La fusion de Korean Air et Asiana crée un nouveau géant aérien asiatique

Le rachat par l'actionnaire principal de Korean Air de l'autre transporteur international coréen Asiana va créer une des compagnies les plus importantes d'Asie et un unique opérateur intercontinental depuis la Corée.

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Créée par le groupe industriel coréen Kumho en 1988, Asiana Airlines était peu à peu devenue la seconde compagnie internationale de la Corée du Sud. Présente d’abord sur des lignes régionales asiatiques, le transporteur était arrivé en Europe au début des années 2000. Avant le covid, il était présent en Europe à Paris, Barcelone, Francfort, Istanbul, Londres, Rome et Venise. Asiana desservait également cinq villes des Etats-Unis ainsi que Sydney, Saïpan et Palau dans le Pacifique. Asiana est membre de Star Alliance depuis 2003.

Un chaebol mal géré

L’appartenance au chaebol Kumho Asiana (consortium en Corée) est l’une des sources des problèmes d’Asiana. Kumho a une activité très diversifiée sans logique économique. D’où un endettement considérable du chaebol dans la dernière décennie. Kumho cherchait donc à se débarrasser de ses activités déficitaires, dont Asiana Airlines.

La croissance exponentielle de la compagnie et sa flotte hétéroclite – de l’Airbus A380 au Boeing 767 -, ont fait plonger Asiana dans le rouge. En 2019, la compagnie a commencé à rationaliser son réseau avec l’arrêt d’une dizaine de lignes. Elle cessait aussi la commercialisation de sa première classe.

Des mesures pourtant insuffisantes. Un regain de tensions politiques entre la Corée d’un côté, la Chine et le Japon de l’autre ont affecté le trafic sur les lignes régionales depuis 2019. S’ajoute depuis 2020 la crise du covid avec la fermeture des frontières.

En décembre dernier, Kumho avait convaincu HDC Hyundai Development et une société de courtage du rachat d’Asiana Airlines pour environ 2,25 milliards de dollars. Mais l’augmentation de la dette d’Asiana avec la crise du covid ont fait échoué les négociations sur une révision de l’accord en septembre. Kumho s’est donc tourné vers le Hanjin Group, propriétaire de Korean Air.

Le groupe bénéficie du soutien de la banque coréenne de Développement (KDB) qui couvrira en partie les sommes nécessaires à l’acquisition d’Asiana.

Une méga-compagnie en formation

Selon un communiqué de Hanjin ce lundi 16 novembre, « le principal objectif de cette acquisition est de stabiliser l’industrie aéronautique sud-coréenne dans le contexte de la pandémie de coronavirus et d’améliorer sa compétitivité. En général, les pays de moins de 100 millions d’habitants ont un seul transporteur traditionnel d’envergure. Cependant, la Corée en possède deux. Cela la désavantage par rapport à des pays comme l’Allemagne, la France et Singapour. Eux n’ont qu’une seule grande compagnie aérienne« , précise le groupe dans son communiqué.

La fusion devrait propulser Korean Air parmi les dix premières compagnies aériennes mondiales

La fusion devrait propulser Korean Air parmi les dix premières compagnies aériennes mondiales en terme de flotte. Les deux compagnies alignent ensemble 259 appareils. On doit cependant s’attendre à une rationalisation à terme.

La fusion renforcera encore l’attractivité du hub de Séoul Incheon avec un seul opérateur présent sur tous les continents avec un réseau de 200 destinations. Sur le marché domestique, Korean Air devrait désormais représenter – avec l’ensemble des filiales low-cost – plus de 60% de tout le trafic passagers.

Sur l’Europe, Korean Air exploitera des lignes sur une vingtaine de destinations. Des vols en doublons comme ceux entre Incheon et Francfort, Londres, Paris ou Rome vont ainsi disparaître. Ce qui sera tout bénéfice pour l’alliance Skyteam dont Korean Air fait partie aux côtés d’Air France-KLM. Le perdant sera en revanche Star Alliance qui verra le départ d’un précieux allié en Asie du Nord-Est.