Les compagnies européennes ajustent leurs capacités vers les Etats-Unis

La dégradation de l'image des Etats-Unis pesant sur la demande des passagers, de même que les ruptures dans la livraison de nouveaux appareils forcent à des réajustements de fréquences et de capacités sur l'axe transatlantique.
trafic aérien Europe/Etats-Unis
La demande continue de faiblir sur l'axe transatlantique (Photo : Air France et Delta Air Lines à CDG-Luc Citrinot)

Les prédictions d’un ralentissement de la demande aérienne entre l’Europe et les Etats-Unis se confirment semaine après semaine. Et après les « bravades » de plusieurs compagnies aériennes affirmant encore début mai ne pas observer de fléchissement de la demande, la plupart ajustent désormais discrètement leurs fréquences. Le consultant aérien OAG constate ainsi qu’en juin, les capacités en sièges s’inscrivaient en baisse de 2,8% entre Royaume-Uni et Etats-Unis. Il est probable qu’il existe un mouvement de recul similaire avec d’autres marchés européens.

Les prises de position du Président Trump et sa politique internationale agissent comme un repoussoir sur les voyageurs internationaux (Photo: The White House-https://www.whitehouse.gov/gallery/)

La dégradation des relations commerciales et de l’image des Etats-Unis sont également perçues comme un facteur d’ajustement par de nombreuses compagnies, en proie à une pénurie de nouveaux avions.

Les ruptures d’approvisionnement dans les pièces détachées et leur acheminement constatés durant la période du Covid n’ont toujours pas été résorbés cinq ans plus tard. Les compagnies aériennes doivent donc jongler avec les fréquences et les lignes aériennes. Et l’affaiblissement de la demande voyageurs permet de jouer sur les capacités vers les Etats-Unis.

Les compagnies européennes plus exposées que les américaines

Néanmoins, la demande qui faiblit n’est pas ressentie de la même façon par les transporteurs. En effet, si les compagnies américaines offrent la plus grosse capacité en sièges en chiffres absolus (American, Delta et United offrant entre 7,2 et 9,7 millions de sièges) sur l’axe transatlantique, elles sont néanmoins plus faiblement exposées à une baisse de trafic.

C’est le constat d’OAG qui a analysé l’offre sur l’axe transatlantique cet été. La part de marché de l’Atlantique Nord sur les capacités totales des transporteurs nord-américains ne dépasse pas en effet les 3,6%. Seules les capacités transatlantiques d’Air Canada dépassent les 8% de ses capacités totales en sièges. Une conséquence aussi d’un report de la demande des Européens des Etats-Unis vers ce pays.

En revanche, les compagnies européennes sont davantage exposées selon les chiffres d’OAG. Virgin Atlantic crève le plafond avec 36,6% de sa capacité en sièges attribuée à ses lignes sur l’Atlantique Nord. La compagnie britannique est suivie par Aer Lingus avec 11,1%, British Airways avec 9%, Air France avec 7,1% et Lufthansa avec 5,6%.

Le top des compagnies aériennes sur l’Atlantique Nord été 2025

Compagnie aérienne Nombre de sièges sur l’Atlantique nord Part de l’Atlantique Nord sur l’offre totale en sièges
United Airlines 9,715,980 3,6%
Delta Airlines 9,679,887 3,2%
American Airlines 7,187,087 2,1%
British Airways 6,235,603  9,0%
Air Canada 5,806,125 8,4%
Lufthansa 5,095,124 5,6%
Air France 4,511,616 7,1%
Virgin Atlantic  3,374,446    36,6%
Turkish Airlines 3,298,218 3,1%
KLM 2,454,855 4,8%
Aer Lingus 2,446,258 11,1%
Iberia 1,475,652 3,4%
Swiss 1,463,286 4,8%
TAP Air Portugal 1,229,916 4,9%

Des réductions de fréquence seulement temporaires?

De nombreuses compagnies aériennes européennes ont procédé à des ajustements de fréquences vers les Etats-Unis. British Airways a par exemple revu son programme, arguant de problèmes de flotte. La compagnie a dû immobiliser quatre Boeing 787, les appareils étant équipés de moteurs Rolls-Royce Trent 1000 défaillants. Elle a déjà réduitses fréquences de Londres Heathrow vers San Diego. Suivront Houston et La Nouvelle-Orléans en octobre prochain. La compagnie s’est également retirée de Dallas.

Lufthansa a de son côté transféré ses vols sur Minneapolis à sa filiale low-cost long-courrier Discover Airlines. La ligne est devenue dans le même temps saisonnière. Lufthansa planifie aussi de réduire ses fréquences cet hiver de Francfort à Dallas-Fort Worth et Denver. Sa filiale Swiss réduit de son côté ses vols sur l’axe Zurich-Chicago de deux à un vol quotidien à partir du 1er septembre.

Air France-KLM a également retiré des fréquences de vol sur plusieurs liaisons. KLM a baissé le nombre de ses vols hebdomadaires sur Boston et San Francisco depuis Amsterdam. Boston voit ses fréquences réduites de 7 à 5 vols et San Francisco de 6 vols au lieu de 7.

Quant à Iberia, elle a décidé de reporter le lancement de son vol Madrid-Dallas à octobre prochain. Les horaires IATA pour l’hiver 2025/2026 comprennent néanmoins de nombreux renforcements de fréquences sur l’Atlantique Nord. Comme sur Paris-CDG- Orlando avec Air France ou Manchester-Atlanta avec Virgin Atlantic.