Interview : Jordy Staelen, Directeur Général de 3mundi France

Jordy Staelen, Directeur Général de 3mundi France, détaille la philosophie de l'agence de voyage d'affaires, ses ambitions, ses atouts, et sa vision du marché.
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Quelle est la spécificité de 3mundi ?

Jordy Staelen – 3mundi constitue la 3ème génération d’agence de voyage d’affaires, après celles du offline, puis dans les années 2000 la promesse de la technologie, censée résoudre la totalité des besoins des clients. Dix ans après, la technologie a effectivement bien pris en charge 80% de ces besoins, mais il reste 20% qui demeurent compliqués à prévoir. Nous avons pris le meilleur des deux générations précédentes, en intégrant les dernières technologies disponibles sur le marché, et en y ajoutant une touche humaine essentielle. Cela nous permet aujourd’hui de générer entre 20 et 25% d’économie sur l’aérien à l’international.
 
Il y a donc de la place pour un nouvel acteur dans le monde des TMC ?
 
J. S. – Nous avons la chance d’occuper une place qui est à mon sens idéale. Le gros du marché est « trusté » par les grands acteurs, qui ont de bonnes connaissances technologiques, mais dont la qualité de service n’est pas forcément florissante. C’est logique, puisqu’ils ont du muer du offline au online avec des conséquences en interne. Nous avons accès aux mêmes technologies que ces grandes TMC, tout en étant organisé avec une proximité qui rappelle celle des petites agences de quartier, cette qualité de service extrêmement importante pour nos clients. La technologie n’est qu’un moyen, pas un but.
 
Qui sont vos clients ?
 
J. S. – Quand nous sommes arrivés sur le marché, ce sont logiquement des start up qui nous ont fait confiance, mais nous avons signé notre premier grand compte au bout de six mois d’existence, et nous travaillons aujourd’hui avec des grands noms, notamment dans le domaine automobile.
 
Quels sont vos atouts pour séduire ces grands groupes ?
 
J. S. – La tendance est au « glocal », cet équilibre entre global et local. Les clients les plus matures ne cherchent plus à s’appuyer sur un prestataire unique à l’échelle mondiale. Ils veulent le meilleur dans chaque pays. Le travel manager peut ainsi s’appuyer sur des prestataires locaux de taille « medium », surmotivés pour le servir au mieux. Il n’y plus de logique à chercher une uniformité entre des entreprises en Chine, au Brésil et en France.
 
Quels sont vos objectifs en termes de croissance ?
 
J. S. – C’est simple : se multiplier par cinq en cinq ans. Ce n’est pas juste une ambition, nous allons le mettre en pratique. Etant donné notre carnet de commandes aujourd’hui, notre rentabilité et notre capacité d’investissement permise par la récente levée de fonds, l’objectif est logique.
 
Prévoyez de nouvelles ouvertures ?
 
J. S. – Nous avons plusieurs dossiers de rachats de structures de notre taille, et des ouvertures de bureaux au Luxembourg, en Belgique et aux Pays-Bas. Il s’agit là aussi de s’adapter aux spécificités du marché local. Les attentes de la clientèle sont distinctes, tout comme la façon de travailler et d’accompagner le client.
 
Comment envisagez-vous l’année 2013 ? Anticipez-vous une réduction des déplacements professionnels ?
 
J. S. – Celui qui arrête d’investir dans les déplacements professionnels signe une forte réduction de sa croissance. S’il ne se déplace pas, quelqu’un ira à sa place. Je ne crois donc pas à une diminution de nombre de déplacements, mais à une meilleure maîtrise grâce à des offres comme la notre, pour voyager autant à meilleur prix. Notre travail consiste à s’adapter à l’entreprise et à sa propre approche. C’est ce qui fait la valeur de notre solution : une compétence humaine qui a une capacité de jugement. La technologie ne peut pas répondre à tout, elle a ses limites. Tout comme les statistiques sans analyse ne servent à rien, c’est pourquoi notre prestation intègre un croisement des données, une vraie réflexion.
 
A quel point peut-on réduire les coûts du voyage d’affaires ?
 
J. S. – On ne peut pas demander à des voyageurs fréquents d’être en forme le matin aux réunions après 12 heures de vols en classe éco. C’est possible de façon occasionnelle, pas cinq fois par mois ou plus. Et finalement ce n’est pas rentable sur du long terme pour l’entreprise. Si le négociateur n’est pas en forme, l’entreprise perdra de l’argent. Ce n’est pas un très bon calcul. Je pense que l’on se dirige vers un compromis intelligent pour tout le monde, qui prend en compte le confort du voyageur de manière intéressée pour qu’il soit efficace, tout en ménageant les finances de l’entreprise.
 
Quels sont les prochains enjeux du voyage d’affaires ?
 
J. S. – Une véritable visibilité sur l’ensemble des dépenses liées au voyage d’affaires, et la gestion du MICE, puisque les deux aspects sont liés.
 
Intégrez-vous le MICE dans votre offre ?
 
J. S. – Nous travaillons en local avec des partenaires qui ont ce savoir-faire, et nous étudions dans la possibilité d’une croissance externe, via un rachat de société spécialisée dans le domaine, ou une création ex nihilo, avec une préférence pour un département MICE. Nous sommes très sollicités pour le MICE, pour appliquer notre valeur ajoutée en termes d’économie à ce secteur. Nous sommes très sensibles à cette demande. La vocation première de 3mundi reste la gestion et l’optimisation du voyage d’affaires, et nous souhaitons continuer à grandir, prendre des parts de marché sur ce secteur, en étant une alternative naturelle à nos confrères.