
Comment se porte le trafic affaires de Lyria ?
Fabien Soulet – Après une période de reprise au second semestre 2021, Lyria a connu un trou d’air en décembre-janvier à cause de la cinquième vague de l’épidémie de Covid provoquée par le variant Omicron. La reprise est aujourd’hui vigoureuse, ce qui nous a convaincu de passer à l’offensive en reprogrammant 100 % de notre offre d’avant crise à compter du lundi 28 mars. Soit 17 allers-retours quotidiens et cadencés entre la France et la Suisse. Comme en 2019, cela représente une hausse de 30 % du nombre de places disponibles, soit 4 500 places supplémentaires et l’équivalent d’une trentaine de vols si l’on fait la comparaison avec l’aérien. Lyria a retrouvé 80 % de son trafic affaires début mars et sera au-delà en avril. Par comparaison, il atteignait déjà 85% en novembre dernier avant la vague Omicron.
Quelles sont les raisons de cette remontée de l’offre alors que le marché affaires n’a pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie ?
F. S. – Nous avons la conviction que le marché business est là et que le train a une carte à jouer dans cette reprise. La crise sanitaire a eu un effet paradoxal. Si Lyria a été affecté dans ses trafics, la pandémie a aussi renforcé les atouts compétitifs du train auprès de nos voyageurs professionnels. Le réflexe train est devenu essentiel, que ce soit pour les clients qui nous utilisaient déjà comme ceux qui nous ont testé durant la crise. Selon les chiffres diffusés par l’association Marco Polo, un think tank dédié aux déplacements professionnels, si Lyria s’est située en dessous du marché lors des périodes de restriction, notre compagnie superforme pendant les périodes de reprise. Lyria peut ainsi espérer retrouver rapidement son niveau de trafic affaires, voire le dépasser dès 2022 ou en 2023. D’autant que cette politique de l’offre va permettre d’accroître le nombre de voyageurs dans nos trains.
Lyria peut ainsi espérer retrouver rapidement son niveau de trafic affaires, voire le dépasser dès 2022 ou en 2023.
La question d’une mobilité durable joue-t-elle en votre faveur ?
F. S. – Il est évident que ce dynamisme actuel repose aussi sur les consignes des grandes entreprises dont la politique voyage, en lien avec leurs engagements RSE, consiste à privilégier le ferroviaire au détriment de l’avion sur les trajets de moins de 4h. Cette démarche est particulièrement visible en Suisse. J’insiste sur le fait que l’étude réalisée par le cabinet suisse Infras, publiée en 2021, a démontré que les émissions du train et de son environnement ferroviaire en général étaient, selon le parcours considéré, jusqu’à 20 fois moindre que l’avion. C’est important, car les entreprises demandent désormais des chiffres précis sur ce sujet, nos équipes étant d’ailleurs capables de fournir un bilan carbone personnalisé sur chaque desserte. Pour rappel, Lyria est en concurrence frontale avec l’aérien sur l’ensemble de ses routes, de Paris vers Genève, Bâle et Zurich. De 50 % de parts de marché en 2019, notre objectif est de prendre des parts supplémentaires et significatives dans les 12 prochains mois.

Des nouveautés sont-elles attendues en matière de services à bord ?
F. S. – Un saut qualitatif a déjà été réalisé avec l’utilisation de 15 rames TGV à deux étages et le retour de la Business 1ère depuis la rentrée 2021 sur nos différentes routes, du dimanche midi au vendredi soir. Cela permet de proposer à nos clients une homogénéité de service, toute la journée et quel que soit le train. Pour 195€ l’aller simple sur Paris-Genève par exemple, le voyageur d’affaires bénéficie notamment de l’accès à un espace dédié au sein du salon Grand Voyageur en gare de Paris-Lyon, d’un voyage confortable dans une voiture de 1ère classe, d’un repas ou d’une collation à bord selon l’heure du trajet et du wifi gratuit sur la totalité du parcours. Le temps utile passé à bord pour travailler constitue ainsi l’autre élément de la compétitivité du train face à l’aérien. Il représente 83 % du temps de trajet Lyria de porte-à-porte, contre 30 % pour un déplacement en avion.
Lyria a-t-elle mis en place des offres commerciales pour soutenir cette reprise ?
F. S. – Une importante activité commerciale a été maintenue durant toute la période Covid entre nos équipes BtoB et les entreprises. Les deux propositions lancées en 2019 à destination des entreprises sont toujours d’actualité : la première à destination des grands comptes, la seconde adaptée aux PME via des tarifs corporate concernant la 1ère comme la 2nde classe quelle que soit la taille de l’entreprise et son volume de voyages sur l’année.
Des voyages franco-suisses de moins de 4 heuresParis-Bâle : 6 A/R quotidiens en 3h04 |




















