Haute Corse : l’Île cinq étoiles

De la montagne, mais aussi du balnéaire, des activités à ne savoir qu’en faire, de la culture, de l’histoire, du patrimoine, une gastronomie exceptionnelle et de merveilleux vins. Bref, la Corse est une destination idéale pour un séjour de tourisme corporate réussi.

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Un clocher élancé, des vignobles à flanc de collines et la baie de Saint-Florent en fond : à l’entrée du cap Corse, le village de Patrimonio est à l’image de son église baroque, d’une riante austérité.

Texte Serge Barret / Photos Alain Parinet

D’abord il y a la Méditerranée. Bleue, comme il se doit ; avec, la plupart du temps, un ciel assorti, que ce soit très tôt ou très tard en saison. Du coup, en Corse, il y a aussi bien de longues plages de sable blanc que des criques esseulées, uniquement accessibles en bateau. Idéales donc pour des groupes de tourisme d’affaires qui s’approprient les lieux pour des déjeuners chics sur nappes blanches. Et plus sûrement encore pour des pique-niques sur carreaux rouges, collant bien mieux à l’esprit champêtre de l’île. Ils auront tout le temps, ces groupes, de se livrer à des activités de team building, voire des olympiades, version incentive.

Plage de l’Arinella, à Bastia
Plage de l’Arinella, à Bastia

Ensuite, il y a la montagne qui, en matière de paysages et de centres d’intérêt, n’a pas grand-chose à envier à sa collègue marine. D’autant que les habitants étaient historiquement beaucoup plus tournés vers l’intérieur de l’île que vers les bords de mer, jadis jugés bien trop risqués. Car la Corse en va vu passer du monde, avec à peu près tout ce que compte la Méditerranée de peuples conquérants. Les Grecs, les Romains, les Vandales, les Goths, les Byzantins, les Francs, les Lombards, les Sarrazins, les Génois et finalement… les Français.

Cela fait beaucoup, et assurément cela laisse des traces. À commencer par la multitude de tours de guet, les tours génoises qui, au XVIe, essaiment partout sur le littoral et dont il reste aujourd’hui 67 exemplaires, plus ou moins bien conservés, sur les 85 dénombrés au XVIIIe. À poursuivre par l’architecture sacrée, certaines églises de styles pisan ou génois étant de pures merveilles. Pour le pisan, on compte par exemple des églises romanes des XIe et XIIe siècles à l’image de celle de Saint-Florent.

Saint Florent, donc. Un golfe sublime, l’un des plus beaux dit-on de la Méditerranée, des plages de sable blanc, immenses et quasi désertes hors saison ; d’autres plages installées dans des criques uniquement accessibles en bateau et, du coup, parfaitement adaptées à des opérations corporate. La ville est charmante, une station balnéaire en fait, que d’aucuns ont surnommé en exagérant sans doute un petit peu – mais n’est-t-on pas en pays méditerranéen ? – le “petit Saint-Tropez corse”. Il y a de ça quand même, surtout du côté du port de plaisance, avec ses quais, ses terrasses de café, ses restaurants de poissons, ses quelques bateaux de pêche traditionnels et surtout ses yachts à l’amarre où il est de bon ton de se faire voir les soirs d’été.

C’est petit, Saint-Florent, quelques ruelles à pots de fleurs escaladant la colline, une piazza Posta, une fontaine aux Grenouilles et un fort du XVe siècle couronnant le tout. Mais surtout, pour les amateurs d’histoire et de monuments, esseulée dans la campagne à 800 m du centre-ville, c’est aussi la remarquable cathédrale du Nebbiu, de pur style roman-pisan du XIIe siècle.

Saint Florent
Saint Florent

D’une façon générale, ce qui surprend le plus dans toutes ces églises, c’est la taille de leurs clochers : démesurés. On dirait des totems plantés dans la roche. Alentour, les villages, généralement construits sur le haut d’une colline – voire carrément perchés sur un piton –, sont complètement ramassés, faits d’îlots de maisons de pierres sèches ceints par de délicieuses ruelles pavées de galets polis, qui se changent parfois en escalier à basses et larges marches pour mieux laisser cheminer les ânes et les mulets. Ils accueillent très souvent des artisans d’art, certains d’entre eux, en Balagne par exemple, s’étant même regroupés en association touristique pour créer la “route des artisans”. Cela donne donc une “route” qu’on peut mixer avec celle des villages perchés, puisque, peu ou prou, elles se confondent. D’une pierre deux coups en quelque sorte, et presque trois si l’on y ajoute le patrimoine gastronomique.

Car, sur ce plan, la Corse est richissime et peu avare de tables qui n’ont pas besoin d’étoile pour briller sur le podium international des goûts et des saveurs. Pas une ville, pas un village, pas un hameau à ne proposer, qui une échoppe, qui un restaurant de spécialités corses. Avec, en tête de gondole, le trio charcuterie-fromage-vin. La charcuterie tout d’abord : du jambon cru surtout, subtilement parfumé et décliné en prisuttu, coppa et lonzu. Mais aussi d’incroyables saucisses de foie, les figatelli, que l’on sert dans les meilleurs restaurants, parfois même en tapas. Et puis, il y a tout le reste ; le gibier en saison, le ragoût de porc aux herbes du maquis, le tout généralement servi avec des pâtes, héritage de l’occupation italienne. Des soupes aussi, généralement costaudes, car montagnardes, avec des haricots et des herbes extrêmement goûteuses… Pour les poissons et les fruits de mer, qu’on pourrait estimer laissés pour compte, mieux vaudra attendre les bords de mer, la Corse, on l’a vu, étant avant tout tournée vers ses montagnes.

Suivent les fromages, une très riche palette dont se détache le brucciu, présent dans presque tous les plats. Et puis il y a les desserts, le miel, les olives et… le vin corse ! Généreux, puissant, issus de cépages propres au pays. Il y a l’AOP régionale Corse, constituée de cinq terroirs, auxquels il faut ajouter l’AOP d’Ajaccio – d’excellents rouges, blancs et rosés – et surtout, pour la Haute Corse, l’AOP de Patrimonio, magnifique et se déclinant elle aussi en rouges, blancs et rosés. Enfin, reste le vin du Cap, un vin doux naturel délicat et complexe avec l’AOP muscat du Cap-Corse.

Pour autant, une opération de tourisme d’affaires ne saurait être totalement réussie sans une partie sportive. Et alors là, on est servi. La montagne et la mer étant alliées – on passe parfois d’une plage à la montagne en 15 minutes de voiture seulement –, on trouve à peu près tout ce que l’imagination des hommes a créé. Cela donne, pour le balnéaire, des sorties en semi-rigide ou en catamaran, du kayak de mer, du paddle, de la plongée sous-marine ou du snorkeling, mais aussi des olympiades sur plage et des chasses au trésor dans les villes et stations balnéaires. Côté montagne, le choix est encore plus vaste : 4×4, quad, vélo électrique, canyoning, kayak de rivière, randonnées pédestres ou équestres, initiation à l’alpinisme…

Ce qui n’empêche pas la Corse de coller à l’esprit du temps et de parier sur le succès des activités liées, de près ou de loin, au développement durable. C’est le cas de l’agence réceptive Corse Incentive, très impliquée dans le domaine en plus d’autres propositions plus traditionnelles. “C’est très net, dit François-Xavier Dianoux-Stéfani, directeur associé de l’agence Corse Incentive. Il y a 12 ans, quand on a commencé, on nous aurait dit quad et bateau. Maintenant, on nous demande des actions plus impliquées dans la culture locale, du type rencontre avec des artisans, mais aussi carrément des actions citoyennes que nous essayons de rendre très ludiques, de façon à coller au monde de l’incentive. Ainsi, on organise des concours de ramassage de déchets plastiques sur une plage ou bien encore des actions de reforestation. Chacun plante son arbrisseau et nous espérons que certains reviendront dans 15 ou 20 ans pour retrouver son arbre devenu adulte.” Nostalgie…

Bastia

Avec son port et son aéroport, Bastia est l’une des principales portes d’entrée de Corse. C’est aussi l’une de ses plus jolies cités avec une citadelle, ville dans la ville parfaitement rénovée, d’une propreté irréprochable, et des murs ocre chaulés… De hauts murs, peu de fenêtres, d’étroites ruelles récemment repavées et, dans l’ensemble, une atmosphère dégageant un je-ne-sais-quoi finalement assez austère. Sauf que, passé une porte discrète, celle par exemple de l’oratoire de la confrérie de Sainte-Croix, on tombe sur un lieu extraordinaire, un ensemble rococo, de l’or à profusion, et sur les voûtes, des angelots joyeux virevoltant dans un ciel si bleu qu’il donnerait presque envie d’y monter tout de suite. Et c’est pareil, à deux pas, pour la cathédrale Sainte-Marie de l’Assomption (XVIIe), totalement baroque quant à elle, avec une exceptionnelle Vierge en argent massif.

De là-haut, partout, au détour de la moindre ruelle, depuis la plus petite fenêtre, c’est la haute mer droit devant, la montagne tout derrière et dessous la vieille cité. Une cité elle aussi faite de passages secrets dégringolant jusqu’au port, de maisons hautes et colorées, de volets gris bleus et d’échoppes proposant, essentiellement, des produits corses. Quelques ruelles fort pentues, des escaliers parfois, et c’est la ville moderne. Un retour au XXIe siècle avec ses avenues, ses bruits mécaniques et ses voitures pare-chocs contre pare-chocs. Du coup, on lui préfère l’ancien temps.

Sous des dehors un rien sévères, Bastia dégage une vraie douceur de vivre méditerranéenne. Posée à flanc de montagne, la ville dégringole de l’ancienne citadelle vers le port. Un charmant point de départ pour rayonner en Haute Corse, du cap Corse aux villages perchés de Balagne, jusqu’à Corte, au centre de l’île.
Sous des dehors un rien sévères, Bastia dégage une vraie douceur de vivre méditerranéenne. Posée à flanc de montagne, la ville dégringole de l’ancienne citadelle vers le port. Un charmant point de départ pour rayonner en Haute Corse, du cap Corse aux villages perchés de Balagne, jusqu’à Corte, au centre de l’île.
Savamment rococo, l’oratoire de la confrérie de la Sainte-Croix renferme un trésor, le Christ Noir des Miracles. Objet de vénération pour les marins, il aurait été retrouvé par des pêcheurs d’anchois dans leurs filets, en 1428. Depuis lors, le 3 mai, date de cette pêche miraculeuse, les Bastiais honorent “U Cristu Negru” lors d’une bénédiction en mer.
Savamment rococo, l’oratoire de la confrérie de la Sainte-Croix renferme un trésor, le Christ Noir des Miracles. Objet de vénération pour les marins, il aurait été retrouvé par des pêcheurs d’anchois dans leurs filets, en 1428. Depuis lors, le 3 mai, date de cette pêche miraculeuse, les Bastiais honorent “U Cristu Negru” lors d’une bénédiction en mer.

Le palais des gouverneurs

Évidemment, un cocktail de 500 personnes ou un dîner assis de 250 participants avec nappes blanches et service impeccable, voire un concert donné dans des murs pareils, évidemment que ça ne peut qu’avoir de l’allure. Reconstruit pour partie après la Seconde Guerre mondiale, parfaitement réhabilité, aménagé pour accueillir le petit musée d’histoire de Bastia, le palais des gouverneurs, fleuron de la citadelle, était, entre les XVe et XVIIIe siècles, le siège des gouverneurs génois. On visite, bien sûr ; sa prison, ses gigantesques citernes destinées à ravitailler en eau l’ensemble de la citadelle en cas de siège, ses tours de guet, mais aussi et surtout ses chemins de ronde qui surplombent en à-pic le vieux port de Bastia. Un panorama époustouflant avec, tout en bas, les essentiels de la Méditerranée : une cathédrale carrément installée sur le quai du port, de hautes maisons à volets génois ramassées en amphithéâtre au bord du bassin, des bateaux en va-et-vient et des terrasses de café animées. C’est beau, et ça l’est encore plus depuis le jardin suspendu du palais – privatisable pour 200 personnes –, en prise directe avec le spectacle.

Au cœur de la citadelle de Bastia, le palais des gouverneurs raconte l’histoire de l’île, en particulier la longue période pendant laquelle les Génois dominèrent la Corse.
Au cœur de la citadelle de Bastia, le palais des gouverneurs raconte l’histoire de l’île, en particulier la longue période pendant laquelle les Génois dominèrent la Corse.

Hôtels

Entre les deux, mon cœur balance

Un trois étoiles à atmosphère qui annonce la couleur dès le desk de réception. C’est jeune, chaleureux, et cela compense largement une déco un peu vieillotte. Il y a du fer forgé, des objets chinés un peu partout et dans les chambres des couvre-lits dûment pomponnés. Mais c’est pas grave, le tout dégage au finish quelque chose de parfaitement rassurant, un côté mère de famille. À noter que l’hôtel Ostella est peu à peu rénové dans une déco plus contemporaine. Et c’en est presque dommage. 52 chambres à balcon, salle de réunions, restaurant, piscine, terrasse de gala à l’ombre des palmiers royaux, spa et fitness. Dans le même quartier, tout près de l’aéroport et à une vingtaine de minutes du centre-ville, dans un style nettement plus normalisé : le Mercure. Sans grande surprise, on pousse la porte d’un établissement où tout est net, confortable, élégamment décoré dans des tons neutres. 83 chambres, restaurant, trois salles de réunions, piscine.

Hôtel Ostella > 17, rue du Maréchal Juin. 20 600 Bastia • Tél. : 04 95 30 97 70 • E-mail : contact@hotel-ostella.com • Internet : hotel-ostella.com

Mercure Bastia Biguglia > Route d’Ortale, 20 600 Bastia • Tél. : 04 95 34 96 10 • E-mail : h9172@accor.com • Internet : all.accor.com

Hôtel Ostella
Hôtel Ostella
Mercure Bastia Biguglia
Mercure Bastia Biguglia

Polyphonies à Patrimonio

D’abord il y a le village, à une trentaine de minutes en voiture à l’ouest de Bastia, en direction de la station balnéaire de Saint-Florent. Un village comme presque tous ceux de la région du Nebbio, à la différence que celui-ci, agrippé à flanc de coteau et entouré de célèbres vignobles, est dominé par une église, l’église Saint-Martin et surtout son clocher, planté tel un gigantesque totem dans le schiste. On voyait grand au XVIe siècle, si grand que le bâtiment est totalement disproportionné par rapport à son village. Bel ouvrage, proportions parfaites, pietra dura sur le maître-autel, mais surtout, surtout, on peut y assister à un récital de polyphonies sacrées, ces chants traditionnels qui faillirent se perdre à tout jamais au début du siècle dernier, mais que l’on redécouvrit dans les années 70. Un récital – qui peut être privé – donné par le groupe Cunfraternita San Martinu di Patrimoniu, la haute voûte de l’église dramatisant encore un peu plus des chants a capella, des graves comme venus du fond des temps rehaussés de voix plus jeunes, mais néanmoins tout aussi profondes. C’est d’une poésie folle, qui émeut parfois jusqu’aux larmes les âmes les plus endurcies. Des larmes sans doute elles aussi venues du fond des âges. Poignant.

Centru Culturale San Martinu (Christian Andreani) > I Catari. 20 253 Patrimonio • Tél. : 06 28 28 14 83 • E-mail : cristianuandreani@gmail.com

Dans les vignes du seigneur

En 1968, fort joyeuse année pour la jeunesse d’alors, le Patrimonio fut le tout premier vin corse à obtenir l’AOC. Il compte aujourd’hui parmi ce qui se produit de mieux dans l’île et jouit d’une réputation internationale à ce point que l’un de ses vignerons, Jean-Baptiste Arena, vient de voir reconnaître son muscat du Cap Corse comme un des meilleurs vins doux naturels au monde. Rien que ça ! Le Patrimonio se décline en rouges, blancs et rosés, les rouges étant presque exclusivement produits à partir de cépages venus d’Italie et plantés sur de la terre calcaire. Du coup, le paysage environnant le village de Patrimonio se donne par endroits des airs de coteaux bourguignons. Il y a tout de même un peu moins de caves, mais certaines, sont ouvertes au public, voire aux groupes de tourisme d’affaires à l’image du domaine Orenga de Gaffory qui, non seulement, organise façon cocktail de généreuses dégustations, mais possède aussi une salle de conférences capable d’accueillir une cinquantaine de personnes et organise des expositions d’art contemporain de très belle facture. La cave a même reçu un groupe de la RMN (Réunion des Musées nationaux), c’est dire !

Domaine Orenga de Gaffory > Lieu-dit Morta Majo. 20 253 Patrimonio • Tél. : 04 95 37 45 00 • E-mail : contact@orengadegaffory.com • Internet : www.orengadegaffory.com

Jean-Baptiste Arena > 20 253 Patrimonio • Tél. : 04 95 37 08 27 • E-mail : jeanbaptiste.arena@orange.fr

Domaine Orenga de Gaffory
Domaine Orenga de Gaffory

Cap Corse

C’est un cap, un roc, un doigt tendu vers le continent et planté au nord de Bastia ; c’est un monde à part, une “île dans l’île” comme le disent les Corses. C’est donc presque un pays qu’il vaudra mieux, faute de bonnes chaussures et surtout de temps, parcourir en 4X4 pour découvrir ses paysages étourdissants. À moins que l’on ne se contente d’en faire le tour normalement motorisé et sillonner ses routes époustouflantes en marquant, çà et là, des arrêts dans de minuscules ports qu’on appelle ici des “marines”. Mais ce serait dommage, le 4×4 permettant de grimper à 30° sur des chemins de montagne semés de grosses pierres et d’atteindre, la carrosserie griffée par les piquants du maquis, les aigus des crêtes d’où l’on aperçoit la mer des deux côtés. Le 4×4, sans doute électrique très bientôt, permet tout aussi bien de faire quelques pauses. Ici, c’est une tour de guet génoise, là un monastère, ailleurs un port ravissant et plus loin une maison d’Américain – c’est comme cela qu’on les appelle -, bâtisse un peu m’as-tu-vue construite par des émigrés en Amérique latine et revenus au pays fortune faite. Aussi bien, on s’arrêtera chez un vigneron passionné pour une dégustation. Bien sûr, au menu, un pique-nique gargantuesque dans le maquis, ou en bord de mer, où l’on proposera l’extraordinaire palette de la charcuterie corse. Le tout en une demi, voire une journée.

Rando 4×4 Corse. > 20 600 Furiani • Tél. : 06 11 54 92 52 • E-Mail : rando4x4corse@gmail.com • Internet : www.rando4x4corse.com

Paysage du cap Corse
Paysage du cap Corse

Villages perchés

Ils sont une cinquantaine à s’être regroupés sous le label “Strada di l’Artigiani”, autrement dit la “route des artisans”. Ils ? Ce sont les artisans installés dans les villages perchés de la région de Balagne, à l’ouest de Bastia et au sud de Saint-Florent. Les villages tout d’abord. Des villages refuges, car les Corses, excepté ceux du Cap, n’étaient pas à dire vrai un peuple de marins, la mer et ses abords étant jugés trop dangereux ; trop de malaria, trop d’invasions. Du coup, les habitants se sont réfugiés dans les montagnes, construisant des cités miradors d’où l’on pouvait se préparer à recevoir l’ennemi. Cela donne de ravissants villages collés à leur église à clocher démesuré, des placettes ombragées, des ruelles aux rudes pavés. Malgré l’émigration massive, ils sont loin d’être morts, ces villages. Ils sont même très vivants, notamment grâce à cette association d’artisans qui propose un large choix de produits dans des ateliers où le public est bienvenu. Cela donne, entre autres, une sublime lutherie et un atelier de boîtes à musique à Pigna, de la céramique et des bijoux de pierres semi précieuses à Sant’Antonino, du verre soufflé à Felicetu, ou bien encore des biscuits craquants, les cucciole, à Santa Reparata… Mais le must, bien que n’appartenant pas à l’association située dans les environs de Corte, c’est cette confiserie-chocolaterie qui produit des merveilles sous la houlette d’Alexia Santini. À se damner.

Confiserie Saint-Sylvestre > BP 47. 20250 Soveria. Corte • Tél. : 04 95 47 42 27 • E-mail : marcel.santini@confiserie-saintsylvestre.fr • Internet : www.confiserie-saintsylvestre.fr

Village de Nonza
Village de Nonza
Village de Soveria
Village de Soveria
Parmi les artisans du village de Pigna, un atelier de peinture sur objets, un potier et une lutherie. Près de Corte, la confiserie-chocolaterie Saint-Sylvestre.

Corte

On ne peut la manquer, la citadelle de Corte. De partout, où que l’on soit, on ne voit qu’elle. Perchée au-dessus d’une aiguille en à-pic, elle domine la ville moderne de toutes ses murailles avec, ramassée à ses pieds, l’ancienne et fort vivante cité historique. Toute petite, avec, comme à l’habitude serait-on tenté de dire, des ruelles et des escaliers, des placettes et des échoppes, dont l’une, fort colorée, propose dans un fatras artistique des produits alimentaires et serait la plus ancienne d’Europe. La citadelle en elle-même est réfugiée derrière ses formidables murailles tout de suite après la place d’armes. Ses premiers bâtiments ont été totalement réhabilités, voire réinterprétés, notamment avec l’ensemble abritant le musée de la Corse – Jean-Charles Colonna, talentueusement dessiné par l’architecte piémontais Andrea Bruno. Il s’agit en fait d’un musée ethnographique montrant, derrière ses vitrines, une très riche collection d’objets essentiellement ruraux. Et puis, c’est un chemin de ronde balisé, des courtines et des meurtrières, un bastion d’attaque, mais surtout, surtout une vue exceptionnelle sur la ville moderne, sur les montagnes déchiquetées, sur les vallées et les torrents… Un panorama époustouflant sur la Corse intérieure.

Citadelle de l’intérieur, Corte est le bastion de l’âme corse. Épicentre géographique et historique de l’île, la ville de naissance de Pascal Paoli fut sa première capitale et hébergea sa première université. Elle conserve toujours précieusement son identité insulaire.
Citadelle de l’intérieur, Corte est le bastion de l’âme corse. Épicentre géographique et historique de l’île, la ville de naissance de Pascal Paoli fut sa première capitale et hébergea sa première université. Elle conserve toujours précieusement son identité insulaire.
On dit de l’épicerie A Casa Curtinese de Corte qu’elle est la plus vieille en Europe, puisqu’ouverte depuis les années 1800. Elle délivre encore aujourd’hui ce que le terroir corse a de meilleur à offrir : charcuterie, fromages, liqueurs, fruits et confitures.
On dit de l’épicerie A Casa Curtinese de Corte qu’elle est la plus vieille en Europe, puisqu’ouverte depuis les années 1800. Elle délivre encore aujourd’hui ce que le terroir corse a de meilleur à offrir : charcuterie, fromages, liqueurs, fruits et confitures.

Hôtel

Les jardins de la glacière

Avant, c’était une petite centrale électrique, puis une fabrique de glace… Jusqu’à ce qu’un couple téméraire – on a dû les appeler des fadas dans le coin – mette la main au ciment et entreprenne de reconstruire la bâtisse. Bien leur en prit, c’est aujourd’hui un joli trois étoiles, un établissement sans prétention, mais fort sympathique installé en bord d’un torrent, la Restonica, qui a eu l’excellente idée d’aménager ça et là des piscines naturelles avec sable fin, dont une au bout du jardin de l’hôtel. 49 chambres, une salle de réunion de 35 personnes, un restaurant, piscine, jacuzzi.

Gorges de la Restonica, 20 250 Corte • Tél. : O4 95 45 27 00 • E-mail : contact@lesjardinsdelaglaciere.com • Internet : www.lesjardinsdelaglaciere.com

 

S’Y RENDRE

Air Corsica assure de deux à trois liaisons quotidiennes entre Paris Orly et Bastia Poretta en 1 h 35, en partage de codes avec Air France. Le vol est opéré en Airbus A320neo avec WiFi à bord. La compagnie dessert également la destination depuis Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Toulon ainsi que Bruxelles-Charleroi et Londres Stansted.
Internet : aircorsica.com

SE RENSEIGNER

Office de tourisme intercommunal de Bastia > Place Saint-Nicolas. 20200 Bastia  Tél. : 04 95 54 20 40 • E-mail :  accueil@bastia-tourisme.corsica • Internet : www.bastia-tourisme.corsica

Office du tourisme de Saint-Florent > BP.53 Bâtiment administratif. 20217 Saint-Florent • Tél : 04 95 37 06 04 • E-mail : info@corsica-saintflorent.com • Internet : www.corsica-saintflorent.com

Agence du tourisme de la Corse > 17, boulevard du roi Jérôme. 20181 Ajaccio Cedex 01 • Tél. : 04 95 51 77 77 • Internet : www.visit-corsica.com

RECEPTIFS

Corse Incentive > Route du stade. Allée des fleurs. 20 600 Furiani • Tél. : 04 95 56 59 47 E-mail : contact@corse-incentive.com • Internet : www.corse-incentive.com

Ollandini > 1, rue Paul Colonna d’Istria. 20181 Ajaccio • Tél. : 0 892 23 40 30 E-mail :  info@ollandini.fr • Internet : www.ollandini.fr

GUIDES PRATIQUES

Le Routard, Petit Fûté, Michelin