Emirates-Etihad : le projet d’une fusion de nouveau à l’étude ?

L’idée d’une possible fusion entre Emirates et Etihad revient sur la table. Les deux compagnies aériennes ont démenti, même si le rapprochement pourrait paraître logique.

Emirates
Un appareil de la compagnie Emirates

La situation financière d’Etihad – fortement dégradée par les investissements malheureux du transporteur dans des « canards boiteux » – et la très vive compétition qui sévit avec son concurrent Emirates et son rival Qatar Airways, pèse sur l’avenir du transporteur d’Abu Dhabi. L’agence de notation Fitch avait, il y a quelques mois, indiqué que la compagnie allait continuer de perdre de l’argent au moins jusqu’en 2022 et qu’elle resterait le plus petit transporteur parmi les trois compagnies globales que compte la région. Etihad a perdu l’an dernier 1,52 milliard de dollars et près de 3,5 milliards sur deux ans. Elle est depuis un an embarquée dans un exercice de restructuration sévère qui a vu la fermeture d’une douzaine de lignes, l’introduction de services payants pour les passagers et l’annulation de commandes d’avions. Et ce n’est pas fini, selon le nouveau PDG de la compagnie, Tony Douglas.

L’information communiquée par Bloomberg jeudi après-midi fait état de conversations préliminaires entre Emirates et Etihad dans l’optique d’une fusion des deux transporteurs. Elle aurait été recueillie par Bloomberg auprès de quatre employés sous couvert d’anonymat.

Une telle fusion apporterait plus de bénéfices que d’inconvénients. Cela permettrait de rationaliser une offre aérienne pléthorique avec de nombreuses lignes faisant redondance entre Abu Dhabi et Dubaï, séparés d’une centaine de km seulement.

La fusion permettrait également de créer la plus grande compagnie aérienne au monde en nombre de passagers, devant American Airlines.

Les deux compagnies ont bien évidemment démenti toute conversation sur une possible fusion. Certes, elle est peu probable à court terme, d’autant que l’Emirat d’Abu Dhabi a investi massivement dans une toute nouvelle aérogare d’une capacité de 84 millions de passagers, quatre fois et demi plus que l’actuelle plateforme. Son inauguration a déjà été retardée à deux reprises avec maintenant une date d’ouverture estimée à 2019. Hub d’Etihad, il serait de mauvaise augure pour Abu Dhabi de voir sa compagnie principale disparaître ou du moins se fondre avec Emirates. D’autant que l’Emirat continue aussi de soutenir le tourisme d’Abu Dhabi, désormais perçu comme un élément essentiel de sa diversification économique. Une fusion logique et certainement irrémédiable, mais où les fiertés nationales de chaque Emirat pèsent toujours de tous leurs poids. Pour combien de temps encore ?