Italo veut concurrencer la DB en Allemagne en 2028

La compagnie ferroviaire privée Italo, appartenant à MSC, va commander 26 rames à Siemens avec le projet de connecter 18 villes allemandes dès la saison estivale 2028.
Italo ambitionne de connecter 18 villes allemandes en 2028, notamment sur les axes Munich-Cologne-Dortmund et Munich-Berlin-Hambourg.

Les invasions croisées se poursuivent en Europe dans le cadre de l’ouverture à la concurrence ferroviaire. Alors que la SNCF attaquera en 2027 le marché italien avec sa marque low cost Ouigo, la compagnie italienne Italo vient d’annoncer son intention de prendre pied en Allemagne en 2028 afin d’y concurrencer la Deutsche Bahn (DB). Le groupe NTV, qui contrôle Italon entend consacrer à ce projet pas moins de 3,6 milliards d’euros, dont 1,2 milliard pour la commande de 26 rames à grande vitesse.

Le reste de ce financement sera notamment consacré au lancement commercial, à la formation des personnels, aux aménagements dans les gares et à l’entretien des rames pendant 30 ans. Afin de s’adapter parfaitement au réseau allemand, Italo délaisse les rames Alstom actuellement utilisées sur le sol italien au profit de trains qui sortiront – comme ceux de la DB – des usines du groupe allemand Siemens. Leur couleur sera bleue, abandonnant le rouge de la livrée italienne.

Un calendrier serré d’ici à 2028

Gianbattista La Rocca, le directeur général d’Italo, a détaillé sa feuille de route dans le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore. Après avoir déjà créé une filiale allemande et décroché sa licence ferroviaire, la compagnie va entamer « la procédure pour obtenir les certificat de sécurité ». Et d’ajouter : « il est absolument nécessaire que d’ici mai le gestionnaire allemand de l’infrastructure ferroviaire nous donne un cadre clair, une partie des sillons et des espaces en gare dont nous avons besoin pour opérer le service ».

Afin de respecter son planning de lancement et de s’intercaler dans celui de fabrication de Siemens, la commande de 24 trains de type Velaro doit ensuite être signée avant fin juin, le contrat en cour de finalisation comportant une option sur 14 rames supplémentaires. « Cette échéance est non négociable car cela rallongerait considérablement les délais de livraison et rendrait le projet non viable industriellement », ajoute-t-il. NTV prévoit que l’arrivée d’Italo générera la création de 2 500 emplois directs et indirects en Allemagne.

Une tarification dynamique pour concurrencer le DB

Alors que la DB n’est pas au meilleur de sa forme outre-Rhin, Italo entend connecter 18 villes dès mi-2028 et s’attaquer aux lignes les plus fréquentées – et donc les plus lucratives – comme Munich-Cologne-Dortmund et Munich-Berlin-Hambourg. L’opérateur prévoit d’y conquérir rapidement des parts de marché grâce à des tarifs attractifs, yieldés selon l’offre et la demande. « Le marché allemand ressemble au marché italien avant l’ouverture à la concurrence, a déclaré Luca di Montezemolo, le président de NTV dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Depuis nos débuts en Italie, la concurrence a fait baisser les prix moyens de 40 %. Nous nous attendons à une dynamique similaire en Allemagne ».

Grâce à des liaisons fréquentes – une cinquantaine chaque jour -, à la qualité de son service (wifi, restauration…) et à une tarification flexible, Italo compte faire croître le marché de la grande vitesse ferroviaire en Allemagne qui dépasse aujourd’hui les 110 millions de passagers annuels. L’opérateur estime le potentiel de croissance à 40%.