
La décision est tombée à la fin de la semaine dernière. Emirates, le plus gros transporteur du Golfe, va fortement réduire ses capacités vers les Etats-Unis. Cinq lignes seront affectées par des réductions de capacités. Dans une annonce publiée mercredi dernier, la compagnie a indiqué réduire le nombre de ses vols dès le mois de mai, passant d’une fréquence quotidienne à cinq vols par semaine vers Fort Lauderdale et Orlando – essentiellement des destinations loisirs. Les lignes Emirates sur Boston, Los Angeles et Seattle, passeront de deux vols par jour à une fréquence quotidienne. Le programme de vols réduits entrera en vigueur en juin pour Boston et Seattle et en juillet pour Los Angeles. Cela représente une baisse de capacité de 20%.
Un porte-parole d’Emirates indiquait que le volume de trafic s’était sensiblement ralenti depuis l’arrivée de Donald Trump à la tête des Etats-Unis à la mi-janvier. Les restrictions sur les visas, le renforcement des mesures de sécurité puis l’interdiction d’emmener des appareils électroniques (ordinateurs, tablettes et appareils photos) en cabine – ce que l’on a baptisé « electronics ban« – ont visiblement déstabilisé le marché.
« Sur les trois derniers mois, nous avons constaté une détérioration significative de nos profils de réservation sur l’ensemble de nos lignes US, dans tous les segments de voyageurs« , indiquait la porte-parole d’Emirates à l’agence Reuters.

Les compagnies américaines ne cachent pas leur satisfaction. Elles devraient récupérer en partie les passagers des vols annulés – American à Boston, Delta à Seattle notamment. Certains dirigeants de compagnies américaines soutiennent néanmoins qu’Emirates a pris cette décision faute de rentabilité des liaisons concernées. Depuis plusieurs années déjà, les transporteurs se plaignent des subventions offertes par les Etats du Golfe à leurs compagnies nationales, qui leur auraient permis de lancer des lignes tous azimuts, sans réel fondement économique.
La théorie des compagnies américaines sur les pertes d’Emirates justifiant sa décision semble de fait corroborée par les deux autres transporteurs du Golfe, Etihad et Qatar Airways. Ces deux derniers n’ont annoncé aucune réduction de leurs vols sur les Etats-Unis. Cependant Etihad ne dessert que six aéroports US, tandis que Qatar Airways atterrit dans dix villes américaines.
Nous ne constatons aucune baisse du nombre de nos passagers sur nos lignes entre Doha et les Etats-Unis
A Dubai durant l’Arabian Travel Market, le PDG de la compagnie Akbar Al Baker, a même confirmé que la compagnie débuterait sa ligne sur Las Vegas avant la fin de l’année et celle sur San Francisco début 2018. « Nous ne constatons aucune baisse du nombre de nos passagers sur nos lignes entre Doha et les Etats-Unis et prévoyons toujours de poursuivre notre expansion », a indiqué Akbar Al Baker.
Emirates est le plus important transporteur sur l’axe Golfe/Etats-Unis comptabilisant 3,01 millions de passagers au départ des Etats-Unis en 2015, suivi de Qatar Airways avec 1,27 million de passagers au départ, d’Etihad avec 1,14 million et Saudia avec 338,000 passagers.
*2016= statistiques sur 10 mois

















