Gulf Air cède aux sirènes du concept « boutique airline »

Gulf Air suit l’exemple d’autres transporteurs aériens pour se positionner sur un créneau de niche, afin de mieux se démarquer face à la concurrence des grandes compagnies du Golfe.

Gulf Air
Gulf Air vient de dévoiler sa nouelle stratégie, qui surfe sur le concept de "boutique airline", pour valoriser la clientèle haute contribution

Autant le dire tout de suite : le concept de « boutique airline » – qui suppose une sorte d’exclusivité dans les services ou le réseau offert – n’est pas une création estampillée Gulf Air : de nombreux transporteurs se positionnent déjà sur ce créneau marketing. En Asie, par exemple, le transporteur régional Thaï Bangkok Airways a été l’un des pionniers à se définir comme « boutique airline ». Le concept a été lancé il y a près d’une décennie, mettant en évidence la spécificité de Bangkok Airways, notamment en opposition aux compagnies low-cost, et s’appuyant sur un réseau de destinations exclusives comme Luang Prabang au Laos, Samui, Trat et Lampang en Thaïlande ; Phu Quoc au Vietnam ou Nay Pyi Daw, seul vol international quotidien reliant Bangkok à la capitale administrative du Myanmar. Bangkok Airways offre également un espace salon à tous les passagers sur ses principales escales.

En France, La Compagnie se définit également par son concept de « boutique airline » avec son service exclusif en classe affaires sur un axe unique entre Paris Orly et New York-Newark auquel viendra s’ajouter ce printemps une nouvelle ligne sur Nice-Newark.
Voici donc Gulf Air qui entre dans ce club des boutique airlines. De fait, la compagnie historique du Golfe n’a guère de choix. La montée en puissance des Emirates, Qatar Airways et autre Etihad s’est réalisée sur le dos de Gulf Air, qui, durant plusieurs décennies a été la compagnie nationale des Emirats Arabes Unis, Oman, Qatar et Bahreïn.
Ne reste plus aujourd’hui dans le capital que le Royaume de Bahreïn comme actionnaire. Gulf Air a subi une profonde cure d’amaigrissement entre 2005 et 2010, fermant par exemple huit destinations en Europe sur 14 et huit en Extrême-Orient. En Europe, Gulf Air dessert encore Athènes, Francfort, Larnaca, Londres, Moscou et Paris. En Extrême-Orient, subsistent aujourd’hui seulement Bangkok et Manille.

Mais le PDG du transporteur bahreïni veut maintenant repositionner la compagnie sur un créneau Premium de « boutique airline », afin de capter un marché plus haut de gamme. Le réseau devrait être encore plus étoffé, un mouvement entamé depuis maintenant deux ans. « L’an dernier, nous avons ouvert huit destinations en nous focalisant particulièrement vers les marchés indien et saoudien. Cette année, nous devrions être plus présents sur l’Europe », prévient Fiona Chang, Directrice des Ventes France de la compagnie.

Nous étudions la possibilité d’avoir certains jours un Boeing 787 sur Paris afin d’accroître nos capacités

Selon le PDG de Gulf Air dans une interview à Reuters, la compagnie devrait ouvrir huit autres destinations et recevoir sept nouveaux appareils dont deux Boeing 787 et cinq Airbus A320Neo capables de faire du long courrier. La compagnie avait l’an passé reçu également sept appareils, dont cinq Boeing 787. « Nous étudions actuellement la possibilité d’avoir certains jours un Boeing 787 sur Paris afin d’accroître nos capacités, » précise encore Fiona Chang. Si Gulf Air n’a pas encore annoncé les destinations qu’elle souhaite rouvrir en Europe, il est probable que l’Italie et Amsterdam devraient figurer parmi les priorités.

En Asie, il est certain qu’à terme, Gulf Air devrait faire de nouveau atterrir ses avions dans une troisième ville de l’ASEAN (Singapour, Jakarta ou Kuala Lumpur) et également se positionner sur la Chine. Dans le passé, Gulf Air desservait Hong Kong et Shanghai.
Quant au concept de boutique airline, il va se traduire, selon Kresimir Kucko, PDG de la compagnie, par une classe économique configurée avec plus d’espace que ses rivales et un produit en classe affaires de très grand luxe. Le transporteur offre déjà un siège lit, y compris sur ses Airbus A320Neo ainsi qu’un service de restauration à la carte, avec chef à bord. Reste maintenant à améliorer le confort des voyageurs à Bahreïn. Là encore, 2019 devrait marquer un tournant avec une nouvelle aérogare sur l’aéroport international de Bahreïn permettant de doubler la capacité d’accueil. Cette reconquête permettrait à Gulf Air d’augmenter le nombre de ses passagers de 8% en 2019, soit 5,8 millions de voyageurs contre 5,3 millions en 2018.