Le groupe AirAsia devient un conglomérat touche-à-tout

Avec Capital A, AirAsia a entamé une profonde diversification à travers une "super app" intégrant des services dans le voyage, la vente en ligne, la location de voitures ou encore des restaurants. En attendant une centaine de taxis volants...
AirAsia devient Capital A
La page d'ouverture du site de Capital A, nouveau nom du AirAsia Group

C’était le 28 janvier dernier à Kuala Lumpur et le groupe AirAsia présentait sa nouvelle identité : Capital A. Un changement de nom qui reflète une nouvelle stratégie commerciale pour le transporteur. Capital A rassemble en fait des activités très diverses dans le domaine du voyage et du lifestyle. Un phénomène assez unique dans le monde de l’aérien.

C’est ce que souligne Tony Fernandes, le PDG d’AirAsia et désormais de Capital A. « Il s’agit d’une étape importante qui marque une nouvelle ère pour le groupe. Cette annonce renforce le fait que nous ne sommes plus une simple compagnie aérienne. J’ai toujours eu la ferme intention, bien avant l’arrivée de la pandémie, d’exploiter les données que nous avons accumulées pendant 20 ans. Et d’intégrer les nouvelles technologies de pointe pour offrir une large gamme de produits et de services, au-delà de la simple vente de billets d’avion. »

La diversification au cœur de la stratégie de Capital A

La pandémie de Covid aura paradoxalement joué un rôle essentiel dans cette décision. L’arrêt quasi total de l’activité aérienne a ainsi accéléré la diversification de l’activité. Capital A se veut un groupe de services numériques de voyage et de lifestyle à guichet unique. Avec en visée le formidable marché que représente l’Association des pays du Sud-Est asiatique, l’ASEAN. « Avec un accès à plus de 700 millions de personnes dans la région, je prévois d’incroyables opportunités de croissance pour notre marque dans de nombreux secteurs sur tous nos marchés principaux, » a expliqué Tony Fernandes.

l’une des trois premières agences de voyage en ligne dans l’ASEAN

Car au-delà de la vente de billets d’avions, l’ex-groupe AirAsia est devenu un touche-à-tout dans le secteur des services. « Nous proposons 16 produits et services sur notre application AirAsia Super App. Nous offrons non seulement les meilleures offres de vols et de voyages. Mais nous couvrons aussi les besoins quotidiens en matière de lifestyle, de l’alimentation à la vente au détail et au commerce électronique, en passant par la livraison en 24 heures, la location de voitures et bien plus encore. Nous sommes ainsi l’une des trois premières agences de voyage en ligne dans l’ASEAN. Notre Super App est en passe de devenir prochainement la première application de lifestyle de la région, » détaille Tony Fernandes. Selon le PDG, la Super App d’AirAsia est utilisée par 50 millions de personnes par mois

L’une des applications les plus dynamiques est par exemple BigPay. Une application qui intègre une carte de crédit, le transfert d’argent dans une douzaine de pays et la possibilité de gérer un compte. Pour l’instant disponible en Malaisie et Singapour, elle attend désormais le feu vert des autorités en Indonésie et Thaïlande.

Reprise espérée du transport aérien en 2022

Concernant les compagnies aériennes, Tony Fernandes reconnaît que la situation reste complexe en raison de la frilosité de l’Asie à se rouvrir au monde.

« Si Capital A est le nouveau nom de la société holding du groupe, une chose qui ne change pas est le nom de la marque AirAsia pour nos compagnies aériennes. C’est l’une des marques les plus fortes d’Asie. Elle constitue une plate-forme solide pour tous nos autres produits et services, qui peuvent ainsi s’enrichir mutuellement, » décrit-il.

« Les deux dernières années ont été les plus difficiles et les plus perturbées de l’histoire de l’aviation commerciale mais j’accueille l’année à venir avec plus de confiance. Les voyages aériens intérieurs ont déjà commencé à rebondir sur nos principaux marchés. Et j’espère que les frontières se rouvriront progressivement tout au long de l’année 2022 et que nos services internationaux retrouveront une capacité normale d’ici le milieu ou le troisième trimestre de cette année, » indique encore Tony Fernandes.

En 2021, les compagnies du groupe AirAsia ont transporté 4,8 millions de passagers, en recul de 64% par rapport à 2020 (13,3 millions de passagers). Soit aussi 9% de son trafic de 2019. En effet, durant la dernière année avant la crise Covid, le groupe avait enregistré un record de 51,56 millions de passagers

La Malaisie a représenté l’essentiel du trafic avec 3,1 millions de passagers en 2021, suivi par la Thaïlande avec 2,93 millions de voyageurs. Indonésie et Philippines ont connu un trafic passagers similaire à un peu plus de 800 000.

Une image d’un futur taxi volant VX4 aux couleurs d’AirAsia dans le ciel de Kuala Lumpur (Photo : AirAsia)

Un futur radieux ?

La situation n’entrave pas les ambitions de Capital A. D’ici 2026, le groupe a fixé pour objectifs :

  • De relier plus d’un milliard de personnes depuis, vers et à l’intérieur de l’ASEAN
  • De devenir un leader de la maintenance et de la réparation dans l’aviation.
  • De renforcer AirAsia Super App et BigPay.
  • De grossir à 10% la part de marché de sa filiale Teleport dans le secteur logistique et le commerce électronique dans l’ASEAN.
  • D’atteindre plus de 21 millions de commandes chaque mois sur airasia grocer.
  • D’avoir 5 millions d’inscriptions sur sa filiale d’enseignement AirAsia Academy.

La compagnie espère aussi faire de Santan, son service de restauration à bord des avions, une franchise restaurant dans toute l’ASEAN. Un premier restaurant existe déjà au cœur de Kuala Lumpur tandis que des plats prêts à l’utilisation sont déjà disponibles.

Dernier développement en date : la compagnie vient de signer un protocole d’accord non contraignant pour louer un minimum de 100 avions VX4 à la société internationale de leasing d’avions Avolon. Le VX4 est un avion à décollage verticale (eVTOL), qui serait utilisé comme taxi volant. Il serait quasiment silencieux en vol, ne produirait aucune émission et aurait un faible coût par passager-mile. Le VX4 ferait partie des nouvelles mobilités urbaines avec une autonomie de 150 km et une vitesse de croisière de 320 km/h.