
Alors que Jean-Pierre Farandou, son président depuis six ans, est parti au ministère du Travail laissant la place depuis novembre à Jean Castex, le groupe SNCF a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires stable à 43 Md€ (-0,3%/2024) et dégagé surtout un résultat net de 1,8 milliard d’euros. C’est ainsi la cinquième année de suite que le groupe roule dans le vert. Dans le détail, la baisse d’activité enregistrée par la partie logistique (Geodis, Keolis et Rail Logistique Europe) a été compensée par la progression de 5% du chiffre d’affaires de SNCF Réseau, de 3% de Gares & Connexions et d’autant pour SNCF Voyageurs.
Cette dernière branche, qui affiche un CA de 21 Md€, a été portée par les excellents résultats de l’activité TGV, marquée par le cap des 10 Md€ de chiffre d’affaires (+4,5%/2024) et un record de 168,4 millions de passagers transportés (+3,5%). La fréquentation a notamment été très bonne durant l’été 2025, suivie par une reprise soutenue à l’automne. Les trafics ont également progressé pour les TER en régions (+2,8%) et pour Transilien sur l’Ile-de-France (+4%) qui dépasse enfin les chiffres de 2019, avant le Covid. Avec 12 millions de voyageurs, la fréquentation a en revanche baissé de 1% pour les Intercités en raison d’importants travaux sur la lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse.
La SNCF est également très satisfaite de la régularité de cette offre voyageurs qui s’est élevée l’an passé à 86,6% pour les TGV, 91,4% pour les TER et 90,5% pour les Transilien. « Ces hausses de fréquentation confortent la stratégie client de SNCF Voyageurs dans un contexte de consommation atone », estime le groupe. « Nous refusons des clients sur nos TGV à certaines périodes », a regretté Jean Castex lors de la présentation de ces résultats. Confrontée à un manque de trains en raison des retards de livraison du TGV M par Alstom, la SNCF a décidé d’augmenter la capacité de ses TGV lors de leur rénovation à mi-vie mais aussi de prolonger de 2 à 15 ans l’exploitation d’une centaine de rames.
De bons résultats à l’international
L’international, où la SNCF a de fortes ambitions, a également contribué positivement aux résultats grâce à une hausse de trafic de 1,8% pour Eurostar et une profitabilité enfin atteinte pour Ouigo España. Désormais solidement installée dans le paysage ferroviaire espagnol, la marque low cost de la SNCF a transporté 44,3% de voyageurs en plus en 2025 grâce à l’ouverture de dessertes vers le Sud de la péninsule. La SNCF a également profité de la réouverture au printemps de la ligne TGV à destination de Milan, la marque Ouigo devant par ailleurs faire son apparition en Italie en 2027.
La SNCF maintient ses positions malgré l’ouverture à la concurrence
Concernant les Délégations de Service Public (DSP) ferroviaires en France, la SNCF se félicite d’avoir remporté 4 appels d’offres sur 5 en 2025. « Cela porte à 8 sur 12 le nombre total de contrats remportés par SNCF Voyageurs », assure le groupe ferroviaire. Il a ainsi été sélectionné par la Région Hauts-de-France pour « l’Etoile d’Amiens », par la Région Bourgogne-Franche-Comté pour les lignes « Bourgogne Ouest Nivernais » à partir de fin 2026 et par la Région Sud pour l’exploitation des lignes Est Provence et Alpes à compter de fin 2029. Concernant les lignes des Trains d’ Équilibre du Territoire (TET), SNCF Voyageurs a également remporté l’exploitation des dessertes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon.
Ces bons résultats ont permis à la SNCF de réaliser des investissements de 11 milliards d’euros dont 3,2 Md€ destinés à l’entretien et la modernisation du réseau ferroviaire hexagonal de 28 000 kilomètres. Le groupe ferroviaire entend dégager des moyens supplémentaires pour cette rénovation et atteindre un montant annuel record de 4,5 Md€ à partir de 2028. Des investissements nécessaires qui justifieraient les prix actuels, élevés, des billets SNCF.






















