
L’activité de vos espaces de coworking est-elle affectée par le nouveau confinement ?
Alice Tortech – Elle est évidemment bien moindre qu’en temps normal. Mais, à la différence du premier confinement où l’activité était nulle, certains de nos résidents sont bien présents au sein de nos sites de coworking. En plus des locataires de bureaux privatifs, nous accueillons quotidiennement des télétravailleurs qui fréquentent nos espaces partagés ou réservent un bureau à la journée, notamment parce qu’ils ont eu un mauvais souvenir du premier confinement avec les enfants à côté, les bruits de machine, etc. Nous ressentons vraiment cette demande...
L’activité de vos espaces de coworking est-elle affectée par le nouveau confinement ?
Alice Tortech – Elle est évidemment bien moindre qu’en temps normal. Mais, à la différence du premier confinement où l’activité était nulle, certains de nos résidents sont bien présents au sein de nos sites de coworking. En plus des locataires de bureaux privatifs, nous accueillons quotidiennement des télétravailleurs qui fréquentent nos espaces partagés ou réservent un bureau à la journée, notamment parce qu’ils ont eu un mauvais souvenir du premier confinement avec les enfants à côté, les bruits de machine, etc. Nous ressentons vraiment cette demande pour venir télétravailler dans des tiers-lieux.
Quelles offres Startway propose-t-il aux télétravailleurs ?
A. T. – Nous avons développé plusieurs solutions avec des locations de bureaux à l’heure, au coût de 5 euros, et à la journée, pour 30 euros. Nous proposons aussi aux entreprises un système de crédits pour leurs salariés, afin qu’ils puissent utiliser nos espaces selon leurs besoins. En parallèle, nous avons aussi créé une offre innovante, baptisée Startway@Home, à partir de 25 euros par mois et sans engagement. A l’inverse du schéma classique, c’est nous qui nous déplaçons jusqu’au domicile du salarié pour leur livrer le nécessaire pour travailler à domicile. C’est-à-dire un bureau, une chaise ergonomique, en plus d’une assistance informatique, voire d’un ordinateur. Destinées aux salariés et aux indépendants contraints de travailler à la maison, cette offre se développe par bouche à oreille. C’est quelque chose qu’on ne retrouve pas chez nos concurrents et, en dehors de la sphère du coworking, ceux qui le font, notamment des plates-formes de location de mobilier, pratiquent des prix élevés. De notre côté, pour 25 euros par mois, nous proposons un environnement de travail de qualité, avec une table artisanale made in France et une chaise ergonomique Herman Miller par exemple.
En raison de la crise actuelle, certains de nos clients sont partis, mais d’autres arrivent à leur tour.
Revenons-en à votre coeur de métier. La crise actuelle est-elle d’une certaine manière favorable aux tiers-lieux de travail ?
A. T. – Bien sûr, en raison de la crise actuelle, certains de nos clients sont partis, mais d’autres arrivent à leur tour. Sans pour autant faire beaucoup de communication et de prospection, nous recevons en ce moment beaucoup de demandes pour nos bureaux privatifs, que ce soit de la part de grands groupes comme d’entreprises de taille plus petite. Certaines préparent la rentrée 2021 et quittent leurs bureaux pour venir chez nous. On l’a vu après le premier confinement : les gens ne veulent plus être enfermés dans un bail 3-6-9. Ce qu’on vend, c’est de l’ultra flexibilité et de l’ultra agilité. Selon leur croissance ou la baisse d’activité, nos clients peuvent faire évoluer le nombre de postes de travail sans perdre d’argent ou partir du jour au lendemain, puisqu’ils ne sont pas engagés. Avec ce qu’on traverse en ce moment, cette solution est tout à fait adaptée. La demande ne fait que croître. Nous avons aussi pas mal de réservations de salles pour des formations ou réunions de la part de sociétés dont les locaux ne peuvent pas permettre le respect de la distanciation physique.
Où en êtes-vous de votre développement ?
A. T. – Nous avons 34 lieux aujourd’hui après les récentes ouvertures du Startway Lille Grand Place et d’un autre espace en périphérie de Bordeaux, au Haillan. Parmi les prochains attendus, nous allons ouvrir un Startway à Nice en janvier 2021, un bel espace de 2 500 m2 avec beaucoup de postes de travail et d’open spaces. Suivra ensuite Marseille, en plus d’autres projets encours, notamment à Strasbourg et Grenoble. En 2021, nous allons aussi proposer pour la première fois un espace mêlant coworking et coliving à Arcachon, un projet sympa dans un ancien site postal et qui disposera de 5 chambres.
Vous continuez ainsi à tisser ces liens forts avec le monde postal ?
A. T. – En effet, cela fait partie de notre modèle. Poste Immo, la foncière du groupe La Poste, est entrée au capital de Startway, l’idée étant de valoriser le patrimoine et de transformer d’anciens bureaux de poste ou de centres de tri en espaces de coworking, dont nous devenons ensuite locataires. Nous sommes aussi en réflexion avec eux sur d’autres sujets comme la transformation des « villages La Poste ». Cependant, les propriétaires de nos lieux peuvent aussi être des indépendants comme c’est le cas dans le Sentier, à Paris, ou pour notre futur établissement attendu l’an prochain avenue de la Grande Armée. Ce sera notre plus grand et sans doute notre plus bel espace et qui, chose marrante, est justement situé… à coté d’une poste.
Quels sont vos objectifs de croissance ?
A. T. – Notre volonté est d’être présents dans tout type de lieu. Par exemple, à Paris, alors que nos concurrents privilégient tel et tel quartier ou arrondissement, nous avons 20 espaces, et ce aussi bien près des Champs-Elysées qu’à la porte de Saint-Ouen et Montmartre, à La Défense ou encore à Issy-les-Moulineaux et Feucherolles. Notre volonté est aussi d’être implantés dans toutes les métropoles régionales, mais aussi les villes secondaires comme c’est le cas à Poitiers. Une fois que nous serons bien positionnés en région, nous serons alors prêts pour aller à l’international. Comme vous le voyez, nous avons de grosses perspectives de développement pour les années à venir.
Qu’est-ce qui différencie l’offre de Startway de la concurrence ?
A. T. – Nos concurrents axent une partie de leur offre sur les services à la personne avec un pressing, un barbier, des cours de sport, selon le concept à l’américaine où tout est fait pour que le travailleur n’ait plus à sortir de son bureau. Avoir des baby-foot fera peut-être un jour partie de notre offre, mais notre valeur ajoutée, c’est avant tout l’écosystème que nous avons développé afin d’accompagner nos clients dans la croissance de leur business. Nous avons eu des clients proches de mettre la clé sous la porte et que nous avons aider à trouver des investisseurs. Au final, ça nous sert aussi, car on les fidélise en les aidant. Nous avons aussi mis en place un catalogue de partenaires dans 24 secteurs d’activité avec des avocats spécialisés en droit du travail, des spécialistes de la communication digitale, des experts comptables que nous pouvons mettre en relation avec nos résidents selon les besoins. On associe aussi nos clients à notre propre croissance, en leur apportant du business. L’un d’entre eux fournit par exemple les moquettes de tous nos espaces, tandis qu’un autre nous aide à équiper nos salles de réunions avec des solutions de visioconférence dernier cri.
Si les perspectives semblent propices au modèle des tiers-lieux de travail, qu’en est-il de la solidité de ses acteurs ?
A. T. – Le secteur du coworking est très concurrentiel. Certains acteurs n’ont pas tenu après le premier confinement, d’autres ont dû licencier. Nous, on est là, parce qu’on a un modèle intelligent. On fait attention à tout. Dans beaucoup d’espaces, vous trouvez du thé matcha, des fournitures à tous les étages, tout est gratuit. De notre côté, nous faisons payer le café à nos clients, certes pas très cher, 30 centimes. Mais on fait aussi en sorte d’être rentable pour ne pas avoir à mettre un jour nos clients dehors.





















