Nantes Atlantique, star du transport aérien français

L’aéroport de Nantes est le plus dynamique de toute la France enregistrant plus forte croissance de trafic passagers parmi tous les aéroports de région. Une activité à mettre en parallèle avec la polémique qui continue de tourner autour de la future plate-forme du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes.

Francis Vigouroux DR
L'aéroport de Nantes enregistre une croissance record de son trafic (photo Francis Vigouroux)

L’actuel aéroport de Nantes accueillait en 1988 – il y a un peu plus de 25 ans – seulement un million de passagers. Il a fallu attendre 2005 pour voir atteint le cap des deux millions de voyageurs. Depuis cette date, en l’espace d’une décennie, Nantes a multiplié son trafic par 2,5. L’an passé, l’aéroport géré par Vinci a enregistré près de 4,4 millions de voyageurs, un trafic en hausse de 5,7% par rapport à 2014. Et 2016 devrait voir un nouveau record établi pour la plate-forme nantaise, avec un trafic qui dépassera a priori les 4,8 millions de passagers, soit une hausse de plus de 8% par rapport à l’année 2015.

De fait, Nantes connaît la plus forte hausse de trafic en France après Lyon (+9,2% sur les onze premiers mois), selon les chiffres de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Entre 2011 et 2015, la plate-forme de l’Ouest a vu son trafic passagers bondir de 35% contre 31% à Bordeaux et 16% à Nice.

La dynamique nantaise est surtout à mettre au compte du low-cost qui a dopé réseau et trafic. Le trafic à bas coûts représente aujourd’hui 50% de la fréquentation de l’aéroport, avec cinq compagnies principales – Easyjet, Ryanair, Transavia, Volotea et Vueling – qui se positionnent sur ce segment low-cost. Leur présence a fait bondir le nombre de destinations desservies sur l’Europe. De 2011 à 2016, Nantes a vu ainsi son réseau sur le continent passer de 25 à 40 destinations. La présence de cinq opérateurs à bas coûts et d’une dizaine d’opérateurs réguliers a stimulé la compétition. Vinci indique que 30% des destinations Europe sont desservies par au moins deux compagnies et 60% des destinations France par deux opérateurs.

Après British Airways et Lufthansa ces dernières années, Brussels Airlines a été la grande compagnie régulière qui a lancé des vols au départ sur Nantes en 2016. Au total, 2016 se sera traduit par le lancement de douze nouvelles lignes régulières vers 10 destinations. Volotea a créé une base à Nantes dès 2012 et a étoffé son réseau de 17 destinations la première année, pour atteindre aujourd’hui 25 destinations. La compagnie prévoit de lancer des lignes sur Cagliari et Vienne pour la saison été 2017.

Lignes ouvertes à Nantes Atlantique en 2016 :

  • Alicante (Espagne) avec Volotea et Vueling
  • Birmingham (Royaume-Uni – Angleterre) avec flybe
  • Bristol (Royaume-Uni – Angleterre) avec easyJet
  • Bruxelles (Belgique) avec Brussels Airlines
  • Corfou (Grèce – îles Ioniennes) avec Volotea
  • Cork (Irlande) avec Cityjet
  • Dubrovnik (Croatie) avec Volotea
  • Faro (Portugal) avec Transavia et Volotea
  • Kalamata (Grèce – Péloponnèse) avec Aegean
  • Lisbonne (Portugal) avec easyJet

 

Easyjet est le troisième plus gros opérateur en nombre de lignes avec 12 destinations proposées cet hiver vers la France, la Grande- Bretagne, l’Italie, le Portugal et la Suisse. Londres Luton sera notamment ouvert en février prochain. Vueling suit avec neuf destinations toutes sur l’Espagne à l’exception d’un vol sur Rome ; Ryanair est présent sur trois lignes, dont Nantes-Marseille.

Le groupe Air France est en fait très présent sur la plate-forme nantaise à travers ses filiales Transavia et HOP !. Transavia représente le second plus grand réseau sur l’aéroport avec 14 lignes aériennes en été et douze en hiver. Elle joue aussi la carte du voyage d’affaires à travers les lignes offertes par sa filiale HOP !.

Depuis cet hiver, HOP ! a mis en service des CRJ Bombardier 1000 notamment sur Marseille et Nice, des aéroports desservis par trois vols quotidiens chacun. Elle a aussi décidé d’augmenter ses fréquences sur Düsseldorf et Milan Malpensa. Sur Düsseldorf, HOP ! propose huit fréquences hebdomadaires au lieu de cinq cet été, et sur Milan six vols sont assurés chaque semaine au lieu de cinq.

ET NOTRE-DAME-DES-LANDES ?

La croissance du trafic devrait donc s’accélérer encore dans les années qui viennent. Un argument qu’avancent les partisans du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La DGAC prétend que le futur aéroport de Nantes est nécessaire en raison du bruit des aéronefs au-dessus de la ville. Pour respecter le critère de bruit toléré, il faudrait plafonner le nombre de mouvements à 56 000 par an, chiffre qui pourrait être atteint en 2023 et que les anti-aéroports ne trouvent pas crédible. Eux parlent d’un seuil de saturation à 2050.

Quant à la capacité de l’actuel aéroport à pouvoir accueillir le trafic futur, la polémique oscille entre une saturation totale des installations dès 2020 pour les « pro-NDDL » tandis que les anti-NDDL parlent d’une extension de l’aérogare potentielle à six et ensuite à neuf millions de passagers. Enfin, le nombre de mouvements sur la piste unique de 2900 mètres parle plutôt en faveur des opposants au projet Notre-Dame-des-Landes. Le nombre de mouvements actuel tourne autour de 50 000 par an sur cette piste unique. A Genève-Cointrin – aéroport qui bénéficie de la même emprise territoriale au sol de 340 hectares que Nantes Atlantique, le nombre de mouvements d’avions est de 190 000 mouvements l’an pour un trafic passagers de 15 millions. Nantes Atlantique semble donc avoir un bel avenir à l’abri des polémiques…