Fabrice Toledano : « Trenitalia vise un doublement de son trafic en 2025 »

Fabrice Toledano, directeur Marketing et Commercial de Trenitalia France, fait le point sur la stratégie de la compagnie ferroviaire en France
Fabrice Toledano, directeur Marketing et Commercial de Trenitalia France.
Fabrice Toledano, directeur Marketing et Commercial de Trenitalia France

Quel est le bilan de l’été notamment sur la nouvelle desserte Paris-Marseille ?

Fabrice Toledano – Le bilan de l’été est très positif. En premier lieu sur la partie opérationnelle car nous avons lancé, aux dates prévues, mi-juin, la ligne Paris-Marseille et ajouté une fréquence sur Paris-Lyon avant la période estivale. En termes de résultats également, l’été a été fort, en particulier les mois de juin et juillet avec un remplissage déjà entre 70 et 75% pour nos trains Paris-Marseille, et plus de 80% sur le Paris-Milan rouvert en avril dernier. Enfin, sur Paris-Lyon, ce taux de remplissage a nettement augmenté par rapport à l’été 2024.

Quelles sont de fait vos prévision de trafic pour 2025 ?

Fabrice Toledano – L’ajout de 5 fréquences sur Paris-Lyon ne sera effectif que le 14 décembre pour des ventes qui sont ouvertes depuis le 15 septembre. L’augmentation du nombre de voyageurs suite à cette hausse de fréquences ne sera de fait visible qu’en 2026. Les premiers mois de l’année ont toutefois été marqués par une progression du remplissage de 14%. L’ambition est un doublement du nombre de passagers porté principalement par l’ouverture du Paris-Marseille en juin avec 4 allers-retours par jour et la croissance des autres lignes. En 2024, Trenitalia avait transporté environ 1 million de voyageurs. La forte croissance de 40% sur la ligne Paris-Lyon comparé à 2023 avait en partie compensé l’arrêt de la ligne Paris-Milan.

Avez-vous déjà des projets d’augmentation de l’offre sur Paris-Marseille ?

Fabrice Toledano – Trenitalia a lancé cette ligne le 15 juin mais dans les prochains mois, le focus concerne la desserte Paris-Lyon sur laquelle notre priorité est d’augmenter le trafic. Avec 14 allers-retours par jour, 11 entre les gares de Paris-Lyon et Part-Dieu et 3 sur Paris-Lyon Saint-Exupéry, nous assurerons désormais plus d’un tiers de l’offre entre ces deux métropoles, illustrant le virage pris par Trenitalia pour une présence forte et durable sur cet axe stratégique. Nous offrons ainsi un nombre de fréquences élevé aux voyageurs d’affaires. En attendant, sur Paris-Marseille, nous pouvons utiliser des unités multiples quand cela est nécessaire pour répondre à une forte demande comme cela fut le cas lors du week-end du 30 août.

Pourquoi tous les trains sur Paris-Marseille ne s’arrêtent-ils pas en gare de Lyon Saint-Exupéry voire dans d’autres gares de la ligne ?

Fabrice Toledano – C’est vrai, sur les 8 trains Paris-Marseille quotidiens, 1 aller-retour ne dessert pas Lyon St Exupéry et Avignon. Malgré nos demandes, nous n’avons pas réussi sur ce train à obtenir ces arrêts auprès de SNCF Réseau. Cette anomalie sera corrigée le 14 décembre prochain. Les 4 allers-retours Paris-Marseille desserviront alors tous Lyon, Avignon TGV et Aix-en-Provence TGV. Selon les horaires et les profils clients attendus, nous adaptons actuellement l’arrêt soit à Lyon-Saint-Exupéry soit à Lyon-Part-Dieu, mais tous les trains passeront bientôt par Lyon.

Où en sont vos accords entreprises ?

Fabrice Toledano – Il faut savoir que nous avons déjà 50% de clientèle affaires dans nos trains ce qui prouve que nous proposons une offre et des services adaptés. Nous sommes au début de la dynamique en matière de distribution. Trenitalia France a conclu en avril un accord avec Amadeus qui est un acteur technologiques BtoB majeur avec sa plateforme de distribution. Nous contractons ensuite avec des réseaux, des agences… Trainline nous aide également dans la commercialisation de nos offres aux entreprises et aux passagers loisirs. La distribution est importante avec le renforcement de Paris-Lyon car augmenter l’offre c’est bien mais remplir les trains c’est mieux.

Vos détracteurs soulignent d’ailleurs souvent le montant de vos pertes avec un chiffre de 68M€ en 2024…

Fabrice Toledano – La rentabilité est inatteignable les premières années. Plus nous investissons dans notre développement avec par exemple un nombre de rames Frecciarossa qui est passé de 5 à 9 actuellement, plus nous dépensons. Et Trenitalia France est actuellement clairement dans une phase de développement. Quand nous passerons à une phase de stabilisation, l’objectif de rentabilité deviendra prioritaire.