
Réactualisé le 6 mars à 18h.
L’Autorité Italienne Garante de la Concurrence et du Marché (AGCM) ferroviaire vient de rendre un avis favorable pour la SNCF afin que le transporteur français bénéficie d’un accès équitable au marché de la grande vitesse en Italie. Après bien des tergiversations, Rete Ferroviaria Italiana (RFI), le gestionnaire du réseau filiale du groupe public Ferrovie dello Stato (FS), a accepté de s’y conformer et a accordé une première partie des sillons demandés par SNCF Voyages Italia, filiale de SNCF Voyageurs. Ce qui lui permettra de mener à bien son projet de lancement en Italie en 2027.
Pour faire circuler ses TGV, SNCF Voyageurs avait en effet signé un accord cadre d’une durée de 15 ans avec RFI, l’équivalent de SNCF Réseau de ce côté des Alpes, qui assure le développement, l’exploitation et la maintenance du réseau ferroviaire italien. Mais face à un blocage et pour obtenir les sillons désirés, la SNCF avait fait appel aux autorités de régulation italienne. En 2025, une enquête avait également été ouverte par l’autorité italienne de la concurrence à l’encontre de Ferrovie dello Stato, également la maison mère de Trenitalia, pour abus de position dominante.
Cette décision de l’AGCM ne constitue toutefois qu’une première étape pour la SNCF qui espère obtenir l’ensemble des sillons demandés. « Sans ce niveau minimal d’activité, la société ne dispose pas des conditions nécessaires pour justifier l’investissement et poursuivre ses opérations », prévient la compagnie française dans un communiqué. Elle revendique en outre « la certitude de pouvoir accéder aux installations de maintenance en Italie et d’obtenir l’homologation des trains ».
13 allers-retours par jour attendus à ce jour
Par la même occasion, la SNCF annonce que le début de ses opérations en Italie interviendra en septembre 2027. Soit un décalage d’un an sur le projet initial en raison des retards de livraison du TGV M dont les quatre premiers exemplaires ne devraient rouler en France que début juillet. Spécialement adaptées aux contraintes techniques des lignes à grande vitesse de la Botte, quinze rames à deux niveaux de ce « TGV du futur » construit par Alstom sont destinées à cette offensive sur le marché domestique italien. Une réponse notamment à l’arrivée de Trenitalia en France fin 2021. De quoi proposer à la clientèle pour commencer 13 allers-retours quotidiens, soit 9 A/R entre Turin/Milan/Rome et Naples et 4 A/R entre Turin et Venise.
« L’Italie représente un marché naturel et pertinent de plus de 56 millions de voyageurs par an pour la grande vitesse », justifie la SNCF. Avec le potentiel de faire voyager 10 millions de passagers par an, SVI desservira ainsi Turin, Milan, Brescia, Vérone, Padoue, Venise, Bologne, Florence, Rome et Naples. Le futur challenger se déclare toutefois ouvert « à la possibilité de desservir d’autres destinations, dont le sud de l’Italie, dès que les infrastructures le permettront ». Le réseau à grande vitesse italien compte actuellement un millier de kilomètres mais un prolongement est en cours au sud de Salerne, en Calabre, vers la Sicile.

Attaquer Trenitalia et Italo par les petits prix de Ouigo
Via SNCF Voyages Italia (SVI), SNCF Voyageurs va déployer sans surprise sa marque low cost Ouigo face à Trenitalia, l’opérateur national historique du groupe FS, et à NTV-Italo, second opérateur depuis 2012 qui détient une part de marché de 30% sur les liaisons Milan-Rome et dont la SNCF fut un temps actionnaire à hauteur de 20% [le groupe italo-suisse MSC en est aujourd’hui l’actionnaire principal à plus de 49%]. Avec ses futurs petits prix qui seront facilités par des coûts des péages ferroviaires bien moins élevés qu’en France, SVI espère faire la différence face aux offres actuelles plus classiques et atteindre une part de marché de 15% dès 2030. La SNCF entend ainsi réitéré le succès espagnol où Ouigo España a déjà capté 20% du marché et dégagé ses premiers bénéfices en 2025, quatre ans après son implantation..




















