Madère - Des jardins flottants sur l’Atlantique

Madère : des jardins flottants sur l’Atlantique

Un rocher volcanique perdu dans l’Atlantique, des fleurs en veux-tu en-voilà, une forêt primaire inscrite au patrimoine mondial, des petits ports, une capitale plus qu’attachante et un rien de vague à l’âme. Destination tropicale, mais intra-européenne, donc dans l’air du temps, Madère tire l’essentiel de ses revenus du tourisme, et ce n’est pas pour rien.

La terrasse du Reid’s Palace, sans doute un des lieux parmi les plus civilisés au monde ; parmi les plus nostalgiques aussi avec tous ces souvenirs de l’impératrice SIssi venue promener sa mélancolie dans “l’île au printemps éternel”.
La terrasse du Reid’s Palace, sans doute un des lieux parmi les plus civilisés au monde ; parmi les plus nostalgiques aussi avec tous ces souvenirs de l’impératrice SIssi venue promener sa mélancolie dans “l’île au printemps éternel”.

Reportage Serge Barret / Photos Alain Parinet

Une caravelle ! Il ne manquait plus que cela pour parfaire la magie du tableau offert par ce monde battu par les vagues du Haut Atlantique. Une caravelle ! Par excellence le vaisseau de tous les fantasmes, un bateau mal fichu – grand château arrière et pas grand-chose devant –, mais un bateau véhiculant, côté grand départ et vrai mystère, une grosse partie de l’imaginaire collectif. Pour l’instant, elle passe, cette caravelle, sous la falaise et les jardins foisonnants de l’autre mythe de Madère qu’est le Reid’s Palace. En fait, il s’agit de la reproduction fidèle de la Santa Maria de Christophe Colomb avec laquelle, partant vers un mystérieux infini, il traversa l’Atlantique en 1492 ; guère plus qu’une grosse barque, guère moins qu’un chalutier et reproduite à l’identique pour représenter Madère lors de l’exposition universelle à Lisbonne, en 1998.

Et pourquoi donc Madère ? Parce que Christophe Colomb vécut quelques années sur Porto Santo, une petite île frangée de sable blanc au large de l’archipel portugais, et y convola même en justes noces avec la fille du gouverneur. Maintenant, cette reproduction promène les touristes au large de Funchal, la capitale, pour quelques heures de croisière festive avec équipage costumé et perroquet vociférant. Mais aussi, et dans ce cas privatisée, des groupes corporate en mal de fantasmes de grande aventure.

Surgie de l’océan il y a vingt millions d’années à grands coups d’éruptions et d’écoulements de laves, l’île de Madère présente une côte rythmée de falaises parmi les plus hautes du monde. Laissant peu de place aux longues plages de sable fin, ce paysage minéral et sauvage se destine plus aux marcheurs qu’au farniente. Car, dans son intérieur, l’île offre aux amateurs de grande nature une multitude de chemins de randonnée entre sommets abrupts et vallées florissantes.
Surgie de l’océan il y a vingt millions d’années à grands coups d’éruptions et d’écoulements de laves, l’île de Madère présente une côte rythmée de falaises parmi les plus hautes du monde. Laissant peu de place aux longues plages de sable fin, ce paysage minéral et sauvage se destine plus aux marcheurs qu’au farniente. Car, dans son intérieur, l’île offre aux amateurs de grande nature une multitude de chemins de randonnée entre sommets abrupts et vallées florissantes.

C’est curieux d’ailleurs, cette impression d’isolement atlantique portant un regard vers un ailleurs d’Amérique. C’est un peu comme aux Açores – qui appartiennent aussi au grand archipel de Macaronésie avec Madère, les Canaries et le Cap Vert – où ce sentiment est même encore plus fort. Mais ce n’est après tout qu’un sentiment, et sans doute dû au fait que ces îles-là ne sont au fond que de gros rochers battus par les flots ; loin, très loin de l’Europe en général et du Portugal en particulier.

Un Portugal pourtant partout présent dans l’histoire de l’île, à commencer par sa découverte tardive en 1419. Et encore le fut-elle au hasard d’une tempête par les navigateurs Joao Gonçalves Zarco et Tristao Vaz Teixeira. à continuer par les premiers colons portugais qui firent des merveilles avec, il faut le dire, l’aide d’esclaves capturés en Afrique ou de Guanches, le peuple autochtone des Canaries, arrachés à leurs îles. Défrichement, canne à sucre, vignobles, élevage, création de villages, construction d’églises et percement de chemins pavés dans le chaos d’un relief véritablement accidenté. Il y avait aussi pas mal d’aventuriers et de grands découvreurs en escale. Et inévitablement la violence des pirates qui n’y allèrent pas de main morte dans le coin…

Madère appartint dans un premier temps à la couronne du Portugal, avant de passer aux mains des Espagnols (1582-1640) puis, avec l’indépendance du Portugal retrouvée, de hisser à nouveau son drapeau. Puis ce fut au tour des Anglais, qui, à la faveur d’un mariage royal entre une dame Bragance et Charles II d’Angleterre, virent dans Madère une excellente plaque tournante commerciale entre l’Europe, l’Afrique, les Amériques et même l’Inde. Presque toutes les sociétés de négoce de vin et d’artisanat, l’osier par exemple, étaient anglaises à l’époque.

Mais, à part quelques traditions comme le tea time imperturbablement respecté par les grands hôtels, c’est indéniablement le Portugal que l’on retrouve partout aujourd’hui. Avec du style manuélin, des pavés noirs et blancs sur les trottoirs de Funchal dans la veine de ceux de Lisbonne, des azulejos sur les murs des couvents, mais aussi dans la rue, en version plus populaire, comme par exemple, tout à côté du Teatro Municipal Baltazar de Funchal, ceux du Ritz, autrefois l’un des cafés les plus chics de la capitale et aujourd’hui une pâtisserie-salon de thé.

Des pavés noirs et blancs comme à Lisbonne, des azulejos, des caves produisant un vin aussi réputé que celui de Porto : Funchal décline un art de vivre typiquement portugais mâtiné de douceur tropicale.

De fait, ces derniers présentent, dans une sublime déclinaison de bleus, les us et coutumes de l’île avec une vision certes un peu folklorique, mais néanmoins édifiante. Sont donc présentes des scènes enjolivées de vendanges, d’autres de vannerie, de dentellières à l’ouvrage, mais aussi de curieux chars à bœufs posés sur des patins de bois ou bien encore des élégantes se faisant promener en hamac, façon palanquin. On verra plus tard que ce mode de transport, à connotation un brin esclavagiste, était autrefois couramment utilisé, le relief de la ville et de l’île en général étant particulièrement assassin aux jambes menues.

Sur les murs du café Ritz, des azulejos racontent les spécificités de l’île, la vannerie, les vendanges et les promenades en hamac des dames d’autrefois.
Sur les murs du café Ritz, des azulejos racontent les spécificités de l’île, la vannerie, les vendanges et les promenades en hamac des dames d’autrefois.

Cette ville, Funchal donc, on la découvrira dans son histoire lors d’un food tour organisé par Wine Tours Madeira – c’est particulièrement prisé par les groupes corporate, les food tours – à tout point de vue fort enrichissant. En calories notamment. Rendez-vous donc sous les jacarandas de l’avenida Arriaga, autrement dit les Champs-Élysées de Funchal, après une rapide visite de la cathédrale du XVe siècle, aussi austère à l’extérieur que richement ouvragée à l’intérieur, particulièrement son plafond de cèdre à caissons et surtout son maître-autel et ses dix panneaux de peinture flamande. Pourtant, très vite, il faut quitter le sacré pour très sérieusement s’attaquer aux nourritures terrestres avec, à quelques pas, une première halte à Made in Madera.

Depuis 120 ans, la Fabrica Santo Antonio se plaît à proposer de délicieux biscuits secs au sucre de canne ou au miel. Une des étapes clés des food tours, entre deux dégustations de vin.
Depuis 120 ans, la Fabrica Santo Antonio se plaît à proposer de délicieux biscuits secs au sucre de canne ou au miel. Une des étapes clés des food tours, entre deux dégustations de vin.
Le Blandy’s Wine Lodge, pour tout savoir sur la production du célèbre vin de Madère et le déguster dans l’une des plus belles caves de l’île.
Le Blandy’s Wine Lodge, pour tout savoir sur la production du célèbre vin de Madère et le déguster dans l’une des plus belles caves de l’île.

Il est 9 h 30 du matin, et crac ! Tout de suite un généreux verre de vin blanc “Barbusano 2012” que l’on accompagne tout de même de crostini au fromage frais. Puis on enchaîne direct par un tour chez Blandy’s Wine Lodge, l’une des plus fameuses et des plus belles caves de Madère. Visite des chais bien sûr, explications sur le procédé de fabrication, et crac ! Dégustation ! Un Madère blanc et un Madère rouge… Il est 10 h du matin. Le temps donc de passer au chocolat avec une halte dans l’une des meilleures chocolateries de l’île, Uau Cacau, aux mains d’un jeune talent très prometteur, Tony Fernandes. Puis c’est la Fabrica Santo Antonio, une maison historique produisant des gâteaux secs à se damner et qui fait courir toute la ville. Et ainsi de suite, y compris une visite du marché central, le mercado dos Lavradores

Bon an mal an, on s’arrêtera ainsi dans une dizaine d’établissements, dont un restaurant pour un déjeuner traditionnel fait de thon et de porc mariné, le tout arrosé – et crac ! – de bière locale, que l’on fera suivre dans la foulée par un autre établissement pour – et crac ! – un poncha tradicional, lequel ressemble à s’y méprendre au punch antillais et fait fureur à Madère… à 14 heures, après un délicieux sandwich au sabre noir en face du marché, au cas où on aurait encore faim, le tour est fini… On en vient presque à regretter le coup du hamac vu plus haut, sur les azulejos du Ritz…

Toujours est-il, qu’entre les anecdotes et les faits historiques racontés par la guide, on aura en même temps découvert le charme de la vieille ville, minuscule, avec des maisons basses, des balcons d’où l’on respire le vent du large, des ruelles à petits galets ronds et noirs, ceux-là mêmes sur lesquels glissaient les traîneaux des chars à bœufs. Et toutes ces échoppes, ces bistrots à l’ancienne qui préfigurent la flopée de restaurants à touristes de la rua Santa Maria, mais aussi des terrasses de café esseulées qui se font tout à fait populaires du côté des murs jaune d‘or du fort qui clôt ce quartier historique… La végétation aussi, partout présente, couvrant le moindre bout de jardin, le plus petit mètre carré de terre laissé libre de construction.

Simple d’extérieur, la cathédrale de Funchal dévoile un intérieur richement décoré avec ses plafonds peints en caissons de cèdre ciselé et un remarquable retable de l’école flamande.
Simple d’extérieur, la cathédrale de Funchal dévoile un intérieur richement décoré avec ses plafonds peints en caissons de cèdre ciselé et un remarquable retable de l’école flamande.

Mais cela, l’extraordinaire foisonnement végétal de Funchal, on le retrouvera encore plus sûrement dans la ville haute, sautant par-dessus les murs d’enceinte des maisons, dégringolant de leurs balcons, s’appropriant l’environnement des églises ; tout ce vert omniprésent, on le respirera encore mieux en escaladant, c’est le mot, les rues de cette ville-amphithéâtre qui ne garde d’à-peu-près plat que le quartier historique et celui du port. À tel point que les voitures peinent parfois à monter en première…

Du coup, la municipalité a construit un téléphérique partant des bords de mer pour s’envoler sur 3 173 mètres, là-haut, tout là-haut, jusqu’à la ravissante église Nossa Senhora do Monte – en basalte et chaux blanche comme de tradition – et aux fabuleux jardins do Monte Palace, exotiques au-delà de l’imagination, dans le quartier où vivaient autrefois les Anglais en villégiature, mais aussi le dernier empereur d’Autriche, Charles Ier et son épouse Zita, alors en exil.

Quant à la redescente, c’est unique au monde, et cela fait partie des expériences urbaines les plus ébouriffantes qu’il soit possible de faire. Cela donne des paniers d’osier de deux ou trois places fixés sur des patins qui descendent, guidés par deux solides gaillards à canotier et tout de blanc vêtus, à une vitesse folle les ruelles fort pentues de la ville haute. Deux kilomètres et une dizaine de minutes comme ça, avec le bruit des patins frottant sur le bitume, quelques voitures croisées sur la fin du parcours et des virages serrés pris en chassé – parfois bien chassé – qui valent bien ceux de certains manèges de fête foraine. La façon n’est pas nouvelle, puisqu’utilisée comme moyen de transport par les classes privilégiées au début du siècle dernier. Et comme dans presque tous les lieux historiques, de vieilles photos noir et blanc exposées en bas des marches de l’église, et montrant messieurs chapeautés et dames derechef, en attestent. Tout de même, les moins téméraires peuvent toujours reprendre le téléphérique, voire le taxi ou même le bus. Mais clairement, c‘est quand même beaucoup moins amusant.

Le gotha européen tomba sous le charme de l’île à la fin du XIXe siècle. Madère est alors devenue un lieu de rendez-vous mondain, très apprécié par la gentry britannique notamment. Un chic qui se prolonge encore aujourd’hui, en particulier au Reid’s Palace à l’heure de l’afternoon tea.

Après cela, il ne reste plus qu’à découvrir l’ouest de la ville, là où sont placés presque tous les grands hôtels dont le fameux Reid’s et son poids de nostalgie, puisqu’il accueillit lors de son second voyage et pendant quelques mois, l’impératrice d’Autriche, Élisabeth, plus connue sous le nom de Sissi, venue à Madère soigner sa tuberculose, et plus certainement encore son incommensurable mélancolie. Sa statue, presque quotidiennement fleurie, trône aujourd’hui en lieu et place de la quinta qu’elle loua lors de son premier séjour, juste devant le casino et l’hôtel construits par le grand architecte brésilien Oscar Niemeyer, et qui ressemble fort à la cathédrale de Brasilia. En fait, en s’installant à Madère, Sissi ne faisait que suivre la mode lancée par l’aristocratie et la grande bourgeoisie anglaise et qui consistait à passer l’hiver et profiter de la qualité de l’air de “l’île aux fleurs”, celle de “l’éternel printemps”.

Bordées toutes deux par les grands complexes hôteliers, anciens et récents, l’avenida Do Infante prolongée par l’estrada Monumental conduit droit aux portes de la cité, et donc à l’aventure des routes à lacets des bords de mer qui ne rechignent jamais au virage serré, notamment celle qui mène à l’un des plus jolis petits ports de Madère, Camara de Lobos, à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Funchal. Tout y est : une plage de galets noirs faisant office de port au fond d’une crique, des bateaux peinturlurés en attente de départ pour la pêche, des maisons blanches serrées les unes contre les autres, quelques bistrots et restaurants. Mais aussi, en haut de la falaise surplombant le tout, une Churchill’s Place, aujourd’hui un restaurant, qui signale le lieu où le grand monsieur peignait ses paysages marins dans les années 50.

Commerçants et connaisseurs, les Anglais sont tombés amoureux du micro climat de Madère, et plus encore de son vin. Venu y soigner une mauvaise grippe dans les années 50, Winston Churchill aimait à peindre le charme du petit port de Camara de Lobos et ses barques colorées.
Commerçants et connaisseurs, les Anglais sont tombés amoureux du micro climat de Madère, et plus encore de son vin. Venu y soigner une mauvaise grippe dans les années 50, Winston Churchill aimait à peindre le charme du petit port de Camara de Lobos et ses barques colorées.
À l’initiative de la municipalité, des artistes ont redécoré les portes des échoppes et cafés de la plus ancienne artère de la ville, la rue Santa Maria, tracée en 1430.
À l’initiative de la municipalité, des artistes ont redécoré les portes des échoppes et cafés de la plus ancienne artère de la ville, la rue Santa Maria, tracée en 1430.

De là, départ plein nord, en 4×4 obligatoirement, car l’itinéraire choisi emprunte l’ancienne voie, dite “route royale”, la toute première à traverser l’île du nord au sud en passant par le centre. Une expérience ! D’abord, c’est une toute petite route à peu près normale, qui grimpe le long de la colline. Elle est bordée de potagers pleins de santé où poussent à peu près tous les légumes de la terre. Des bananiers aussi, des milliers de bananiers comme partout dans l’île d’ailleurs, quelques plants de vigne parfois, des paysans à la tâche et des petites maisons chaulées à tuiles rouges. Le tout est cultivé en terrasses, encore une tradition à Madère, car la pente des montagnes ne fait pas vraiment dans la douceur.

Et puis c’est la vieille route elle-même. En fait, plutôt un chemin creux bordé de fougères, cahotant sur ses anciens pavés aujourd’hui défoncés, bourré d’ornières dont seul un 4×4 peut effectivement s’extraire. Le tout dans une forêt d’eucalyptus qui embaument, s’éclaircissant parfois pour laisser entrevoir des précipices vertigineux. Quelle montée ! On comprend pourquoi les privilégiés préféraient emprunter le hamac, laissant la peine aux paysans porteurs nettement plus costauds qu’eux.

Entre pitons rocheux, vallées sinueuses et côtes découpées, le relief tourmenté de l’île est adouci par un foisonnement végétal, tantôt resté à l’état sauvage, tantôt sophistiqué dans de sublimes jardins couverts de toutes les fleurs de la création.

Soudain, en haut d’une côte, c’est un tout autre paysage qui se propose. Un plateau à genêts et ajoncs battus par les vents où paissent des troupeaux de vaches, et qui a la particularité d’accueillir la seule vraie et longue route en ligne droite. Elle traverse, cette route, une forêt de lauriers, endémiques à Madère, et classée au patrimoine de l’UNESCO. La plupart du temps, elle est emberlificotée dans ses nuages, voilée de nappes de brume tellement humides que les mousses et les fougères parasitent les branches des arbres plus que centenaires. Puis, presque à regret, c’est la redescente vers la côte nord, et la surprise d’un autre site remarquable, une aire de piscines naturelles aménagées en plages joliment cimentées, tantôt submergées par l’écume des grosses vagues de l’océan, tantôt laissées totalement à l’air libre. C’est très amusant, quoiqu’un peu trop fréquenté en saison.

Une terre volcanique fertile, mais des pentes escarpées : la culture des bananes et de la vigne s’est organisée en terrasses, l’intérieur de l’île étant couvert d’une succession de restanques verdoyantes.
Une terre volcanique fertile, mais des pentes escarpées : la culture des bananes et de la vigne s’est organisée en terrasses, l’intérieur de l’île étant couvert d’une succession de restanques verdoyantes.

Et puis c’est le retour vers Funchal, qui n’est pas très éloignée à vol d’oiseau, l’île ne faisant que 57 km de long sur 22 km de large. Mais alors, quel périple ! Virage sur virage, tunnel sur tunnel, côtes sur descentes, vallées sur précipices, surplomb d’océan et traversée de villages agrippés à la montagne. Les routes sont fantastiques à Madère. Et qui plus est, bordées de lignes de fleurs, des hortensias ou des boutons d’or géants, des mimosas et des vipérines, voire des géraniums ou des agapanthes ; au total, on a même recensé 165 espèces exclusivement madériennes. Car il y en a partout sur cette île, des fleurs. Tant et tant qu’il est impossible de les identifier si l’on n’est pas… au moins docteur en horticulture. Les fleuristes l’ont bien compris, qui préparent, la veille des départs, de grands bouquets à destination des touristes en partance. Des oiseaux de paradis, surtout. Qui sont aussi les fleurs symbole de l’île et qui durent tout un mois en vase. Le temps nécessaire aux souvenirs de s’estomper.

Du bobsleigh sous les tropiques. C’est la sensation forte qui attend les touristes pour redescendre de Monte, dévalant la pente à toute vitesse dans des traîneaux en osier guidés par des carreiros.
Du bobsleigh sous les tropiques. C’est la sensation forte qui attend les touristes pour redescendre de Monte, dévalant la pente à toute vitesse dans des traîneaux en osier guidés par des carreiros.
Des lauriers à perte de vue comme ceux qui recouvraient une bonne partie du sud de l’Europe il y a 15 millions d’années : Madère abrite la plus grande forêt primaire laurifère au monde. Un conservatoire de la biodiversité le plus souvent couvert de brume.
Des lauriers à perte de vue comme ceux qui recouvraient une bonne partie du sud de l’Europe il y a 15 millions d’années : Madère abrite la plus grande forêt primaire laurifère au monde. Un conservatoire de la biodiversité le plus souvent couvert de brume.

Madère - Des jardins flottants sur l’Atlantique