Les points de fidélité poussent les voyageurs à prendre des risques

Carlson Wagonlit Travel (CWT) publie une enquête portant sur la sécurité. Selon la TMC, les voyageurs d’affaires sont assez anxieux, mais ils n’hésitent pas pour autant à sortir du cadre fixé par la « duty of care » pour obtenir des points fidélité.

Sécurité hôtel
La sécurité dans les chambres d'hôtel est importante pour les voyageurs d'affaires CC

Pour certains voyageurs, la loyauté prime sur la sécurité. C’est ce que révèle l’étude de Carlson Wagonlit Travel menée sur 2 000 personnes et publiée le 31 mai. En effet, selon la Travel Management Company (TMC) trois voyageurs d’affaires sur dix préfèrent désobéir aux règles fixées par leur entreprise pour bénéficier de programmes de fidélité hôteliers. Cette situation peut être anxiogène pour de nombreuses entreprises, qui tentent de mettre en place une politique de sécurité. Le « duty of care » – ou « devoir de protection » – est depuis quelques années la priorité numéro un dans l’univers du business travel. Le fait que 30 % des professionnels privilégient les avantages du programme de fidélité aux impératifs de sécurité s’avère inquiétant.

Dans cette étude, Carlson Wagonlit Travel pointe néanmoins des différences régionales. Ainsi, les businessmen américains seraient davantage tentés que la moyenne (39 %) de faire passer leurs points de fidélité avant les règles fixées par l’entreprise. L’Europe (34 %) et l’Asie-Pacifique (28 %) suivent de près. Les professionnels suédois remportent même la palme de cette étude, la majorité de ces voyageurs d’affaires (51%) n’hésitant pas à sortir du cadre de la politique d’entreprise. « De toute évidence, les voyageurs accordent beaucoup d’importance aux points de fidélité qu’ils acquièrent dans les hôtels – ils se donneront beaucoup de mal pour obtenir ces avantages », note David Falter, président de RoomIt.

Le terrorisme en bas de liste

Carlson Wagonlit Travel a également questionné les sondés sur leurs inquiétudes. Étrangement, le terrorisme (33 %) ou les incendies (36 %) ne figurent pas en tête de liste. Les Français quant à eux se montrent particulièrement inquiets dans les stations de métro ou les gares (63 %). L’étude CWT nous apprend également que l’hôtel cristallise les peurs des professionnels en déplacement. Malgré une perception générale de sécurité dans ces établissements – 30 % Asie-Pacifique, 27 % des Américains et 23 % des Européens) – les sondés ne semblent pas avoir confiance dans le personnel… En effet, 41 % des personnes interrogées sont préoccupés par un employé d’hôtel donnant par inadvertance la clé de sa chambre ou des informations à une personne malintentionnée. Les autres clients suscitent également de l’anxiété. Les sondés s’inquiètent des perturbations éventuelles causées par d’autres résidents (40 %). Mais une des peurs partagées par un voyageur d’affaires sur deux, particulièrement vive chez les Français (52 %), est l’entrée d’un intrus dans leur chambre d’hôtel.

Des conseils simples pour plus de sécurité

David Falter propose quelques solutions pour pallier à ces anxiétés : « Des objets comme des cales-portes, des serrures amovibles et des alarmes de voyage sont susceptibles d’aider un voyageur à ses sentir plus en sécurité dans sa chambre d’hôtel ». Le président de RoomIt a également un autre conseil pour limiter les risques d’intrusions tout en conservant une certaine sécurité vis-à-vis des incendies : « Les experts en sécurité conseillent généralement d’occuper une chambre entre le troisième et le sixième étage, là où il devient difficile pour un intrus de s’introduire, mais en étant toujours à portée de la plupart des échelles de pompier ».