
Vous développez, via la Foncière Concorde – la société d’investissements commune au groupe Galia et au groupe Terrot -, plusieurs projets d’hôtels dans des garages ou parkings à Paris. Pourquoi cette cible ?
Samuel Gelrubin – Notre groupe se transforme depuis plusieurs années, l’hôtellerie prenant une partie de plus en plus importante de son activité. Ce mouvement s’articule autour d’une réalité : les parkings et les garages ont de moins en moins d’utilité à Paris. La volonté de la ville étant clairement de voir moins de voitures en circulation, cela favorise la transformation de ces espaces.
Vous avez trois projets en cours. Pouvez-vous les présenter par ordre d’avancement ?
S. R. – Le plus avancé est l’hôtel que nous ouvrirons au quatrième trimestre de cette année rue Archereau, dans le XIXe arrondissement, collé au Cours Florent. Son concept s’adresse à une clientèle jeune avec, parmi sa centaine de chambres, une majorité de chambres double de taille restreinte et quelques chambres communes de type dortoir, dans la lignée des auberges de jeunesse urbaines. L’établissement comprendra aussi un diner au rez-de-chaussée, un amphithéâtre et, pour couronner le tout, un rooftop. Son nom de baptême ? l’Hôtel Super. De quoi créer une vraie dynamique dans ce quartier.
Vous avez également dévoilé un autre projet rue Lamarck, dans le XVIIIe arrondissement, d’une tout autre envergure…
S. R. – Tout à fait, c’est un très gros programme de plus de 15 000 m² avec, à l’arrière, des logements, dont une partie de logement social, et à l’avant un hôtel qui mêle sport, hébergement et restauration, en plus de salles de réunion. Ce concept Mix Hotel fonctionne très bien à Bruxelles, les grandes entreprises l’appréciant notamment pour toutes les activités qui y sont proposées.

D’où vous est venue l’idée de travailler avec cette enseigne belge, encore peu connue en France ?
S. R. – Tout a commencé quand je suis allé à l’hôtel Equinox à New York, quasiment à son ouverture. Un hôtel haut de gamme avec des salles de sport très spécialisées qui attirent la clientèle. J’ai commencé à chercher ce qui existait dans cet esprit là, et je suis tombé sur le Mix Hotel à Bruxelles, qui en est un peu l’équivalent, mais en moins luxueux. Je trouvais que ça se prêtait très bien à cet emplacement, rue Lamarck.
Votre troisième projet se situe rue René Boulanger, près de la République. Où en êtes-vous ?
S. R. – Il s’agit également de la transformation d’un ancien garage sur la partie arrière, en plus d’un immeuble d’habitation donnant sur rue. Pour ce projet, il est encore trop tôt pour en dire plus. Nous n’avons pas encore reçu toutes les autorisations administratives, que nous travaillons à obtenir.
Vous ciblez principalement les garages, mais, comme d’autres acteurs de l’immobilier, transformez-vous aussi des bureaux en hôtels ?

S. R – On le fait également. Nous sommes par exemple en train de transformer deux immeubles de bureaux en résidences hôtelières, l’un rue Hautpoul, dans le XIXe, et l’autre rue du Mont-Cenis, dans le XVIIIe. Cependant, aujourd’hui, acheter du bureau pour le transformer en hôtel représente un coût assez important, et, économiquement, ce n’est pas toujours évident d’y arriver. Un foncier avec du garage est nettement plus accessible, ce qui rend la transformation plus viable.
Transformer un garage n’est-il pas aussi plus facile, avec tout ce volume, toutes ces possibilités ?
S. R. – On peut avoir l’impression, de l’extérieur, qu’on peut faire ce qu’on veut avec un garage. Et c’est génial de le voir comme ça. Mais je peux vous dire que les contraintes dans Paris sont énormes, en termes de PLU, d’obligation de conservation. C’est beaucoup plus complexe qu’un terrain nu. Si vous prenez l’exemple du projet rue Archereau, nous avons pu faire une démolition-reconstruction, ce qui est plus simple. Mais pour le projet rue Lamarck, nous sommes obligés de conserver les façades et les planchers. Les choses ne sont pas si évidentes que ça.
A l’exception du Mix Hotel, vous faites le choix de gérer vous-mêmes vos établissements plutôt que de vous adosser à des enseignes internationales. Pourquoi ?
S. R. – Le futur Mix Hotel est en effet le seul cas où cette exploitation sera liée à un bail. Tous les autres hôtels et résidences hôtelières que nous développons seront en gestion propre, via Terlia, notre filiale commune d’exploitation hôtelière avec le groupe Galia. La raison en est simple : ça nous coûte beaucoup moins cher et s’appuyer sur notre propre marque apporte plus de valeur – avec une équipe marketing pour construire un storytelling adapté au lieu – que d’aller prendre une enseigne, par exemple du groupe Accor. L’idée, c’est vraiment de créer une destination, et aujourd’hui, ça fonctionne très bien comme ça. Il n’y a pas besoin, à notre sens, d’une marque internationale dans Paris intra-muros. Si vous vous installez à Roissy ou dans des endroits où les clients ont besoin d’être rassurés par une marque, c’est différent. Mais avec un concept fort et une bonne localisation dans Paris, on n’en a pas besoin.
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