDG de Capital A Bhd, Tony Fernandes.
Capital A Bhd est la holding qui rassemble – de façon résumée – l’ensemble des compagnies aériennes d’AirAsia. Soit AirAsia Bhd (Malaisie), Thai AirAsia, Indonesia AirAsia, Philippines AirAsia et la future AirAsia Cambodia. Existent également deux filiales long-courrier, AirAsia X et Thai AirAsia X.
La flotte actuellement en service compte 218 appareils. A l’avenir, cette flotte devrait d’ailleurs doubler pour atteindre 400 appareils.
Une première entreprise pan-ASEAN
Une fusion avec une seule direction et une stratégie unique fait sens car elle donnerait un poids très important à la compagnie. Selon Tony Fernandes, la fusion des transporteurs se ferait sous l’entité AirAsiaX (AAX) et permettrait – si elle est approuvée par les actionnaires des différentes filiales – de créer la première entreprise pan-ASEAN, l’association des pays de l’Asie du Sud-Est.
Sauf qu’il faudra changer la législation dans chaque Etat où AirAsia possède une filiale. Car, que ce soit en Thaïlande ou en Indonésie, l’actionnaire principal doit être local. Ce qui veut dire que le groupe AirAsia ne peut être présente qu’à hauteur maximum de 49% dans le capital d’Indonesia AirAsia ou de Thai AirAsia. Aux Philippines, AirAsia n’est présente dans le capital qu’à hauteur de 40%… Seul le Cambodge permet à une entreprise étrangère d’être majoritaire dans le capital.
Créer une seule compagnie avec une seule structure va donc se traduire nécessairement par un compromis avec l’actionnariat. Une solution probable serait de donner une part égale aux actionnaires de chaque pays concerné. Ce qui impliquera de créer un statut spécial pour la future entité globale AirAsia Aviation (en lieu et place d’AirAsiaX).
Le PDG de Capital A Bhd, Tony Fernandes, a rencontré le 10 janvier le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, afin d’aborder la question des limites de propriété étrangère pour les compagnies aériennes dans le Royaume. Il devrait renouveler ensuite l’exercice en Indonésie et aux Philippines.
« Combien de temps ce processus prendra-t-il ? Probablement trois ou quatre mois, peut-être cinq« , a déclaré Tony Fernandes lors d’une conférence de presse lundi 8 janvier. Et visiblement encore plus de temps que dans ses premières évaluations.
De fait, après sa rencontre avec le premier ministre thaïlandais, le PDG du groupe AirAsia précisait que la première fusion concernerait d’abord les deux filiales malaisiennes, probablement suivie par la Thaïlande.
Mais cette fusion de l’ensemble des filiales d’AirAsia va bien dans le sens de l’histoire. Elle prouverait par ailleurs que l’ASEAN est plus qu’une association uniquement dans les mots.
(Mise à jour le 15/01/2024)

















