Bien sûr le croque-monsieur est toujours bien présent sur la carte. Mais les puristes crieront sans doute au sacrilège car il a été revisité par la jeune cheffe Alexia Duchêne qui signe les recettes des plats commercialisés depuis le 14 octobre à bord des TGV Inoui de la SNCF. Sa consœur pâtissière Nina Métayer assurant la partie sucrée avec un choix de desserts gourmands. L’animatrice TV et critique gastronomique Julie Andrieu supervise, elle, l’offre de restauration des trains Intercités avec une cuisine plus roborative mettant à l’honneur les territoires traversés.
Des produits issus de l’agriculture raisonnée ou d’une exploitation Haute Valeur Environnementale
Afin de coller à l’air du temps pour une cuisine de saison, sourcée et de qualité, le groupe de restauration Newrest qui gère cette activité pour le compte de la SNCF a en outre fait appel à des producteurs hexagonaux (pour 94% des produits) faisant la part belle aux produits bio, jusqu’à représenter 44% de la carte. Un plat végétarien et sans gluten cuisiné dans la Drome par La Fabric sans gluten, une entreprise sociale et solidaire, figure aussi au menu. « La SNCF a choisi de donner une belle visibilité à des PME et TPE qui assureront la fabrication de 42% des produits proposés aux clients« , souligne Alain Krakovitch, le directeur de Voyages SNCF. Les yaourts sont ainsi élaborés à Machecoul en Vendée par la fromagerie Beillevaire, le jus d’orange bio en Normandie par les citronnades artisanales Mimouna, les compotes par le confiturier Lucien Georgelin, les sablés et cookies par Les Deux gourmands, une petite biscuiterie des Yvelines créée récemment par deux jeunes entrepreneurs, fils d’agriculteurs. Les volumes nécessaires pour alimenter l’ensemble du parc TGV, soit plus de 50 000 cookies à fournir mensuellement, 25 000 yaourts ou 10 000 citronnades représentent un soutien important pour ces entreprises agroalimentaires locales qui devront garder le rythme tout en maintenant la qualité.
La bouteille d’eau devient écologique
L’aspect écologique ne concerne toutefois pas que le sourcing des produits puisque la SNCF s’engage aussi dans la réduction de l’utilisation du plastique. Exit donc les 2 millions de bouteilles pastiques vendues chaque année à bord, remplacées désormais par L’eau Neuve, une eau ariégeoise emballée dans un contenant en carton ou aluminium 100% éco-responsable puisque recyclé et recyclable. Un tri sélectif sera de fait progressivement mis en place dans chaque rame pour revaloriser l’ensemble de ces déchets. Et le gaspillage alimentaire sera réduit au maximum via un nouveau schéma logistique de livraison des produits frais.
Des bornes tactiles pour faciliter la vente
Afin de réduire l’attente au bar – source d’exaspération de nombreux clients – des bornes digitales seront installées dans les rames d’ici 2023 afin de passer sa commande et de régler cette dernière avant d’aller récupérer ses achats auprès du barista via une ligne rapide. Des machines à café en libre-service seront aussi progressivement déployées pour les voyageurs pressés. Ce service est proposé de longue date sur l’axe Paris-Lille où la faible durée du trajet justifie l’absence d’une voiture bar. Enfin, une formule Express à petit prix est introduite comprenant une eau et un sandwich pour 7€. « Soit le même prix qu’en gare« , souligne Alain Krakovitch, la SNCF ayant régulièrement été critiquée sur le prix de ses plats au bar pour une qualité gustative laissant parfois à désirer. Un jugement considéré comme sévère, que le transporteur espère définitivement derrière lui en jouant la carte de ces jeunes cheffes et le choix de producteurs régionaux pour donner du goût et de la consistance à son offre de restauration.