
Bangkok a connu une expansion remarquable de son système de transport public par le rail depuis une décennie. En 2014, on ne comptait que quatre lignes : deux du métro aérien (BTS), une pour le métro (MRT) et la ligne du Airport Express exploitér par les chemins de fer d’état SRT. Aujourd’hui, on comptabilise 9 lignes, incluant même un monorail, représentant plus de 275 km de réseau. Ainsi qu’une nouvelle gare centrale.
Les travaux se poursuivent pour 3 à 4 nouvelles lignes et des expansions du métro, monorail et train de banlieue. Ce qui à l’horizon 2030 permettra à la capitale thaïlandaise de jouir d’un réseau de près de 550 km…
Pléthore de nouvelles lignes et de tarifs
Une performance assez remarquable. Sauf qu’il y a deux obstacles de taille. Des prix prohibitifs en raison de l’incapacité des différents systèmes de transport ferroviaire urbain à mettre en place un billet et tarif unifié. Par exemple, si un trajet requiert trois changements, il faut acheter trois billets différents. Et payer en moyenne de 100 THB à 200 THB (soit 2,65 euros à 5,30 euros).
Ce tarif ne semble guère élevé comparé à certaines villes européennes, à New York ou à Tokyo. Néanmoins, il est démesuré par rapport au salaire moyen qui excède rarement 600 euros dans la capitale du Royaume. Un habitant de Bangkok consacrerait ainsi autour de 15% de son salaire mensuel à vivre au quotidien la formule « métro-boulot-dodo ».
Ce prix est si élevé qu’à partir de deux personnes, il est généralement moins cher de prendre un taxi. Ce qui explique également les embouteillages quasi-permanents dans la métropole. Avec un taux de pollution relativement élevé.
Selon le site IQAir qui établit chaque année le taux de pollution calculés en particules fines pour près de 8 000 destinations dans le monde, Bangkok a un taux de particules microscopies (PM2) qui atteint 21,7. Soit trois à fois plus que la norme fixée par l’OMS. Par comparaison, le taux à Singapour est de 13,4, à Paris de 10,3 et à Londres de 8,4…
Un seul prix et un seul ticket en 2025 ou 2026
Depuis le retour d’un gouvernement civil aux affaires en 2023, l’une des priorités est de baisser le prix des billets sur toutes les lignes ferroviaires à Bangkok avec un prix maximum fixé à 20 Baht (0,53 €). La mesure est appliquée à moitié pour le moment pour deux lignes, la ligne violette du métro et la ligne rouge des chemins de fer thaïlandais. Deux lignes qui malheureusement sont peu intéressantes pour les voyageurs étrangers.
Le Ministre des Transports Suriya Jungrungreangkit a récemment annoncé vouloir étendre le tarif de 20 Baht à deux nouvelles lignes l’an prochain (dont la ligne bleue du métro, très utilisée des visiteurs) avant de généraliser ce prix à toutes les lignes ferroviaires. Ce qui devrait être effectif en 2026.
Le plus difficile sera de l’appliquer au métro aérien BTS, confié à une entreprise privée et dont le gouvernement devrait racheter la licence.
Mais le ministre fait montre d’optimisme. Il annonce également qu’un billet commun pour tous les transports ferroviaires devrait faire son apparition à la fin de l’année prochaine. On en parle depuis des années. Néanmoins, sans qu’aucune des sociétés gérant les transports publics ne fasse le premier pas. Et cela pour une raison simple. Aucune de ces sociétés n’est d’accord sur la répartition des recettes et sur le financement d’un tel ticket! Tandis que l’Etat thaï ne semble guère intéressé à intervenir dans cette querelle de clochers.
Pourtant, selon le ministère, une telle mesure accélérerait l’application du tarif unique maximum de 20 Baht. Ce qui représenterait une énorme économie non seulement pour les habitants mais aussi pour les visiteurs de la capitale thaïlandaise.
L’initiative redonnerait une bouffée d’air frais à Bangkok. Car parallèlement à ce tarif à 20 Baht, le gouvernement envisage désormais d’introduire une taxe congestion au centre-ville pour les voitures. A l’instar de ce qui se fait à Londres ou Singapour.




















