Minor Hotels : des ambitions mondiales

Minor Hotels multiplie les ouvertures emblématiques à travers ses douze enseignes. Un déploiement mondial qui inclut aussi la rénovation de ses trois hôtels parisiens, vitrine française du groupe.
Le NH Collection Paris Ponthieu Champs-Élysées, un des trois établissements parisiens de Minor Hotels.
Le NH Collection Paris Ponthieu Champs-Élysées, un des trois établissements parisiens de Minor Hotels.

Après la passe de trois, la transformation. Si Minor Hotels avait fait ses débuts à Paris juste avant les JO de 2024 grâce à la reprise de trois établissements, le groupe thaïlandais, propriétaire de NH Hotels depuis 2018, a offert un coup de jeune à toutes ces adresses. Ouvert sous la marque NH, l’ex hôtel Beauchamps était déjà monté en gamme en fin d’année dernière pour faire partie de l’enseigne premium NH Collection. Un positionnement en accord avec sa situation privilégiée – rue de Ponthieu, à deux pas des Champs Elysées – comme avec son offre de 90 chambres repensées de façon élégante et contemporaine.

Pour suivre cette évolution, la rénovation des deux autres hôtels vient d’être achevée. Dans ce cadre, installé dans un immeuble haussmannien rue Lafayette, le NH Paris Opéra Faubourg – un ex Best Western – propose aujourd’hui 101 chambres et suites, dont certaines avec balcon, en plus d’un bar dans son lobby, le tout dans son nouveau cadre inspiré du style des années 50-60. De son côté, également hébergé dans un immeuble emblématique de l’architecture parisienne du XIXᵉ siècle, le NH Paris Gare de l’Est – un ex Holiday Inn – fait face au terminus des TGV venant de l’Est de la France, et plus loin d’Allemagne ou du Luxembourg. En attendant l’arrivée l’an prochain du CDG Express.

Cette localisation pratique pour les voyageurs d’affaires – d’autant que la gare du Nord est aussi à quelques minutes à pied – donne une dimension business à l’hôtel, doté de cinq salles de réunion aux configurations flexibles. Et avec vue sur la gare. Ce lien avec l’univers ferroviaire n’est pas que visuel. Il se retrouve aussi dans le nouveau concept d’intérieur, les 207 chambres étant agrémentée de clins d’œil graphiques à l’histoire de la gare et aux grands trajets européens.

Des ambitions en France pour Minor

Les premiers pas de Minor Hotels dans la capitale en appellent-ils d’autres ? C’est naturellement un des objectifs du groupe, que ce soit à Paris comme dans toute la France. Actuellement, Minor compte neuf hôtels dans l’Hexagone : un NH Collection et un Nhow à Marseille, le luxueux Anantara Plaza et un NH Hotel à Nice, en plus d’autres NH Hotels près des aéroports de Lyon et Toulouse. Mais, avec une couverture mondiale forte de plus de 640 établissements, 34 millions de membres pour son programme de fidélité et maintenant 12 enseignes allant de l’économique, le groupe Minor estime avoir des arguments pour convaincre les propriétaires de rejoindre son portefeuille, par exemple en alternative aux enseignes du groupe Accor.

« La situation est comparable à celle qu’on vit à Madrid, où il y a 28 hôtels NH. Un propriétaire madrilène qui veut se différencier pourrait avoir envie de choisir une enseigne Accor. C’est exactement la même logique en France, explique Irene Fernandez, VP Communication de Minor Hotels Europe & Amériques. Nous pouvons offrir une alternative qui apporte une valeur ajoutée différente, une expérience et des marques distinctes ». Et plus encore depuis le lancement des enseignes Colbert Collection sur le haut de gamme et iStay by NH sur le segment économique, qu’Irene Fernandez verrait bien arriver en France un jour ou l’autre.

En effet, Minor Hotels étant encore propriétaire ou locataire de plus de 80% de ses établissements, le groupe entend glisser vers un modèle asset light, ou en tout cas asset right. A ces fins, alors que la conversion d’hôtels existants est une tendance de fond du développement hôtelier, Minor a dévoilé l’année dernière quatre nouvelles enseignes destinées à la franchise et l’adhésion d’hôtels indépendants ou de petits groupes familiaux. En l’occurrence iStay by NH, qui a fait ses débuts en Espagne avec la conversion d’anciens hôtels NH à Valence et Saragosse et qui apparaîtra bientôt à Amsterdam, Berlin et Bruxelles, tandis qu’à l’autre bout du spectre, la Minor Reserve Collection entend regrouper des hôtels de luxe, notamment l’Aventora Resort Baía Formosa, attendu en 2028 au Brésil, sa première signature.

En parallèle, alors que le groupe Minor est un des grands acteurs de la restauration de chaîne dans la région Asie-Pacifique, mais aussi au Royaume-Uni, Minor a voulu donner une déclinaison hôtelière à deux de ses tables londoniennes. Jouant l’héritage de la brasserie Art déco The Wolseley, à Piccadilly, la marque The Wolseley Hotels se positionne sur une offre restreinte d’hôtels exclusifs dans quelques grandes destinations mondiales, que ce soit en Europe, en Asie, au Moyen-Orient ou en Amérique du Nord. A New York notamment où le premier hôtel de l’enseigne ouvrira ses portes en début d’année prochaine dans ce qui fut autrefois le Lambs Club.

Du luxe de Londres à New York

Situé à quelques pas de Bryant Park, au cœur de Manhattan, le bâtiment classé conçu dans les années 1900 pour accueillir l’élite culturelle new-yorkaise est devenu un hôtel dans les années 2000, le Chatwal, jusqu’ici membre de l’Unbound Collection de Hyatt et qui va interpréter son futur en mode « Minor ». Pour ses nouveaux débuts, le Wolseley Hotel New York proposera 76 chambres et suites, un bar speakeasy et, naturellement, un restaurant.

The Wolseley Hotel New York.
The Wolseley Hotel New York.

En parallèle, un autre restaurant, le bistrot londonien Colbert, qui revisite les grands cafés parisiens dans le quartier de Chelsea, a servi de pierre de fondation à une nouvelle marque haut de gamme dont les débuts sont annoncés au printemps 2026 en Italie, à Florence, en plus de projets bien avancés à Madrid, à Londres ou en Autriche. De par son accent porté sur la gastronomie, Irene Fernandez voit pour la Colbert Collection « de formidables opportunités, comme pour I Stay d’ailleurs. Le marché compte beaucoup de petits et moyens hôtels à propriétaires indépendants qui souhaitent conserver leur nom et leur identité, mais qui peuvent bénéficier de notre écosystème. »

Mais la France n’est pas, loin de là, le seul terrain de jeu de Minor en Europe et dans le monde. L’an dernier, le groupe thaïlandais a atteint son record en signant 40 nouveaux contrats, une dynamique qui se poursuit cette année. Si l’acquisition du groupe NH lui a donné une assise forte en Europe, qui représente actuellement plus de la moitié de son offre, Minor axe son développement sur un rééquilibrage de son portefeuille à l’échelle mondiale. Ce qui s’est traduit par la conclusion d’une coentreprise avec Royal Holdings au Japon, portant sur une vingtaine d’établissements à ouvrir d’ici 2035, et d’un autre joint-venture en Égypte avec Sunrise Resorts & Cruises visant au développement de 50 établissements sur la prochaine décennie.

Toujours en Afrique, si Minor y compte une marque de luxe axée sur les safaris, l’Elewana Collection, le groupe se prépare aussi à une expansion dans les métropoles du continent. Suivant le succès du NH Johannesburg Sandton, un NH Collection ouvrira en 2030 à Accra, au Ghana, en plus d’un resort NH Collection disposant d’installations MICE sur l’île de Pemba en Tanzanie.

Pour autant, l’Europe n’est pas oubliée dans ce programme d’ouvertures. Parmi les plus marquantes, récentes ou à venir, la NH Collection s’est installée, à la suite de la transformation et montée en gamme d’anciens hôtels NH, à Gand et à Cordoue, ce dernier au sein d’un palais du XVIIIe siècle au cœur du quartier juif classé à l’Unesco et proche de la Mosquée-Cathédrale. Et cela, avant les ouvertures prévues cet été d’hôtels à Ibiza et à Marbella, lui aussi issu d’un ancien NH entièrement transformé.

Nouvelles adresses de Milan à Rome en passant par Porto

De son côté, la marque de luxe Tivoli verra ses projets à Oman et Bahrein sans doute repoussés à la suite des événements actuels. Mais cette enseigne d’origine portugaise, rachetée par Minor en 2016, travaille à la rénovation du Tivoli Coimbra qui passera en cinq étoiles cette année. Du côté des nouveautés, la marque s’est installée l’an dernier avec le Tivoli Kopke Porto Gaia dans l’une des plus anciennes maisons de vins de Porto, ajoutant un lieu unique pour des réunions et réceptions avec 10 salles événementielles et 9000 m² de jardins en guise de terrain de jeu.

Mais son futur s’oriente cette année vers l’Italie. En plus d’un boutique hôtel de 57 chambres attendu dans les Pouilles, avec vue sur la cathédrale de Lecce, la marque offrira au groupe Minor « une de ses ouvertures les plus importantes de l’année », souligne Luis Hernandez, directeur de la communication de Minor Hotels Europe & Amériques pour l’Europe du Sud. Attendu au mois d’avril à cinq minutes à pied du Duomo, ce nouveau cinq étoiles disposera de 239 chambres, dont 60 suites et 6 suites Duomo avec vue sur la cathédrale, mais aussi un spa et un restaurant conduit par un chef réputé. A noter que sa suite présidentielle, de 145 m² et attenante au rooftop, pourra accueillir des réunions et événements d’une cinquantaine de personnes.

Toujours en Italie et concernant le MICE, un hôtel de plus grande envergure s’est ajouté à l’offre de Minor Hotels en septembre dernier : le Nhow Rome. Car, sous ses airs disruptifs, avec ses hôtels contemporains conçus par des architectes et designers renommés tels Matteo Thun, Rem Koolhaas ou Karim Rashid, cette marque lifestyle est aussi et surtout orientée sur le tourisme d’affaires, avec des hôtes de grande capacité. « Les Nhow sont généralement implantés en périphérie des centres-villes, à proximité de palais des congrès. Ce qui en fait des destinations idéales pour des séminaires d’entreprise créatifs », décrit Yaiza Cardo, en charge des relations presse, en prenant en exemple le Nhow RAI Amsterdam, doté de 650 chambres et de grands espaces MICE.

En ce sens, « Rome est un cas particulier », note Yaiza Cardo. Non par sa capacité – 260 chambres -, ni par son offre MICE – avec 10 salles de réunion peuvent accueillir jusqu’à 375 personnes -, ni même par son côté fun avec des ascenseurs qui peuvent se transformer en karaoké ou son design mêlant l’histoire romaine et esthétique contemporaine, mais par sa localisation. En plein cœur de la capitale italienne, sur le Corso d’Italie, à deux pas des jardins de la Villa Borghese et de la via Veneto. Une ouverture phare qui s’ajoute à celle d’un premier hôtel Nhow sur le continent américain, à Lima, dans le quartier de Miraflores. De la couleur, beaucoup de couleurs dans un décor inspiré de la culture péruvienne comme de la culture pop, un bar sur le toit-terrasse, 243 chambres, sept salles de conférence et quatre salles de réunion : les fondamentaux de la marque ne changent pas d’un côté ou l’autre de l’Atlantique.