Alors que l’année 2024 s’achève, l’Autorité de régulation des transports (ART) vient de publier son étude sur le marché français du transport ferroviaire, fondée sur les chiffres de 2023. Dans Son 8e bilan annuel, l’Autorité confirme tout d’abord la hausse continue du nombre de voyageurs ferroviaires depuis la fin du Covid, en croissance de +6% comparé à 2022. Depuis 2019, la hausse s’élève même à 21% pour les TER et à 6% pour les TGV malgré une baisse de l’offre ferroviaire à grande vitesse de près de 3% en raison des mouvements sociaux et du retrait du service d’une quarantaine de 40 rames. Le taux d’occupation des TGV a ainsi encore progressé pour s’établir à 76% en 2023.
Pour les TER, la fréquentation a progressé en 2023 dans toutes les régions, notamment de plus de 10% en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Occitanie. Ces régions ont enregistré une hausse du nombre d’abonnés et de l’occupation des trains, ce taux bondissant de 5 points en Occitanie et Normandie. « La fréquentation des services Transilien-RER en Île-de-France a en revanche chuté de 6 % depuis 2019 parallèlement à la forte baisse de l’offre (-7 %) sur la même période« , note le bilan de l’ART. Au global, pour le transport de passagers en France, la part modale du ferroviaire atteignait 10,4% l’an dernier, contre 8% en moyenne au niveau européen. Si nous sommes encore loin de l’objectif de la SNCF de doubler la part modale du train à l’horizon 2030, elle s’est renforcée de 0,6 point entre 2022 et 2023 et de 1,2 point depuis 2019.
Le prix de l’offre low cost a davantage augmenté
La hausse des tarifs s’est poursuivie en 2023 selon l’ART, marquée par un envol plus important pour les services low cost comme Ouigo (+10%) que pour l’offre classique à grande vitesse (+6%). L’Autorité note toutefois que « depuis 2019, l’augmentation moyenne des prix (+5 %) reste inférieure à l’inflation globale (+15 %)« . Cette hausse des tarifs et l’augmentation des capacités des trains a permis aux compagnies, la SNCF en tête, d’accroître leurs revenus, même si, en face, elles ont dû faire face à une hausse des coûts des péages et de l’énergie. Les revenus des dessertes TER ont également progressé grâce à la hausse de fréquentation enregistrée, contrebalancée là aussi par une hausse des charges d’exploitation.
Les bons points de l’ouverture à la concurrence
Si le marché reste dominé par SNCF Voyageurs, l’ouverture à la concurrence a permis l’arrivée sur le réseau de nouveaux opérateurs avec Renfe Viajeros et Trenitalia France. Ces derniers ont entrainé une augmentation de l’offre en sièges de 15% sur les liaisons concurrencées et, plus particulièrement, sur Paris-Lyon. Si la fréquentation a progressé de 10% sur cet axe, les tarifs sont eux restés inférieurs de plus de 10% comparés à ceux d’avant l’ouverture à la concurrence.
Le changement se fait en revanche à petite vitesse pour les réseaux TER. Seuls 7 lots de services conventionnés ont été attribués selon les nouvelles règles de mise en concurrence sur un total de près de cinquante concernés d’ici 2033 au plus tard. Les nouveaux contrats concernant les premiers lots reposent toutefois sur une réduction des coûts et une hausse des résultats en matière de qualité de service (régularité des rames, hausse du nombre de trains quotidiens, amélioration du confort à bord…).
Forte dégradation de la qualité des services ferroviaires
Après la hausse des tarifs, le respect de la régularité et de la ponctualité constitue le second mauvais point de l’activité du transport ferroviaire de voyageurs selon l’ART. Concernant les TER, ces taux ont ainsi reculé dans 10 régions sur 11 et notamment en Nouvelle-Aquitaine. Pour les trains classiques, le taux de réalisation a chuté à 78%, contre 81% en 2022. Les éléments négatifs se sont cumulés avec une baisse de l’offre de trains programmés (celle des TGV ayant diminué de 15% comparé à 2019), une augmentation des annulations à la dernière minute (grèves, aléas climatiques ou techniques…), une diminution de la ponctualité, notamment aux heures de pointe, etc. Petite consolation pour les opérateurs, l’Autorité observe que « le taux de passagers indemnisés pour leur retard est [resté] stable en moyenne« .