Chine : des signes de reprise pour l’hôtellerie et l’aérien

Fréquentation des hôtels supérieure à 30%, capacité aérienne à plus de 40% : le monde du voyage d'affaires reprend des couleurs en Chine.

Le Golden Tulip Bund New Asia, à Shanghai.

Une reprise des déplacements d’affaires au plan régional, des réunions de petite taille, un frémissement des  voyages loisirs hors des grandes villes, des sites touristiques de nouveau accessibles comme la Grande Muraille ou la ville de Pingyao : la Chine envoie des signaux positifs au reste du secteur touristique mondial, un peu partout touché par les mesures de confinement liées à l’épidémie de coronavirus. Première à entrer dans la crise, la Chine dessine-t-elle, avec deux mois d’avance, la forme que prendra la reprise ailleurs dans le monde ? Si c’est le cas, celle-ci sera timide, mais réelle, l’hôtellerie comme l’aérien tournant entre 30% et 40% de leur capacité.

Alors qu’en Europe, les hôtels ferment à tour de rôle, 87% des établissements chinois étudiés par le cabinet d’analystes STR sont maintenant ouverts. Par ailleurs, alors que la fréquentation des hôtels était descendue jusqu’à 7,4 % durant la première semaine de février, le taux d’occupation dépasse désormais les 30%, avec une fréquentation de 31,8% enregistrée le 28 mars dernier. À Pékin, de 10% début mars, la fréquentation est remontée à 21,6% le 28 mars ; idem à Shanghai, où le taux d’occupation est passé de 11,0 % le 1er mars à 28,6 % le 28 mars.

Dans ce cadre, le groupe hôtelier Huazhu a récemment déclaré observé  « un début de reprise de nos activités hôtelières depuis début mars. Nous pensons avoir atteint le point le plus bas lorsque près de 50 % de nos hôtels en Chine ont dû fermer temporairement et que le taux d’occupation a fortement baissé pour atteindre environ 10 % pendant les vacances du Nouvel An chinois. Au 26 mars 2020, 93,5 % de nos hôtels ont repris leurs activités avec un taux d’occupation de 62 %, le tout continuant à s’améliorer. »

Christine Liu, directrice régionale de STR pour l’Asie du Nord, estime que « ce ne sont que les premiers signes d’une reprise qui devrait évoluer lentement. Une partie de la demande provient des voyages d’affaires, principalement à l’échelle de la province, ainsi que des réunions à petite échelle. » Autre clientèle, les voyageurs mis en quarantaine à leur retour en Chine en provenance d’autres pays, ainsi que ceux qui retournent dans les villes pour y travailler.

En parallèle, le secteur aérien se rapproche de la normale en mars, tournant à 42 % de sa capacité. Selon l’Administration de l’aviation civile de Chine (CAAC), la moyenne des vols quotidiens en mars a atteint 6 533, soit une hausse de 20 % par rapport au mois précédent, avec des dessertes essentiellement concentrées sur Shanghai et la région du delta du fleuve Yangtze. Néanmoins, pour endiguer l’afflux de nouveaux cas de COVID-19 importés, les vols internationaux sont toujours limités, et même davantage, selon une récente circulaire diffusée par l’AACC.

Dans ce cadre, les compagnies aériennes chinoises ne sont autorisées à opérer qu’un seul vol vers chaque pays par semaine, tandis que les compagnies étrangères ne doivent garder qu’une seule route aérienne vers la Chine et il ne devra pas y avoir plus d’un vol par semaine pour chacune des routes aériennes vers la Chine. Autre mesure stricte : les vols arrivant ou sortant du pays devront avoir un coefficient de remplissage inférieur à 75%.

Depuis la fin du mois de mars, la Chine redirigera tous les vols internationaux à destination de Pékin vers les aéroports de douze autres villes, dont Shanghai, Tianjin, Nanjing et Shenyang. Les passagers passent la douane et le contrôle de quarantaine dans ces aéroports, et ceux ayant passé l’inspection de quarantaine peuvent s’envoler vers Pékin.