Salons : -75 % d’espaces vendus en Asie en 2020 selon l’UFI

L'industrie des salons subit une chute importante en Asie-Pacifique, avec une baisse des espaces vendus de 65% en Chine et de 90 % à Hong Kong et Singapour.

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Hong Kong Convention and Exhibition Centre.

D’une croissance annuelle proche des 5 % ces dernières années, l’industrie des salons en Asie va subir une chute de 75 % en 2020. Selon une étude conduite par Business Strategies Group (BSG) pour le compte de l’UFI, l’Association mondiale de l’industrie des salons, la surface nette vendue devrait passer de 24,5 millions de m2 en 2019 à 6,8 millions de m2 en 2020. Voire peut-être moins encore si la Chine, le plus gros marché du continent, est touché par une nouvelle vague de la pandémie d’ici la fin de l’année.

L’effet Covid-19 est sensible sur les 17 marchés étudiés par BSG avec, entre autres, -65 % d’espaces vendus en Chine, – 75 % au Japon et même -90 % à Hong Kong et à Singapour, en raison de la dimension plus internationale des événements organisés dans ces destinations. Kai Hattendorf, directeur général de l’UFI, a déclaré : « Notre industrie traverse actuellement la crise la plus difficile de son histoire. Une reprise complète n’est pas attendue avant 2022 ou 2023. »

En 2021, le repli devrait être déjà moins sévère pour la région Asie-Pacifique. Les prévisions de la BSG table sur des niveaux compris entre 50 % et 60 % de ce qu’ils étaient en 2019. La Chine devrait atteindre en 2021 entre 70 % et 75 % de l’espace net vendu en 2019 et le Japon entre 40 % et 50 %, de nombreux sites étant réservés pour les JO de Tokyo reportés à l’année prochaine.

« Les prévisions pour 2021 sont particulièrement difficiles en raison de la longue liste d’inconnues potentielles, note cependant Mark Cochrane, directeur régional de l’UFI pour l’Asie/Pacifique et directeur général de BSG. Notamment les vagues possibles de nouvelles infections sur n’importe quel marché, le moment et la sévérité des restrictions gouvernementales, les restrictions de voyage et un certain nombre d’autres facteurs. »

Au plan mondial, l’UFI évaluait en juillet dernier à 60  % la contraction du secteur des expositions sur l’année 2020. Selon le Baromètre mondial des expositions de l’association, les revenus du secteur devraient baisser de – 44% par rapport à 2019 en Europe et en Amérique du Nord, de -39% en Asie-Pacifique, de -33% en Amérique centrale et du Sud et de -31% au Moyen-Orient et en Afrique. En parallèle, alors que les foires commerciales permettent aux entreprises de développer leurs activités, l’UFI estime à 260 milliards d’euros le montant des contrats non signés par ce manque d’expositions.

Selon l’étude semestrielle dévoilée en juillet par l’association, la majorité des entreprises interrogées s’attendait à ce que les expositions locales et nationales repartent au cours du second semestre 2020, avant les salons de portée internationale en 2021. « Si le secteur reste confiant dans sa capacité à rebondir, tout le monde est conscient que cette crise va entraîner des changements majeurs dans la façon dont les expositions sont produites, en particulier avec une poussée vers plus d’éléments numériques avant, pendant et entre les événements« , déclare Kai Hattendorf. Alors que la valeur des rencontres entre professionnels est toujours essentielle, la place du digital devrait aller croissant dans les années à venir, même si les avis divergent sur ce point. A la question « Les événements virtuels remplaceront-ils les événements physiques ? », 80 % des entreprises européennes n’étaient pas d’accord, mais seulement 50 % en Amérique du Nord.