Des pertes, mais de légers signes de reprise pour les groupes hôteliers

De lourdes pertes en 2020, mais un léger optimisme pour 2021 au vu de la reprise en Chine et de la demande loisirs : les groupes hôteliers ont tiré le bilan de leur activité.
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EVEN Shenzhen Nanshan (c) IHG

Sans surprise, les grands groupes hôteliers ont tiré un portrait très noir lors de la présentation de leurs résultats préliminaires pour l’année écoulée. « L’industrie hôtelière mondiale a traversé une crise sans précédent« , pour Sébastien Bazin, PDG de Accor. « 2020 a été l’année la plus difficile de nos 93 ans d’histoire« , selon Stéphanie Linnartz, qui a récemment pris la présidence du groupe Marriott après le décès de son ancien CEO, Arne Sorenson, des suites d’un cancer du pancréas. Comme pour assombrir encore un peu plus le tableau… Des bénéfices évidemment en chute libre, un revenu par chambre divisé par plus de la moitié : la tendance est identique pour toute l’industrie, Accor étant dans ce cadre un peu plus pénalisé de par son rang de leader européen avec un RevPAR en baisse de 62 %, contre -52,5 % pour IHG ou -56,7 % pour Hilton.

En effet, plus que les autres, l’Europe est le continent plus impacté par la pandémie. Surtout, elle tarde à suivre le rythme de reprise constaté ailleurs dans le monde depuis avril dernier, en particulier en Chine, mais aussi plus globalement en Asie, au Moyen-Orient. «  En Chine continentale, le RevPAR a connu un rebond significatif tout au long de l’année et a baissé de moins de 10 % par rapport à l’année précédente en décembre, a déclaré Stéphanie Linnartz. Si la Chine a montré que la demande peut être assez résistante lorsque le virus est perçu comme contenu, nous avons également vu que les progrès peuvent être ralentis par des pics importants de cas de virus, comme nous l’avons vu aux États-Unis et en Europe vers la fin de 2020.  » Au dernier trimestre 2020, le groupe IHG constate par exemple que, dans la région Grande Chine, la baisse du RevPAR était limitée à -18,2 %, contre -49,5 % pour la zone Amériques et -70,5 % pour la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique.

Alors que la demande des entreprises et des groupes continue à être modérée, le futur proche des groupes hôteliers repose plus sur la clientèle loisirs qu’affaires. Hyatt constate ainsi qu’en fin d’année dernière, « conformément aux tendances du troisième trimestre, le taux d’occupation a été principalement alimenté par la demande loisirs, en particulier les week-ends et les vacances au quatrième trimestre. »

Dans ce cadre, Accor, qui a fait du lifestyle son grand cheval de bataille, compte sur ce segment prisé par les voyageurs pour repartir de l’avant. « En 2021, alors que le déploiement de la vaccination permet un rebond progressif du tourisme porté notamment par la clientèle de loisirs, Accor est donc idéalement positionné pour bénéficier de la reprise », estime son PDG Sébastien Bazin.

Pour autant, si les dirigeants des grands groupes affichent un relatif optimisme pour les mois à venir, entretenu par cette demande loisirs et les perspectives d’amélioration des conditions de voyage, le redémarrage s’annonce encore long et poussif. Keith Barr, directeur général d’IHG Hotels & Resorts, tempère ainsi : « 2021 a commencé avec un grand nombre de ces défis toujours en place, des progrès plus significatifs vers la reprise de l’industrie étant peu probables avant la fin de l’année et dépendant du déploiement mondial des vaccins, de la levée des restrictions et d’une accélération de l’activité économique.«