Hôtellerie : un premier trimestre solide malgré la guerre au Moyen-Orient

Malgré le conflit au Moyen-Orient, mais portés par la clientèle affaires et les groupes, IHG, Accor, Marriott et Hilton publient des chiffres en hausse et confirment leur optimisme pour le reste de l'année 2026.
Membre de la Vignette Collection du groupe IHG, l'hôtel Ciel Dubai Marina culmine à 377 mètres.
Membre de la Vignette Collection du groupe IHG, l'hôtel Ciel Dubai Marina culmine à 377 mètres.

Tant que l’algorithme de croissance reste intact, tout va bien. La guerre au Moyen-Orient, qui a éclaté le 28 février dernier, n’a pas assombri l’horizon des principaux groupes hôteliers. Les résultats présentés pour le premier trimestre 2026 – il est vrai, seulement d’un tiers affecté par le conflit – ne montrent pas de signes de faiblesse, et les leaders du secteur font toujours part de belles perspectives de croissance pour l’année en cours.

Sur la lancée des bons derniers mois de 2025 pour l’ensemble du secteur, le groupe britannique IHG affiche une croissance du revenu par chambre – ou RevPAR – de +4,4% pour le premier trimestre. La tendance est aussi positive pour les hôteliers américains avec une progression de +3,6% chez Hilton, de +4,2% pour Marriott et de +5,4% du côté de Hyatt. Seuls les grands franchiseurs Wyndham et Choice Hotels, positionnés sur des segments moins contributeurs, ont enregistré des résultats en demi-teinte, en légère baisse, non en raison du conflit dans le Golfe – y étant quasiment absents – , mais du fait d’une exceptionnelle concentration d’événements météorologiques violents comme les tempêtes Fern ou Hernando.

De son côté, Accor fait aussi bien, voire mieux, que ses concurrents avec un RevPAR en hausse de +5,1%, tiré au deux-tiers par des prix plus élevés, au plan mondial et voit l’avenir sereinement. « Notre empreinte géographique diversifiée, la qualité de notre portefeuille de marques et notre capacité d’adaptation nous permettent d’être confiants dans notre capacité à réaliser une nouvelle fois en 2026 des performances en amélioration », a déclaré Sébastien Bazin, PDG de Accor. Et cela, bien que le Moyen-Orient pèse pour 12% du volume d’affaires hébergement du groupe selon les chiffres de 2025, pour 8% de son portefeuille de chambres.

En plus de mesures de protection pour minimiser l’impact de la situation sur ses performances, le groupe français entend aller « capturer la croissance dans les zones qui bénéficient temporairement d’une demande plus soutenue comme l’Europe ou l’Asie du Sud-Est ». Deux zones qui ont d’ailleurs afficher leur bonne santé lors du trimestre écoulé, l’Asie du Sud-Est redevenant la zone avec la plus forte croissance de la région Moyen-Orient, Afrique et Asie-Pacifique, tandis que le rebond de l’activité au Royaume-Uni, à Londres comme en province, comme la solidité du marché français ont soutenu les résultats d’ensemble.

« Pour les perspectives à venir, nos revenus déjà enregistrés au plan mondial pour le deuxième trimestre indiquent une croissance continue, a souligné Elie Maalouf, PDG d’IHG Hotels & Resorts. L’impact du conflit au Moyen-Orient et, plus largement, les perturbations liées aux flux des voyages internationaux devraient être plus que compensés par une hausse de la demande dans d’autres régions. »

« Même si nous anticipons quelques vents contraires liés à la situation au Moyen-Orient, nous restons confiants dans la continuité de la tendance de la demande que nous observons depuis fin 2025 et jusqu’en avril, a commenté de son côté Christopher Nassetta, le patron du groupe Hilton qui parie sur une croissance de 2% à 3% sur l’ensemble de l’année. Nous tablons notamment sur une amélioration des performances dans les segments de milieu et de bas de gamme, la vigueur du RevPAR continuant de se diffuser vers le bas depuis le luxe et le haut de gamme supérieur, pour tendre vers une convergence plus équilibrée de la demande ».

Parmi les points positifs, la bonne tenue des voyages d’affaires et de la clientèle séminaires a soutenu les performances d’ensemble. Aux Etats-Unis, le revenu par chambre généré par les voyages de groupes s’est élevé de 9% pour le groupe IHG, tandis que celui de la clientèle d’affaires a progressé de 6%, contre un trimestre identique à 2025 pour le loisir. De la même manière, Accor a constaté que les segments les plus dynamiques lors du trimestre écoulé étaient la clientèle affaires individuelle en même temps que les groupes loisirs.

Même tendance pour Hilton qui a vu le RevPAR de la clientèle affaires individuelle progresser de 2,7 % sur le premier trimestre, « soit une hausse de 4 points de la demande par rapport au quatrième trimestre », et le RevPAR du segment groupes croître de 4,3 %, « tiré par les réunions d’entreprise et les congrès ». Une tendance que Christopher Nassetta voit d’ailleurs se poursuivre : « Pour l’année, nous continuons d’anticiper que le segment groupe tirera la croissance, suivi par les voyages d’affaires individuels et la clientèle loisirs ».

Du côté de Marriott, le revenu par chambre généré par les groupes s’est élevé de 5 %, aussi bien aux Etats-Unis et au Canada qu’au plan mondial. En parallèle, le RevPAR des voyageurs d’affaires individuels a progressé de 1% globalement, et de 2% outre-Atlantique, malgré un recul de la clientèle gouvernementale (-6%) compensé par une hausse tarifaire. « Le segment Groupes continue à être solide, et la clientèle affaires indiviuelle également, si on exclut le volet gouvernemental », a remarqué Anthony Capuano, PDG de Marriott.

Performances meilleures que prévues aux Etats-Unis au premier trimestre et accueil prochain de la coupe du monde outre-Atlantique, amélioration des performances en Chine : tout cela mis en ensemble – et malgré la situation dans le Golfe qui ne pèse au final que pour 3% des chambres du groupe américain comme des redevances perçues -, Marriott a même relevé ses perspectives de croissance pour l’année. Alors que l’hôtelier américain prévoyait une hausse de RevPAR comprise entre 1,5% et 2,5% précédemment, les perspectives de croissance ont été réhaussées dans une fourchette de +2% à +3%.