Le premier train à hydrogène en service en Allemagne

Alternative éco-responsable aux rames diesel, le premier train à hydrogène, conçu par Alstom, est mis en service dans la région de la Basse-Saxe en Allemagne.
Premier train à hydrogène à entrer en service commercial, le Coradia iLint d'Alstom circulera sur la ligne ferroviaire reliant Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude, en Allemagne.
Premier train à hydrogène à entrer en service commercial, le Coradia iLint d'Alstom circulera sur la ligne ferroviaire reliant Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude, en Allemagne.

C’est une première mondiale. L’Allemagne voit ces jours ci l’entrée en service des premiers trains à hydrogène, en l’occurrence le train régional Coradia iLint conçu par Alstom. Après deux an d’essais, cette innovation devient réalité sur la ligne ferroviaire reliant Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude, en Basse-Saxe. « Nous sommes très fiers de pouvoir porter cette technologie sur une exploitation commerciale« , a déclaré Henri Poupart-Lafarge, Président Directeur-Général d’Alstom.

Propulsées à l’aide de piles à combustible à hydrogène, n’émettant de la vapeur d’eau et de l’eau condensée, les trains Coradia iLint d’Alstom peuvent fonctionner toute une journée avec un seul plein et en roulant entre 80 et 120 km/h, avec des pointes de 140 km/h. Ayant une autonomie de 1 000 km, les trains seront rechargés quotidiennement à la station de recharge de la société Linde, à Bremervörde. Un site de ce spécialiste dans le domaine du gaz et de l’ingénierie qui comprend 64 réservoirs de stockage, six compresseurs à hydrogène et deux pompes à combustible.

Avec le remplacement progressif des 15 trains diesel par 14 rames construites par Alstom, cette ligne régionale, exploitée par la société evb en partenariat avec la société régionale de transports de la Basse-Saxe LNVG, deviendra la première ligne ferroviaire 100 % hydrogène au monde. « La mobilité zéro émission est l’un des objectifs les plus importants pour garantir un avenir durable et Alstom nourrit l’ambition claire de devenir le leader mondial des systèmes de propulsion décarbonés pour le rail« , a déclaré Henri Poupart-Lafarge, à l’occasion de ce lancement.

Proposer une alternative éco-responsable pour toutes ces lignes non encore électrifiées est d’ailleurs à la genèse du projet de ces premiers trains à hydrogène. Alors que 4 000 trains diesel circulent aujourd’hui en Allemagne, Alstom note que « malgré le nombre important de projets d’électrification réalisés dans différents pays, une grande partie du réseau ferroviaire européen ne sera pas électrifiée à long terme. »

Outre la Basse-Saxe, d’autres régions européennes se sont montrées intéressés par ce projet. Alstom a ainsi signé un autre contrat en Allemagne et 27 trains Coradia iLint devraient à terme circuler dans la région métropolitaine de Francfort. De même qu’en Italie, la Lombardie s’est porté acquéreuse de six trains d’autre modèle à hydrogène d’Alstom, le Coradia Stream. La France n’est pas à l’écart de ce mouvement puisque quatre régions – Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie – se partageront à l’horizon 2025 l’exploitation de 12 trains à hydrogène Coradia Polyvalent. Par ailleurs, le train Coradia iLint a également été testé dans d’autres pays, entre autres en Autriche, aux Pays-Bas, en Pologne et en Suède.