Emirates : nouvelle stratégie sans l’Airbus A380

La mise à la retraite progressive des Airbus A380 chez Emirates amorce une totale remise en cause de la stratégie de la compagnie, désormais confrontée à un ralentissement de sa croissance.

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Avec la prochaine "retraite" de ses A380, Emirates repense sa stratégie globale

L’A380 a constitué la pierre angulaire de la stratégie d’Emirates pendant 20 ans. Mais, l’Airbus a aussi fait passer Emirates a cote d’opportunités… Notamment la desserte des villes secondaires, une option à laquelle Emirates a souvent dû renoncer, avec une flotte de long-courriers à grande capacité. Aussi, cela fait neuf mois que la compagnie peaufine une nouvelle stratégie. Le Président d’Emirates, Tim Clark, a dévoilé en partie les orientations du transporteur en début de semaine, alors que se tient l’événement Arabian Travel Market à Dubaï.

Tim Clark reconnait qu’Emirates a plus de mal à trouver de nouvelles routes rentables dans une conjoncture économique mondiale qui s’essouffle. L’aéroport de Dubaï a par exemple enregistré sa plus faible croissance sur plus d’une décennie en 2018, à 1% pour 89,1 millions de passagers.

D’où la nouvelle stratégie d’acheter désormais des avions de plus petites capacités qui vont affecter la vision du méga-hub de Dubaï. Les A380 vont ainsi être remplacés peu à peu par des Airbus A330neo, A350 – 70 de ces appareils viennent d’être commandés – ainsi que de nouvelles versions du Boeing 777. « Nous avons pris le temps de faire le point sur ce à quoi ressemblera notre réseau dans cinq à dix ans, sur notre flotte et le type d’avions« , a expliqué Tim Clark.

Sauvetage par des lignes en cinquième liberté ?

Les biréacteurs offriront de fait de substantielles économies de carburant, mais ils transporteront moins de passagers par vol, ce qui complique le modèle d’exploitation d’Emirates, qui s’articule autour de vagues de départs très rapprochés les uns des autres afin de maximiser les possibilités de transfert entre les vols. De plus, certaines lignes importantes pourraient à terme perdre des capacités aériennes en sièges. Car il est de plus en plus difficile d’obtenir des créneaux horaires (« slots ») pour des vols supplémentaires sur de nombreux hubs tels que Londres Heathrow, Milan Malpensa ou Francfort. L’A380 avait donc bien son utilité sur ce type de marche.

En attendant ces nouveaux avions, comment rentabiliser au mieux la flotte actuelle de la compagnie ? Emirates souhaite démultiplier les lignes en droit de cinquième liberté. La compagnie offre déjà un vol Dubaï-New York en A380 via Milan Malpensa, un vol Dubaï-Athènes-Newark en Boeing 777 ainsi que des vols sur Dubaï-Bangkok-Hong Kong et Dubaï-Bangkok-Sydney en Airbus A380. Selon Tim Clark, il existe cependant des opportunités sur l’axe transatlantique mais la compagnie devra certainement faire face à la résilience, voire l’hostilité des transporteurs américains.

Enfin, pour maximiser son hub sur les liaisons court-courrier au départ de Dubaï, Emirates a confirmé le développement de synergies avec la compagnie low cost FlyDubai avec une meilleure intégration des réseaux des deux transporteurs. Cependant, aucune fusion n’est prévue pour le moment entre les deux compagnies.

La Premium Economy confirmée à l’horizon 2020

Dès l’année prochaine, les passagers affaires voyageant sur des budgets plus resserrés auront une nouvelle option de cabine sur Emirates. Tim Clark, président d’Emirates, a confirmé durant l’Arabian Travel Market de Dubaï que des sièges Premium Economy seront mis en vente dès l’année prochaine sur les nouveaux Airbus A380 de la compagnie et sur les nouveaux Boeing 777.

Peu de détails ont filtré concernant le nouveau produit : fauteuil inclinable confortable, plus d’espace pour les jambes et un service amélioré de restauration. Les équipes d’Emirates veulent cependant donner une forte identité visuelle a la future classe.

Le prix des billets pour la Premium devrait être « nettement inférieur aux tarifs de la classe affaires« , a cependant confirmé M. Clark.