Restrictions en vue pour l’entrée en Allemagne et au Royaume-Uni

Face à la forte circulation du virus en France, l'Allemagne et le Royaume-Uni devraient serrer la vis et mettre en place de nouvelles restrictions pour l'entrée sur leur territoire.
restrictions-allemagne-uk
Aéroport de Munich. (c) Munich airport.

Aussi bien Boris Johnson qu’Angela Merkel ont évoqué publiquement la possibilité de renforcer les restrictions de circulation entre la France et leur pays, le chef du gouvernement britannique devant une commission parlementaire mercredi dernier et la Première ministre allemande jeudi, à l’occasion d’une conférence de presse en marge d’un sommet de l’Union européenne.

De ce fait, l’Allemagne envisage de classer l’ensemble de la France comme zone non plus seulement « à risque », mais « à haut risque », statut que seul le département frontalier de la Moselle avait jusqu’ici. « Lorsqu’on observe les taux d’incidence, c’est tout simplement une nécessité (…), un processus pratiquement automatique », a déclaré la chancelière allemande, citée par le quotidien Le Monde. En effet, selon les critères établis outre-Rhin par l’Institut Robert Koch, le passage en zone à haut risque est quasi automatique dès que le taux d’incidence sur sept jours dépasse « durablement » les 200 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung cité par le quotidien Die Zeit, « l’Institut Robert Koch pourrait procéder à une telle classification vendredi ».

Avec quelles conséquences pour les voyageurs ? Ce niveau plus élevé implique plusieurs mesures allant de l’obligation de présenter un test négatif datant de moins de 48 h pour entrer en Allemagne à la mise en quarantaine en passant par des contrôles aux frontières stricts comme c’est actuellement le cas avec la Pologne, la République tchèque et le Tyrol autrichien. Des exceptions peuvent s’appliquent dans certains cas, notamment pour les navetteurs ou le trafic de marchandises.

En France, les travailleurs frontaliers mosellans sont soumis à un système relativement souple, organisé autour de contrôles aléatoires et de tests antigéniques. Selon Le Monde, « Mme Merkel a laissé entendre que la France pourrait bénéficier de ce traitement de faveur, et éviter des contrôles aux frontières stricts, si son territoire est bien classé en zone à risque dans son intégralité. »

Interrogé ce vendredi par la radio France Info, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a expliqué que l’explosion de la pandémie en Allemagne allant plus vite que ce que le gouvernement allemand ne pensait, « ils vont renforcer les tests sanitaires à l’entrée du territoire allemand en raison de l’expansion de la pandémie en ce moment en France. » A cet égard, le ministre a donné plus de précisions : « Cela veut dire des contrôles aléatoires sanitaires plus renforcés que ceux qui existaient jusqu’à présent« , la quarantaine n’étant « pas obligatoire, mais conseillée. » Enfin, en ce qui concerne les travailleurs frontaliers, Jean-Yves Le Drian a souligné que « cela va poser des problèmes, mais nous avons une cellule de travail en commun avec les régions concernées pour essayer d’adapter le mieux possible et de faire en sorte que les salariés soient le moins pénalisés possible. »

Protéger sa population de la propagation du virus sans limiter les échanges : cette même problématique est aussi présente au Royaume-Uni. Alors que l’opposition travailliste invite Boris Johnson à placer la France sur la liste rouge – rendant interdits à tous les voyages en provenance de ce pays, sauf ressortissants et résidents britanniques par ailleurs soumis à une quarantaine à l’hôtel à leur entrée au Royaume-Uni -, le Premier Ministre britannique a exposé la situation devant des parlementaires : « En ce qui concerne l’inscription de la France sur la liste rouge et les conséquences que cela aurait sur l’approvisionnement du Royaume-Uni et sur les mouvements transmanche, n’oubliez pas que 75 % de nos médicaments et 50 % de notre nourriture passent… (par la Manche – NDLR). Donc il y a des conséquences, mais c’est quelque chose que nous devrons examiner. » Avant d’ajouter : « Nous prendrons une décision, aussi difficile soit-elle, pour interrompre ces flux si nous pensons que cela est nécessaire pour la santé publique et pour empêcher l’arrivée de nouvelles variantes, et il se peut que nous devions le faire très bientôt. »

Selon The Guardian, « La composition de la liste rouge – qui comprend la plupart des pays d’Amérique du Sud et d’Afrique australe – est revue régulièrement, mais les sources de Downing Street ont minimisé les chances que la France soit ajoutée de façon imminente. Une autre source a laissé entendre qu’une décision concernant la France pourrait être prise la semaine prochaine. » Quant au fret, le quotidien explique que « Deux sources ont déclaré que le gouvernement examinait la possibilité d’utiliser des tests Covid à délai d’exécution rapide pour contrôler les chauffeurs routiers entrant dans le pays. «